YSL, Cocteau, Molinier: dessins é*otiques inédits
YSL, Cocteau, Molinier: dessins é*otiques inédits

Dialogue artistique entre les dessins de YSL et les photographies de Marc Martin. Le photographe a choisi de faire dialoguer son travail photographique avec ces œuvres dissidentes pour interroger notre époque : “Que peut-on afficher ? Que doit-on maintenir caché ?”

Pour la première fois à Paris, des dessins érotiques inédits d’Yves Saint Laurent seront exposés au public dans le cadre de l’exposition « Mauvaises Vies ? » du photographe Marc Martin à la Galerie Obsession. Ces dessins rares ainsi que ceux de Jean Cocteau et des œuvres de Pierre Molinier issus de la Collection Pierre Passebon, créent des ponts générationnels entre créateurs qui ont osé représenter le désir et les corps en marge des conventions. Marc Martin a choisi de faire dialoguer son travail photographique récent et ancien avec ces œuvres dissidentes pour interroger notre époque par ailleurs gorgée d’obscénité : Que peut-on afficher ? Que doit-on maintenir caché ?

Ces dessins érotiques d’YSL, de Cocteau, de Molinier sont restés longtemps dans l’ombre », explique Marc Martin. « Ils révèlent une part cachée de ces créateurs, leur apport intime au désir, au corps, au fantasme. Je voulais les sortir du placard, les faire se cogner au réel, leur redonner leur dimension subversive ».

L’exposition réunit photographies de Marc Martin, archives du Centre d’Archives LGBTQI+ Paris Île-de-France (dont des fanzines des années 1970 et l’enseigne de l’ancien bar La Petite Vertu), et une scénographie spectaculaire transformant la galerie en boudoir (avec les meubles originaux de la chambre d’Hélène Martini décorée par Erté) et en vespasienne parisienne reconstituée.

Face au recul des droits humains et au retour de la pudibonderie, Marc Martin fait le choix de la visibilité radicale. En révélant des tranches de vies sorties des clous, l’artiste entend réconcilier la scène queer et la scène cuir, remettre en lumière la dimension activiste de la représentation des personnes fétichistes, replacer le corps au cœur des luttes.

Inaugurée ce printemps à LaVallée-Bruxelles, l’exposition à Paris s’attarde sur des visages et des vécus, du désir et des fantasmes. Textes personnels à l’appui, Marc Martin y déploie une esthétique du fétichisme et du romantisme, rendant hommage aux métiers déclassés – des travailleurs manuels aux travailleurs et travailleuses du sexe.

« Pour moi, le sexe n’est pas un gros mot», affirme Marc Martin. « Porteur de plaisir, il ne devrait pas être occulté au profit de la cause identitaire. Il devrait être le symbole d’une émancipation radicale. Les fétichistes sont de nature romanesque. Certain.e.s sont de grand.e.s romantiques. Les tabous liés à leurs pratiques sexuelles les rendent attachant.e.s ».

L’exposition bénéficie du prêt exceptionnel d’œuvres de la Collection Pierre Passebon et des archives du Centre d’Archives LGBTQI+ Paris Île-de-France, faisant de “Mauvaises Vies ?” un événement artistique et patrimonial majeur.

Galerie Obsession
Exposition temporaire du 6 novembre 2025 au 10 janvier 2026
5, passage Charles Dallery, 75011 Paris
Du mardi au samedi de 14h à 19h