Née à Tokyo en 1951, Akiko Ashizawa est considérée comme la directrice de la photographie la plus accomplie de l’histoire du cinéma japonais.
Ouverte par Thierry Frémaux, Délégué Général du Festival de Cannes, depuis treize éditions consécutives, cette cérémonie présentée par la journaliste Charlotte Lipinska, mettra cette année en lumière la directrice de la photographie japonaise Akiko Ashizawa. Akiko Ashizawa est la deuxième directrice de la photographie à recevoir l’Hommage Pierre Angénieux, après la française Agnès Godard (AFC*) en 2021. Akiko Ashizawa donnera par ailleurs une Master Class jeudi 22 mai dans la matinée, animée par Jordan Mintzer, journaliste à The Hollywood Reporter.
Collaboratrice fidèle de Kiyoshi Kurosawa sur plus de dix films, dont Tokyo Sonata, Prix du Jury Un Certain Regard à Cannes en 2008, Akiko Ashizawa a su s’imposer par une maîtrise exceptionnelle de la lumière naturelle et une capacité unique à capturer l’indicible et l’inquiétant. Elle a également travaillé avec Kōji Fukada sur Sayônara et Le Soupir des vagues, développant une esthétique sensible et lumineuse devenue incontournable dans le cinéma japonais contemporain.
La carrière d’Akiko Ashizawa s’étend sur plus de trois décennies et compte plus de 70 films, faisant d’elle l’une des directrices de la photographie les plus importantes du cinéma japonais contemporain. Dans une industrie longtemps dominée par les hommes, elle a su s’imposer avec une signature visuelle subtile, atmosphérique et profondément ancrée dans la culture japonaise.
Akiko Ashizawa développe sa passion pour le cinéma assez tardivement, en 1969, alors qu’elle est étudiante à l’université Aoyama Gakuin de Tokyo, influencée par un compagnon admirateur de Jean-Luc Godard. L’année suivante marque un tournant décisif : elle est profondément impressionnée par La Vie éphémère (Mujō) de Akio Jissoji et Le Conformiste de Bernardo Bertolucci.
Ces œuvres, notamment la première, par son usage audacieux du plan-séquence et du grand-angle, éveillent en elle une véritable vocation. Durant ses études, elle réalise plusieurs films indépendants en 8 mm avec un petit groupe d’amis. Cette pratique artisanale et expérimentale constitue sa première immersion dans la création cinématographique.
Bien qu’elle envisage d’abord une carrière de réalisatrice, son parcours s’oriente progressivement vers la cinématographie, après avoir découvert le plaisir de manipuler la caméra et de traduire visuellement des idées. Après l’obtention de son diplôme, Akiko Ashizawa travaille comme assistante réalisatrice sur des “pinku eiga” (films érotiques japonais à petit budget), des publicités et des films promotionnels.
En 1973, décide de devenir cadreuse, un métier alors quasi inaccessible aux femmes. Hideo Itō, le directeur de la photographie de L’Empire des sens et figure importante du studio Wakamatsu Productions, accepte de la former. Dans les années 1980, elle se lance comme directrice de la photographie indépendante, principalement dans la publicité télévisée. Ce milieu était moins marqué par les discriminations de genre que le cinéma. Toutefois, elle revient progressivement au long métrage à partir des années 1990, notamment grâce à sa collaboration avec Hideyuki Hirayama.
En 2005, sa carrière prend un tournant majeur lorsqu’elle rencontre Kiyoshi Kurosawa, maître du cinéma inquiétant. Elle devient rapidement sa collaboratrice régulière et participe à la création de son univers visuel singulier. Ils partagent un goût pour la lenteur, le vide, et l’ambiguïté. Ensemble, ils réalisent plusieurs films marquants tels que Tokyo Sonata (2008) et Vers l’autre rive (2015) récompensé à Cannes, ou encore Creepy (2016).
Parallèlement, elle collabore avec d’autres réalisateurs japonais : Masato Harada, pour Chronicle of my mother qui lui vaut en 2012 un Prix Mainichi de la meilleure photographie (équivalent de l’Oscar japonais) et Kōji Fukada pour Sayônara (2015) et Le Soupir des vagues (2018). À partir de 2018, Akiko Ashizawa collabora avec le réalisateur indonésien Edwin pour le film Vengeance Is Mine, All Others Pay Cash (2021), lauréat du Léopard d’or au Festival de Locarno.
L’esthétique d’Akiko Ashizawa est fortement influencée par la nature et les saisons japonaises. Elle puise aussi dans les arts traditionnels, notamment l’école Rinpa de la période Edo, pour développer une sensibilité particulière à la lumière et aux couleurs. Elle compare souvent son travail à celui d’un peintre, mélangeant les éléments visuels pour construire un univers cohérent.
Ayant traversé la transition du cinéma argentique au numérique, elle défend une approche équilibrée : tirer parti des nouvelles technologies sans perdre l’essence du cinéma traditionnel. Pour elle, la technique reste un outil au service de la création, et non une finalité.
“Peu importe la technologie que j’utilise – je contrôle l’apparence de mes images. Je crée mon propre monde grâce à la cinématographie.” Akiko Ashizawa
En 2026, Nguyễn Phan Linh Đan, jeune directrice de la photographie vietnamienne, recevra une dotation spéciale lui permettant d’utiliser le meilleur de la technologie Angénieux pour les images de son prochain projet. Connue pour ses courts-métrages Lost (2016, sélectionné au Short Film Corner du Festival de Cannes) et Children of the Dust (2021), elle a été la première femme à remporter le prix de la meilleure photographie au Festival du film du Vietnam 2023 pour Cô gái tu quá khu (La fille du passé).
À propos d’Angénieux
Angénieux est internationalement reconnu pour ses optiques cinématographiques. Récompensés à quatre reprises à Hollywood en 1964, 1989 et 2009 par l’Academy of Motion Picture Arts and sciences, et en 2012 par la Society of Camera Operators, à Londres en Novembre 2014 par la British Society of Cinematographers, les objectifs Angénieux sont une référence incontournable pour les professionnels de l’image. Ils sont utilisés dans le monde entier aussi bien pour le cinéma, les fictions télévisées, les clips musicaux ou la publicité. * Quelques exemples de films marquants sortis cette année, tournés avec des optiques Angénieux : Chien 51 de Cédric Jimenez, Hamnet de Chloé Zhao, Romería de Carla Simón, Sirât de Oliver Laxe, Superman de James Gun
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