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Comme des garçons de Julien Hallard

Julien Hallard : Comme des Garçons

Julien Hallard : “J’ai eu un coup de foudre pour cette histoire : en 1968, Pierre Geoffroy, un journaliste sportif de l’Union de Reims, a passé une petite annonce pour organiser un match de football féminin.”

 Comme des garçons est le premier long métrage de Julien Hallard, cinéaste remarqué notamment avec ses courts People Are Strange, Cheveu et Vinylou encore Meeting Vincent Gallo.  Ecrit par Julien Hallard et Jean-Christophe Bouzy, le scénario démarre à  Reims, en 1969. Paul Coutard, séducteur invétéré et journaliste sportif au quotidien Le Champenois, décide d’organiser un match de football féminin pour défier son directeur lors de la kermesse annuelle du journal. Sa meilleure ennemie, Emmanuelle Bruno, secrétaire de direction, se retrouve obligée de l’assister. Sans le savoir, ils vont se lancer ensemble dans la création de la première équipe féminine de football de France. Avec leur équipe de “Dégommeuses”, Coutard et Emmanuelle vont bouleverser l’univers du football français. le film sortira le 25 avril.

Comment avez vous eu vent de l’histoire des “Filles de Reims” ?

Julien Hallard : Par hasard, en écoutant une émission de radio où elles racontaient leur aventure. J’ai eu un coup de foudre pour cette histoire : en 1968, Pierre Geoffroy, un journaliste sportif de l’Union de Reims, a passé une petite annonce pour organiser un match de football féminin. Contre toute attente, l’équipe montée à cette occasion et lui-même allaient devenir les pionniers du renouveau du football féminin hexagonal. Il faut savoir qu’à cette époque, les filles ne jouaient pas au football. Ce n’était même pas interdit, ça ne se faisait pas, c’est tout. La Fédération Française de Football ne délivrait pas de licences féminines. Les filles de Reims ont donc mené le combat contre les préjugés avec détermination, talent, et pas mal d’humour. Quand j’ai commencé à écrire à leur sujet, on était en 2012. Non seulement, le football féminin commençait sa percée médiatique mais on assistait à un renouveau des questions autour du féminisme. Bref, il y avait un écho moderne dans cette histoire, un air du temps qui renvoyait à cette période de mutations de la fin des années soixante.

Vanessa Guide : DANS LA PEAU D’EMMANUELLE BRUNO ?

Julien Hallard : Vanessa représente la « girl next door » typique des comédies américaines. Comme Max, elle a une vraie personnalité. Elle est belle et accessible, elle est capable d’être sage comme de se montrer excentrique. Ça lui permet de passer d’un registre dramatique à un autre, plus loufoque ou maladroit. Même dans le rire, elle a quelque chose d’instinctif et de très personnel. Ce charisme est essentiel dans la comédie. Cette façon anglo-saxonne d’appréhender le métier s’est révélée par son engagement à appréhender le rôle. Elle s’est montrée très disponible et a travaillé dur pour être crédible dans la peau d’une bonne footballeuse.

J’ai tout de suite aimé l’idée que ce scénario soit inspiré d’un fait réel. N’ayant pas entendu parler de cette histoire auparavant, je me suis immédiatement intéressée au combat que ces femmes avaient mené pour acquérir le droit de jouer au foot. Cela nous parait tellement évident aujourd’hui que c’est impensable d’imaginer qu’elles aient dû autant se battre. Au-delà de cet aspect social, j’étais attirée par les défis que ce rôle m’imposait : apprendre à taper à la machine, à parler un peu d’italien et surtout à jouer au football. Et puis j’étais sensible à la trajectoire de mon personnage : au début du film, Emmanuelle est encore une fille à papa qui vit dans la maison familiale. Sa mère n’étant plus là, elle sent que son devoir est de rester auprès de son père. Mais au fur et à mesure de l’histoire, on suit son émancipation en tant que fille mais aussi en tant que femme et joueuse.” Vanessa Guide

Max Boublil : PAUL COUTARD ?

Julien Hallard : En le rencontrant, j’ai compris qu’il pourrait faire un bon Coutard parce qu’il est intelligent, cinéphile, et il semblait prêt à aller vers un personnage différent de ce qu’il avait montré jusque-là. À mes yeux, la force de Max, ce qui fait de lui un vrai acteur, réside dans sa personnalité. Il avait naturellement l’ironie de Paul et son côté « tête à claques » ; en travaillant, il a su sortir du gag potache et adopter de nouveaux gimmicks. Je lui donnais comme référents Jacques Dutronc ou Nicolas Cage dans SAILOR ET LULA et même si parfois il se sentait un peu ridicule, il a joué le jeu. Au final, on s’est trouvé à la croisée des chemins. C’était une vraie rencontre.

J’ai tout de suite trouvé le scénario original et bien ficelé. Je n’avais jamais entendu parler de cette histoire mais j’aimais bien l’idée qu’elle se déroule à cette époque assez révolutionnaire, qu’elle parle des femmes et d’une soif de liberté. De plus, lorsque j’ai rencontré Julien Hallard, je dois dire que j’ai immédiatement eu un coup de cœur pour ce qu’il était, ce qu’il voulait raconter et j’étais impatient et curieux d’entrer dans son univers. C’est pourquoi lorsqu’il m’a fait  passer des essais, j’ai mis toutes les chances de mon côté pour décrocher le rôle.” Max Boublil

Revendiquez-vous l’aspect féministe de votre film ?

Julien Hallard : Totalement. Ce qui me plaisait d’ailleurs dans l’histoire des filles de Reims, c’est que c’était un féminisme pratique. Leur lutte visait un but précis : celui de jouer au foot. Ces femmes n’étaient en rien des Simone de Beauvoir, des Elisabeth Badinter, ou des membres du MLF : elles étaient factrices, fille d’agriculteurs ou femme au foyer ; elles disent n’avoir pas eu de réelle conscience politique ; seule l’envie de jouer à ce sport réservé à l’époque aux seuls hommes leur ont donné l’envie de changer l’ordre des choses établi. Et si elles ont finalement fait le même cheminement que celui des intellectuels en 1968 pour l’égalité entre les hommes et les femmes, c’était sans volonté de revendication politique de leur part. Il y a là une ironie qui évite de tomber dans la simple démonstration d’intentions et renforce au final la portée du message du film.

Avec :
  • MAX BOUBLIL : PAUL COUTARD
  • VANESSA GUIDE : EMMANUELLE BRUNO
  • BRUNO LOCHET : ALAIN LAMBERT
  • CAROLE FRANCK : RAYMONDE DEUQUET
  • DELPHINE BARIL : FRANCINE MARCHAND
  • ZOÉ HÉRAN : ANNIE LEROY
  • JULIE MOULIER : BÉATRICE BERGERON
  • SOLÈNE RIGOT : CORINE FRICOTEAU
  • SARAH SUCO : NICOLE WAQUELIN
  • MONA WALRAVENS : JEANNE SIMON
  • LUCA ZINGARETTI : GIACOMO BRUNO

La page facebook du film : https://www.facebook.com/CommeDesGarcons.lefilm/

Photo : Comme des Garçons

Comme des garçons - Bande-annonce

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