le Tintoret de David Bowie s’expose à la Maison Rubens

Jacopo Tintoretto (1518-1594), de Heilige Catharina (1560-1570), particuliere verzameling, vanaf 26 juni 2017 in langdurig bruikleen in het Rubenshuis Antwerpen, foto KIK-IRPA

La Maison Rubens présente La Sainte Catherine du peintre Vénitien Jacopo Tintoretto (1518-1594) ayant appartenu pendant plus de 30 ans à l’icône de la musique pop David Bowie. 

A la suite du décès du chanteur David Bowie en 2016, son exceptionnelle collection d’art fut mise en vente le 10 novembre de la même année par la maison de ventes aux enchères londonienne Sotheby’s. Au sein de cette somptueuse collection d’œuvres d’art moderne et contemporaine où se côtoyaient entre autres Frank Auerbach, Jean-Michel Basquiat ou bien encore Damien Hirst, une surprise de taille devait être découverte : une toile du maître ancien Jacopo Le Tintoret (1518-1594) que l’icône de la musique pop, fervent admirateur du Tintoret, possédait depuis plus de trente ans, le monumental retable de Sainte Catherine, datant des années 1560.

Quelques minutes après son achat par un collectionneur privé, la presse internationale annonçait que le nouveau propriétaire de l’œuvre avait pris la décision de confier le tableau en prêt de longue durée à la Maison Rubens, « un musée que Bowie adorait », Peter Paul Rubens, qui était par ailleurs, grand admirateur du peintre et possédait sept de ses œuvres dans sa collection personnelle.

La toile, venant de faire l’objet d’un examen technique à l’Institut Royal du Patrimoine artistique, a démontré, par radiographie et réflectographie infra-rouge, qu’elle cachait en sous couche le dessin d’origine dont Le Tintoret s’était quelque peu éloigné, poursuivant le feu de son inspiration. Cette étude a également montré que l’œuvre tout entière était de la main de l’artiste vénitien.

Au vu de cette incroyable histoire et, très impressionné, Ben Weyts, le Ministre flamand du Tourisme, a décidé de renvoyer temporairement l’œuvre à Venise afin qu’elle soit exposée durant la Biennale 2019, particulièrement enthousiaste à propos du retour du retable du Tintoret, il déclarait récemment : “Ce projet n’est pas uniquement une belle occasion de montrer l’œuvre du Tintoret aux Vénitiens pendant la Biennale. C’est aussi une chance unique de faire connaître nos Maîtres flamands à l’endroit même où ils s’inspiraient des peintres italiens et du patrimoine antique. J’espère de tout cœur que le projet éveillera l’attention du public sur l’incroyable qualité artistique de notre patrimoine et inspirera un public international à venir l’admirer en Flandre”.

Le tableau sera donc en 2019 la pièce maîtresse d’une exposition sur l’église San Geminiano et les œuvres d’art qu’elle abritait. L’exposition sera complétée de vues d’Antonio Canaletto et de Francesco Guardi sur lesquelles figure l’église sur la place Saint-Marc. L’exposition inclura aussi des toiles de maîtres flamands comme Rubens, Van Dyck et Maerten provenant de nos propres musées. Le retable de Sainte Catherine  retrouvera ainsi sa ville d’origine, Le Tintoret l’ayant peinte aux alentours des années 1560–1570 pour l’église San Geminiano de la place Saint-Marc, petite mais prestigieuse église de l’architecte Jacopo Sansovino déjà renommée à la Renaissance pour son exceptionnel intérieur et ses œuvres de Giovanni Bellini, Paolo Véronèse et Le Tintoret et que Rubens eut certainement l’occasion d’admirer et d’y puiser inspiration.

Il demeura dans cette église jusqu’à sa démolition en 1807 sous Napoléon puis, après un bref passage à la Galleria dell’ Accademia, le tableau passa dans les mains de collectionneurs particuliers dont David Bowie qui l’avait acheté il y a 30 ans au marchand d’art londonien Colnaghi.

La Fondation Colnaghi, fondation indépendante qui promeut les œuvres de maîtres anciens auprès d’un large public, publie en octobre en collaboration avec la Maison Rubens un ouvrage scientifique sur Le Tintoret, Rubens et Bowie auquel des spécialistes du monde entier ont apporté leur contribution.

Bowie était tellement fasciné par le peintre vénitien qu’il donna son nom à son label ; le musicien aimait à dire : “Le don que vous fait un grand tableau : il est là pour être admiré, pour vous élever l’âme, vous communiquer l’espoir et la beauté, sans rien demander en échange.”  A la question “si vous pouviez inventer une drogue, quel serait son effet?”, Bowie avait répondu : “Une injection d’affection. De préférence de ma petite fille de trois ans, à cet âge, si bref, où un enfant vous embrasse avec toute sa force et conviction, un moment d’amour pur qui ne demande rien en échange. Le genre de don que vous fait un grand tableau : il est là pour être admiré, pour vous élever l’âme, vous communiquer l’espoir et la beauté, sans rien demander en échange ». L’amour de leur famille et la passion pour l’art, deux qualités et deux points communs qui unirent Rubens et Bowie, deux artistes aux multiples talents.

La Maison Rubens présente le Tintoret de David Bowie : https://pers.rubenshuis.be/

Photo : Jacopo Tintoretto (1518-1594), de Heilige Catharina (1560-1570), particuliere verzameling, vanaf 26 juni 2017 in langdurig bruikleen in het Rubenshuis Antwerpen, foto KIK-IRPA

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