Exposition saint François d’Assise

Francois d'assise exposition

François d’Assise, l’homme intemporel

Marseille, depuis le 1er avril dernier, marche « dans les pas de saint François d’Assise » avec une exposition sans précédent en plein coeur culturel de la capitale phocéenne.

A l’heure où les chrétiens sont une des cibles privilégiées des mouvements djihadistes et que le monde s’enflamme de toutes parts, cette exposition met à l’honneur les grandes valeurs sociétales qu’a su véhiculer saint François d’Assise. Né au XIIème siècle, ce saint italien évoque un art de vivre et une manière d’être chrétien, et a favorisé la renaissance de la vie évangélique.

Jeune adulte, il découvre la bonté de Dieu et réalise que la société nouvelle qui rêvait d’être libre et égalitaire a exclu les pauvres, les lépreux et l’ensemble des petits. Il se met alors à fréquenter et à restaurer les chapelles qui se détériorent, il est loin de se douter alors qu’il se prépare à restaurer l’Eglise.

Séduit par l’Evangile dans lequel il trouve un sens à sa vie, François d’Assise s’enferme dans son radicalisme, rompt avec sa famille et prend la route, soigne les lépreux et annonce à qui veut l’entendre que « Dieu est Amour ».

En 1209, il rencontre le pape Innocent III à Rome et lui demande d’approuver son désir de vivre selon l’Evangile, entrainant derrière lui une foule qui découvre grâce à lui le bonheur de vivre en Dieu et le bienfait de la fraternité.

François est respectueux de tous, quelque soit leur situation et porte la paix à tous. Convaincu que toute vie à Dieu pour origine, il inspire non seulement les amoureux de la nature comme les écologistes mais également les non violents par son sens de la personne humaine, son respect de l’autre et sa foi dans le dialogue.

Francois d'assise

Au sein de l’Eglise luxueuse et puissante et de la société italienne de cette époque, Saint François d’Assise passe pour un rebelle, un révolutionnaire… Alors que pour certains historiens, il a apporté un modernisme qui a sauvé l’Eglise d’une décadence interne qui commençait à s’installer. Il n’a eu de cesse de lutter contre la richesse et le pouvoir de celle-ci, s’opposant à elle par tout moyen, notamment en ouvrant l’ordre aux femmes.

Le Christ est la figure centrale de la foi de François d’Assise. Il en porte les plaies aux pieds et aux mains deux ans avant de mourir, faisant de lui le premier stigmatisé de l’histoire de l’Eglise. Mystique, il ne cessait de rappeler à ses disciples :

« Nous devons être fermement convaincus de ne rien posséder en propre, à part nos vices et nos vertus. »

Pieux, discipliné et vivant dans un excès de pénitence, François d’Assise prône la joie, celle-ci étant selon lui source de joie et d’ordre divin. Exigeant pour lui-même et pour ses frères, il crée une dynamique qui donne un nouveau visage à une Eglise engourdie.

Parce qu’il a révélé la force de l’Evangile et donné espoir aux pauvres, aux exclus, aux mal aimés par son sens de l’humain et sa passion pour le Christ, le pape Grégoire IX l’a canonisé en 1228, deux ans seulement après qu’il soit entré dans l’éternité de Dieu.

Portrait de saint François, Andréa de Vargas

Portrait de saint François, Andréa de Vargas

Amoureux de la nature, Jean Paul II l’a fait patron de l’écologie en 1979.

Cette très belle exposition au sein des 400m2 du déambulatoire de la cathédrale de la Major met en scène une partie de la collection privée de l’industriel marseillais Joseph Arakel, laquelle sera enrichie jusqu’au 15 mai d’une oeuvre de l’artiste peintre El Greco, des dessins d’Étienne Parrocel, des créations de l’artiste d’art contemporain Yazid Oulab et d’une pièce exceptionnelle, le manteau de saint François d’Assise.

Une occasion unique de revivre les étapes les plus marquantes de la vie de François d’Assise dont les grandes thématiques qui en ressortent : le lien social, l’écologie, la pauvreté, l’interreligieux, qui sont en 2016 au centre de l’intérêt collectif.

C’est d’ailleurs sous cet angle que l’ensemble de l’exposition et les conférences qui l’accompagnent mettent en avant cet homme qui au XIIIe siècle a su se positionner en visionnaire des problématiques du XXIe siècle.

On reconnaît les grandes valeurs citoyennes citées et traduites dans l’histoire de l’art par de nombreux artistes. On s’entraîne dans une réflexion ; celle d’identifier ces valeurs au sein même de l’entreprise et tenter de les mettre ou remettre dans la lumière. C’est enfin inscrire son entreprise ou sa personne à l’heure de la COP21 dans l’alchimie de la création et des valeurs fondamentales de l’homme.

« Je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer. » répétait inlassablement ce saint homme.

Tags:

  • Touche-à-Tout, depuis la photographie, l'écriture, la mise en page et les reportages vidéos

  • Voir les commentaires : (0)

Publicité

Vous pourriez aussi aimer ?

Cannes - Salvador Dali

Cannes aux couleurs de l’Espagne avec Dalí et Gabarrón

La peinture et la sculpture monumentale sont à l’honneur à Cannes avec l’artiste catalan ...

Oliviero Toscani vous marie à la Hune

Les 18 & 19 mars 2016, soyez la star d’un shooting photo exceptionnel par ...

Sin City

Rencontres, Dédicaces, MasterClass, avec la Fnac

La Fnac Forum des Halles a l’immense plaisir d’accueillir Franck Miller, créateur de la ...