Claire Adelfang, Josef Nadj, lancement de la Saison Photo au musée des Beaux-Arts d’Orléans

Claire Adelfang, Josef Nadj au musée des Beaux-Arts d’Orléans

Lancement de la Saison Photo au musée des Beaux-Arts d’Orléans avec « Impossible façon », de Claire Adelfang et « Inhancutilitatem cyanotypes » du chorégraphe et plasticien Josef Nadj

Le musée des Beaux-Arts d’Orléans dans le cadre du lancement de la Saison Photo (18 novembre 2016 – 15 janvier 2017) vous propose en simultané deux expositions :

« Impossible façon », de Claire Adelfang, dont le commissariat a été confié à Matthieu Lelièvre, sera la première rétrospective consacrée à la photographe. Née en 1984 à Paris où elle réside et travaille, Claire Adelfang a reçu sa formation au sein de l’atelier de Patrick Tosani à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dont elle est diplômée. La jeune photographe s’intéresse à l’environnement naturel transformé par l’homme et les traces indirectes de sa présence, construisant un dialogue silencieux et contemplatif entre l’homme et son histoire. Claire Adelfang est représentée par la Galerie Thaddaeus Ropac.

En empruntant un fragment d’un poème de Gherasim Luca pour servir de titre à « Impossible façon » sa première exposition monographique muséale, Claire Adelfang souligne le caractère implacable et sans artifice de son regard photographique. Ce regard privilégie la plupart du temps des lieux abandonnés, témoins silencieux d’une époque révolue. Elle construit ses images de façon à rendre sensible ce qu’elle évoque volontiers avec l’expression « les strates de l’histoire ».

Ce mot de strate est d’autant mieux choisi qu’il évoque ces accumulations de sédiments – stratification – que l’archéologue dégage et analyse l’une après l’autre afin de comprendre un lieu et son histoire, le passage du temps et les traces souvent emprisonnées du vivant disparu. La beauté est secondaire et presqu’accidentelle. Le format carré de son fidèle Rolleiflex produit des images qui ne cèdent cependant à aucun artifice de symétrie, de couleur ou de dissimulation. Cette beauté émerge indirectement à mesure que le spectateur prend conscience de la profondeur de ces images, et cette beauté ressentie est d’autant plus puissante qu’elle n’est pas que rétinienne. Elle resurgit, augmentée de la richesse historique révélée par l’artiste, sensible aux fragments insignifiants qui rappellent que la mémoire est un concept destiné aux vivants.

Les Vinaigreries Dessaux : une série inédite

A l’occasion de son exposition et en hommage à la ville d’Orléans, Claire Adelfang a été à la rencontre du patrimoine orléanais et a développé une nouvelle série consacrée à un lieu emblématique bientôt destiné à reprendre vie, Les Vinaigreries Dessaux. Cette série inédite composée de sept photographies rejoindra dans le parcours de l’exposition d’autres lieux fascinants qu’elle a parcourus ces dernières années, dont le Hameau de la Reine du Château de Versailles, des bases sous-marines de la Côte Atlantique ou encore le Palais Garnier à Paris. A partir d’une demeure historique, d’une ruine militaire ou encore d’un vestige industriel, Claire Adelfang stimule les fascinants mécanismes de la mémoire et cette dernière série des Vinaigreries ne manquera pas de séduire et de surprendre le public, tout en proposant, dans les salles du musée des BeauxArts d’Orléans, une mise en perspective presque philosophique des enjeux de la préservation du patrimoine.
Claire

Claire Adelfang - La Petite Ecurie - Intérieur IV

Claire Adelfang La Petite Ecurie - Intérieur IV. 2015, Photographie couleur argentique 120 x 120 cm © Galerie Thaddaeus Ropac, Paris / Salzbourg
Photographie couleur argentique 120 x 120 cm © Galerie Thaddaeus Ropac, Paris / Salzbourg

Josef Nadj Cyanotype série « Inhanculititatem »

Josef Nadj Cyanotype série « Inhanculititatem » © Josef Nadj

Inhancutilitatem cyanotypes de Josef Nadj

« Inhancutilitatem cyanotypes » qui rassemble soixante cyanotypes du chorégraphe et plasticien Josef Nadj, en partenariat avec le Centre Chorégraphique National d’Orléans. Appréhender la danse, avant tout, comme un lieu de rencontre : c’est ainsi que Josef Nadj définit son travail. Au-delà de son activité de chorégraphe et de directeur du Centre chorégraphique national d’Orléans, l’homme est en effet un artiste sans frontières ni barrières. Danseur mais aussi plasticien et photographe, il pose un regard poétique et passionné sur l’humanité. Toujours à la recherche de nouvelles formes. Sans cesse dans la volonté d’explorer l’homme au plus près de sa vérité.

C’est en s’intéressant aux travaux précurseurs de la photographie de sir John Herschel et de William Henry Fox Talbot que la botaniste anglaise Anna Atkins utilise, pour la première fois, la technique primitive du cyanotype qui lui permet alors de documenter les feuilles et les fleurs des plantes qu’elle étudie. Nous ne sommes pas encore au milieu du XIXe siècle. Ces photogrammes sont obtenus sans système optique, en exposant sans intermédiaire l’objet à la lumière. Il suffit d’apposer simplement les spécimens végétaux entre le papier sensible et la source lumineuse, grâce à un processus d’impression qui a la particularité de donner des tirages monochromes d’un bleu sombre, d’une intense richesse visuelle.

L’été dernier, en étudiant “la préhistoire” de la photographie, Josef Nadj découvre ces empreintes végétales aux nuances bleutées et décide de reprendre l’histoire là où elle s’était arrêtée. Soit, à quelques exceptions près (Man Ray, Moholy-Nagy…), avec Atkins elle-même. Chaque nuit il se lève, bien avant le lever du jour, et part visiter les jardins publics, arpenter les rives de la Loire, les chemins de halage, pour se mettre en quête des espèces végétales qui l’interpellent sur son passage. Ce retour aux sources de la photographie s’accompagne d’un fertile retour à la nature, d’une joyeuse célébration panthéiste, d’une expérience cardinale toujours à approfondir. Un jeu avec les états de la matière qui, en combinant les fibres, les lignes et les motifs, figure de nouvelles formes de vie. Dans ce bleu profond, quasi-mystique, qui dessine des ciels nouveaux entre bleu cyan et bleu de Prusse, Giotto et Yves Klein, c’est aussi à un rituel de passage entre deux mondes que l’on assiste, vient s’y déployer un lieu intériorisé, ni vraiment ici, ni tout à fait ailleurs, qui accompagne le mouvement de l’existence et dessine, chemin faisant, pour le chasseur-cueilleur comme pour le spectateur, un entêtant objet de méditation. Voir aussi : Un parcours autour de l’oeuvre plastique et photographique de Josef Nadj

Autour de l’exposition :

Performances de Josef Nadj – Vendredi 18 novembre, 17h, 18h, 19h et dimanche 20 novembre 15h, 16h, 17h, dans les salles du XXe siècle
Conférence – Jeudi 8 décembre à 18h : la création artistique par Arthur Nauzyciel et Josef Nadj (avec l’association Guillaume Budé)

Josef Nadj prépare pour 2018/19 un projet photographique et performatif qui prend pour sujet la photographie comme art et comme procédé, mais aussi comme expérience humaine. Il propose de partager ici une première étape de ses recherches sous la forme d’une performance. En utilisant en direct des techniques photographiques, il s’agit pour lui de rapprocher l’art de la photo et l’art de la scène, de les conjuguer, les nouer ensemble.

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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