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Dendromorphies – Créer avec l’arbre à l’espace Topographie de lart

Dendromorphies

Dendromorphies : La poétique écologique a ses fétiches, dont l’arbre – comme l’eau, ou encore l’air – est une composante essentielle.

« Les arbres jouent un rôle majeur dans le fonctionnement écologique terrestre en raison de leur capacité à stocker le carbone, à prendre une part active dans le cycle de l’eau et de manière générale à constituer les écosystèmes complexes que sont les forêts, sources et refuges de biodiversité. Ils constituent aussi pour les sociétés humaines une ressource considérable de matériaux (principalement du bois), de denrées (notamment des fruits) et de multiples services. Ils occupent dans presque toutes les cultures du monde une place réelle et symbolique importante. » Wikipédia, à l’article « Arbre »

« Dendromorphies – Créer avec l’arbre » se veut un ajout aux nombreuses expositions consacrées ces dernières années, de par le monde, au thème de l’arbre, en milieu fermé comme en pleine nature. L’arbre, aujourd’hui, mobilise de manière intense le champ de l’art contemporain. Tout comme il mobilise, en objet salvateur cette fois, celui de l’écologie ou de l’architecture. Créature clé dans le dispositif du care, qu’il s’agisse du « soin » social (les parcs, la nature restaurée) ou écologique (la diminution du désastreux bilan carbone de l’humanité), l’arbre est ce recycleur naturel dont notre environnement a un besoin pressant. Un roi factuel, un roi symbolique. À dessein, « Dendromorphies – Créer avec l’arbre » choisit la diversité. Le rapport qu’y entretiennent les artistes avec l’arbre est multiple et protéiforme – à l’image en vérité de notre culture, celle de l’opinion, de la détermination personnelle, de l’expérimentation ou de la célébration privées. La malléabilité du thème de l’arbre, intense, permet cette ouverture sans la freiner ou la contenir. Tel(le) artiste privilégiera, abordant le thème de l’arbre, la notion classique de l’« arbre de vie » (Sara Conti), en y greffant au besoin les obsessions de sa propre création (Clorinde Coranotto, Iris Crey, Aurélie Gravas). Tel(le) autre, inclinant à célébrer la beauté plastique de l’arbre, son fonctionnement, sa capacité à investir notre imaginaire, en donnera des déclinaisons flatteuses (Laurent Perbos) ou riches d’inspiration symbolique (Patrick Van Caeckenbergh). Certains ont à coeur le thème de l’enracinement (Askhat Akhmedyarov, Abdul Rahman Katanani), d’autres, celui de l’omniprésence (Persijn Broersen & Margit Lukács, Thomas Lévy-Lasne) quand d’autres encore s’inscrivent dans un processus écologique de recyclage (Laurent Tixador), de multiplication (Ackroyd & Harvey) ou d’alchimie biologique (Sam Van Aken).

L’arbre, pour solde de tout compte, s’érige au rang de figure de gloire. On lui attribue le pouvoir de la parole (Sean Capone), on lui dresse des sculptures totémiques (Fabrice Langlade), on déplore sa surutilisation orientée à des fins spéculatives par le capitalisme mondialisé (Khvay Samnang).

L’idée à l’origine de cette exposition est née d’une inversion du point de vue. Comme le montre Francis Hallé, dans Il était une forêt (2013, réalisateur : Luc Jacquet), l’arbre sait déployer, avec une intelligence supérieure de l’adaptation, de multiples stratégies d’existence et de résilience : expansion territoriale conquérante, captation d’une faune commensale, recours au vent et aux oiseaux pour la pollinisation et la multiplication de ses plants…

L’artiste qu’intéresse l’arbre, et qui s’applique à en démultiplier la figure et l’aura, peut dès lors être considéré comme un allié de l’arbre. De celui-ci, dont il fait le thème princeps de sa création, il va accroître la représentation, la visibilité, l’importance symbolique et factuelle. À travers ses réalisations, l’artiste dendrophile affirme de la sorte un autre potentiel de l’arbre, outre ses ordinaires capacités à être, à occuper de l’espace et à absorber du CO2 – chanter sa gloire. Cette exposition, dans cette optique, doit certes être regardée comme une somme d’expressions humaines. À l’égal, entendue cette fois depuis le point de vue de l’arbre, elle se valide aussi comme un ensemble mettant les humains au service de l’arbre pour déployer des formes nouvelles, dendromorphes – des dendromorphies.

Les artistes : Ackroyd & Harvey, Askhat Akhmedyarov, Persijn Broersen & Margit Lukacs, Sean Capone, Sara Conti, Clorinde Coranotto, Iris Crey, Aurélie Gravas, Abdul Rahman Katanani, Fabrice Langlade, Thomas Lévy-Lasne, Laurent Perbos, Khvay Samnang, Laurent Tixador, Sam Van Aken, Patrick Van Caeckenbergh

Paul Ardenne, commissaire de l’exposition

Voir aussi sur artsixMic :

Rencontre avec Paul Ardenne et la Littorale #6 d’Anglet
Paul Ardenne : Heureux, les créateurs ?

Photo : Aurélie Gravas, “Arbre”, 2016, papiers découpés, craie, fusain, peinture aérosol, huile, plaques métalliques, aimants, 2 m de hauteur, courtesy de l’artiste.

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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