J.P. Racca-Vammerisse : Soirs de bataille, nuits de captivité

Racca-Vammerisse

Si J.P. Racca-Vammerisse  vit et travaille aujourd’hui à Paris, c’est au Pavillon Bosio de monaco (École Supérieure d’arts Plastiques) qu’il a été formé et diplômé en 2012 sous le regard bienveillant de Daphné corregan. Cette exposition « Soirs de bataille, nuits de captivité » est l’occasion de découvrir des œuvres dont une partie a été réalisée en Isère, lors de sa résidence d’artiste à moly Sabata – Fondation albert Gleizes, à Sablons. J.P. Racca-Vammerisse a fait un choix de pièces qui évoquent, pour certaines, l’actualité troublée et tragique mais aussi le combat permanent que représentent pour lui la création artistique, les désordres intérieurs qui en résultent et l’énergie vouée à cet engagement, à « ces nuits de clarté où le temps se délie jusqu’à ne plus vraiment avoir d’emprise ».

L’artiste qu’il est fait appel à l’imaginaire, cet irréel qui, selon max Weber, permet de comprendre le réel. Un réel qu’il sait transcender pour atteindre l’essence poétique des choses, le symbolique et par là nous permettre d’avoir accès à une vérité qu’il nous est parfois si difficile d’atteindre par nous-mêmes. Chacune de ses œuvres est une image tirée de ses rêveries et c’est par l’usage de ce vocabulaire qui n’appartient qu’à lui, par son organisation qui en fait une langue bien singulière, la poésie, qu’il nous « raconte », qu’il nous « dit » l’indicible.

Face à son labeur, J.P. Racca-Vammerisse aime à citer Emile michel cioran (1911-1995) : « Pendant l’insomnie, je me dis, en guise de consolation, que ces heures dont je prends conscience, je les arrache au néant, et que si je les dormais, elles ne m’auraient jamais appartenu, elles n’auraient jamais existé. »

Son imaginaire prend forme dans ses rêveries éveillées, dans ses insomnies nocturnes et saturniennes, dans ces volutes d’un vert absinthe, lascives et psychotropiques que l’on retrouve sur certaines de ses toiles. Il faut avoir vu son regard traverser puis survoler les lumières et les spectres de la ville, plonger dans les nuits aoûtiennes constellées d’étoiles pour comprendre. J.P. Racca-Vammerisse se situe là, à la frontière du réel et de l’imaginaire. Intercesseur qu’il est entre nos peurs, nos angoisses et cet espace absolu de liberté féconde, de lumière que peuvent être nos nuits, nos rêves si nous voulons bien rester éveillés. Jean Pierre Racca-Vammerisse est né à Nice en 1987 à Nice.  Il est aussi, le plus jeune artiste sélectionné cette année au concours organisé dans le cadre de la Biennale de Vallauris. Il est invité de manière exceptionnelle à exposer à Madoura.

Venir à Madoura

MADOURA est un acronyme composé des premières syllabes des mots : Maison, Douly et Ramié (Douly étant le nom de jeune fille de Suzanne Ramié). Elle a pris le nom de Madoura en 1938 lorsque Suzanne Ramié (1905-1974) y installe son atelier. Dans un premier temps, la jeune femme y produira des pièces inspirées des productions françaises traditionnelles. Des pièces qu’elle qualifiera de « folkloriques » et qui seront cuites dans un four à bois (la poterie en compte deux). C’est en Juillet 1946 que Pablo Picasso, en villégiature à Golfe-Juan, vient dans l’atelier pour la première fois. Séduit par les créations de Suzanne Ramié, il y réalise alors trois pièces : une tête de faune et deux taureaux. Il y revient, l’année suivante, avec de nombreux projets et dessins préparatoires. A partir de cette date et jusqu’en 1971, il crée près de 3500 œuvres uniques en céramique dont certaines seront produites à sa demande en édition par l’atelier.
A la suite de Pablo Picasso, de nombreux artistes viendront, eux aussi, travailler dans l’atelier Madoura. Parmi eux, certains y réaliseront une œuvre importante comme Victor Brauner, Marc Chagall ou encore Tsuguharu Foujita. Beaucoup d’autres, comme Henri Matisse, y réaliseront quelques pièces seulement. Tous, feront de Madoura le lieu exceptionnel que vous allez visiter. Magnifiquement préservée, la poterie Madoura est le cadre d’une présentation où vous pourrez découvrir les œuvres de Suzanne Ramié et de l’atelier Madoura ainsi que celles de ces artistes qui, à l’image de Picasso, ont participé à changer le regard que l’on porte aujourd’hui sur le médium céramique et sa relation à l’art moderne et contemporain.

Informations pratiques :

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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