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Instants volés de Manuel d’Olivares à la New heart CitY Gallery

All Persons…II, 2010 Acrylique et aérosol sur toile 100 x 100 cm

Manuel d’Olivares est né en 1963 à Angola en Espagne. Il vit et travaille entre Barcelone et Paris. Sa démarche artistique se fonde sur une approche narrative et autobiographique liée aux différents souvenirs qui composent une existence :

« Durant mon enfance, nous changions de domicile presque tous les ans. A chaque fois, nous laissions derrière nous des fragments de notre vie. Nous emportions avec nous, en plus de nos meubles, tous nos souvenirs. Avec les déménagements successifs, nos souvenirs s’estompaient pour laisser place à d’autres en créant à chaque fois de nouvelles histoires à raconter. Avec le temps, j’ai pris conscience que mon passé ressemblait à un immense collage, comme des fragments de temps qu’on aurait superposé. Ces « bouts isolés », sans connexion apparente, communiquent les uns avec les autres pour ne former qu’un tout.

J’imagine ma vie comme un immense panneau publicitaire sur lequel on aurait collé des images qui se superposent au fur et à mesure, les unes contre les autres. Chaque nouvelle affiche collée sur la précédente représenterait la fin d’une étape et le début d’une autre. Lorsque l’affiche se déchire et laisse apparaître un morceau de l’ancienne, ce sont alors des bouts de souvenirs qui viennent se mêler au présent. »

Ce travail de mémoire, l’artiste décide de l’exploiter à la façon d’une composition urbaine. Obsédé par l’expression d’une mémoire, il considère que les souvenirs se lisent également sur les murs de la ville.

L’artiste est donc parti à la recherche d’éléments visuels qui s’imposent à nos yeux et habillent les façades de l’espace urbain. Ainsi, les graffitis, les dessins ou encore les messages laissés par des passants anonymes, agissent comme des témoignages de moments vécus, des rêves, ou encore des désillusions. Au fil des années, la ville change de peau, elle évolue et se transforme en emportant avec elle ces réalités urbaines qui naissent puis meurent sur les murs. Telles des affiches sur un panneau publicitaire, les souvenirs s’accumulent et se superposent, en attendant d’être recouverts par d’autres.

Ses oeuvres, Manuel les réalise à la peinture acrylique. La finesse et la précision de son trait donnent l’impression qu’il s’agit de collages de différentes affiches ou dessins, dont certains recoins auraient été déchirés, comme abîmés par le temps. Ces images, Manuel les a d’abord récupérées de sa mémoire, avant d’en extraire l’émotion pour les agencer à sa manière. Cette superposition d’un présent et d’un passé transcrit une poésie nouvelle, celle de la nostalgie de la ville.

L’artiste travaille également les formes et l’espace, ses sculptures ressemblent à des affiches publicitaires arrachées de leur support et jetées par terre. Les mots et les dessins chiffonnés sont détachés de la mémoire et gisent à même le sol, indéfiniment.

Les oeuvres de Manuel apparaissent comme des registres d’instants, figés dans le temps et volés à l’oubli. Le spectateur devient le seul maître du souvenir s’il décide alors de les garder dans sa mémoire…

  • Exposition du 22 Juin au 8 Septembre 2012

New heart CitY Gallery
11 rue de Picardie 75003 Paris

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Rédigé par : admin

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