Émile Verhaeren : Poète et Passeur d’Art

Émile Verhaeren

Poète belge flamand, d’expression française, Émile Verhaeren (1855-1916) est né dans la province d’Anvers. Il devait être juriste, mais sa fréquentation assidue du salon d’Edmond Picard, écrivain socialiste à Bruxelles qui réunissait écrivains et artistes d’avant-garde, lui fit épouser une carrière d’écrivain. Son premier recueil de poèmes réalistes-naturalistes, Les Flamandes, de 1883, fut accueilli avec enthousiasme par l’avant-garde, l’ouvrage fit scandale au pays natal, scandale que le poète avoua plus tard avoir provoqué afin de devenir connu plus rapidement !

Ses recueils de poèmes, Les Moines, Les Soirs, Les Débâcles et Les Flambeaux noirs, furent influencés par le symbolisme et un ton lugubre. Il consacra trois séries de poèmes d’amour à sa femme Marthe Massin, peintre connue pour ses aquarelles : Les Heures claires, Les Heures d’après-midi et Les Heures du soir.

Il pratiqua le vers libre, et évoqua les grandes villes dont il parla avec lyrisme sur un ton d’une grande musicalité. Les questions sociales, la beauté de l’effort humain et les théories anarchistes l’intéressaient au plus haut point et il chercha à rendre dans ses poèmes l’atmosphère de la grande ville en opposition à la vie à la campagne. Ses visions d’un temps nouveau se reflètaient dans des recueils comme Les Campagnes hallucinées, Les Villes tentaculaires, Les Villages illusoires et dans sa pièce de théâtre Les Aubes. Cette série de poèmes fit de lui un écrivain célèbre, son oeuvre étant traduite et commentée dans le monde entier où il donna de nombreuses conférences, exerçant une indéniable influence sur l’ensemble des artistes liés au futurisme.

De nombreux artistes, poètes et écrivains tel Georges Seurat, Paul Signac, Auguste Rodin, Edgar Degas, August Vermeylen, Léon Bazalgette, Henry van de Velde, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke, Gostan Zarian et Stefan Zweig lui vouaient une grande admiration et entretenaient une correspondance avec lui, cherchant à le fréquenter.

Lorsque la première guerre mondiale éclata, Emile Verhaeren se réfugia en Angleterre d’où Il écrivit des poèmes pacifistes, écrivit dans des revues de propagande anti-allemandes et lutta contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques : La Belgique sanglante, Parmi les Cendres et Les Ailes rouges de la Guerre. Dans chacune de ses conférences, il essayait de renforcer l’amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni.

A sa mort accidentelle, le gouvernement français voulut l’honorer en l’accueillant au Panthéon, mais sa famille s’y opposa. Enterré dans son village natal de Saint-Amand, le musée provincial Émile Verhaeren y a été ouvert en 1955.

A l’approche du centenaire de sa mort, le musée des Avelines de Saint-Cloud, en région parisienne, lui consacre une exposition hommage réunissant plus de 180 œuvres et intitulée Émile Verhaeren (1855-1916), poète et passeur d’Art, afin de redécouvrir ce critique d’art, ami des artistes et poète flamand d’expression française qui vécut les seize dernières années de sa vie à Saint-Cloud.

Figure majeure de la scène artistique et littéraire au tournant des XIXe et XXe siècles, Emile Verhaeren fit connaître en Belgique de nombreux artistes postimpressionistes français comme Eugène Carrière, Henri-Edmond Cross, Paul Signac, Georges Seurat, Odilon Redon et Auguste Rodin.

Les principaux recueils exposés, pour certains illustrés par de grands peintres amis tels Théo van Rysselberghe ou Odilon Redon, mettront en valeur ce poète de l’avant-garde symboliste et témoigneront de l’activité critique intense de Verhaeren pour soutenir les tendances nouvelles, en particulier le néo-impressionnisme et le symbolisme pictural. De nombreux tableaux sculptures et oeuvres graphiques d’artistes français et belges seront également à redécouvrir.

Émile Verhaeren (1855-1916), poète et passeur d’Art, une exposition dont les poèmes en vers libres, d’une grande musicalité, invitent les visiteurs à voir le monde selon « l’âme du poète ».

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