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l’installation Exhibit B accentue les divergences dans le droit à la création

Exhibit B

Depuis plusieurs jours une polémique a vu le jour autour de l’artiste sud-africain Brett Bailey à l’affiche actuellement en région parisienne. En cause, non pas son adaptation du Macbeth de Verdi donnée en ce moment au Théâtre de Montreuil dans le cadre du Festival d’automne, mais l’installation Exhibit B, prévue du 27 au 30 novembre au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis avant son installation au 104, à Paris, du 7 au 14 décembre.Cette création met en scène des zoos humains du 19e siècle. Déjà interdite à Londres, l’installation de Brett Bailey choque aussi les esprits en France,ou son travail  est jugé intolérable par certains.

L’artiste Bam’s membres du collectif contre Exhibit B à notamment dit à Metronews : « Cette installation porte atteinte à la dignité humaine et à la mémoire de nos ancêtres. La communauté noire a déjà assez de mal à reconstruire une mémoire positive à partir du passé colonial pour qu’en plus, une exposition apporte des images dégradantes sous couvert de dénoncer le racisme. » Le collectif contre Exhibit B  a aussi appelé à  une manifestation jeudi 27 novembre à Saint-Denis et demande un débat public avec les programmateurs du spectacle. Il a aussi mis en ligne une pétition qui  demande l’annulation de l’exposition. Dans rue89, Brett Bailey déclarait dernièrement : « Exhibit B ne parle pas des Noirs, mais du système colonial ».

Photo : DR

Aujourd’hui l’observatoire de la liberté de création nous a fait parvenir le communiqué de presse suivant :

Contre les préjugés,
nous avons besoin d’art,
de partage et de parole.

Les directeurs du TGP et du 104, Jean Bellorini et José-Manuel Gonçalvès ont choisi de programmer dans leurs établissements l’installation performance Exhibit B de Brett Bailey. Elle repose, par la succession de tableaux vivants représentant alternativement des évocations de l’esclavage, de la colonisation et de la répression violente de l’immigration, sur la dénonciation de ce que le racisme a produit de pire. Chacun de ces tableaux incarnés est porté par des performeurs qui ne quittent pas du regard les spectateurs accueillis par petits groupes. Chaque scène est accompagnée d’un cartel explicatif. La fin du parcours d’installation permet de lire les témoignages des performeurs sur leur propre expérience, mais aussi à chaque spectateur d’écrire son ressenti, quel qu’il soit.

Créé en 2010, ce spectacle a été vu depuis dans plusieurs villes européennes, à Avignon et au 104 en 2013, ou encore tout récemment à Poitiers, sans qu’aucun incident ne trouble sa programmation, ni sa découverte par des spectateurs ayant librement choisi d’y assister. Evoquer n’est pas approuver. Tout artiste doit pouvoir librement représenter une part de l’histoire humaine passée et présente, et chercher à ébranler les consciences, à interroger les préjugés. Pourtant, des personnes jugeant raciste et indigne un spectacle qu’ils n’ont pas vu, animent depuis plusieurs semaines une campagne d’intimidation qui va de la demande d’annulation puis d’interdiction, à la menace d’empêcher les représentations par un appel à la manifestation.

Si le procédé n’est pas nouveau, il choque toujours pour au moins trois raisons fondamentales. C’est d’abord le procès d’une intention : celle de l’artiste, celle des performeurs et celle du directeur. C’est aussi la condamnation de l’art, qui n’existe que par la représentation, l’image, le lien, la question, et surtout le dialogue du singulier et de l’universel. C’est enfin l’interdiction pour tous, demandée par quelques-uns. L’Observatoire de la liberté de création assure de son soutien Brett Bailey, Jean Bellorini, José-Manuel Gonçalvès et leurs équipes. Le TGP et le 104 ont choisi d’accueillir une oeuvre dans une programmation qu’ils assument – artistiquement et politiquement – et qu’ils accompagnent d’une médiation, pour ce projet comme pour tous les autres. Ils ne font là que leur métier. Il convient de garantir à chacun la liberté de devenir spectateur et de participer à la représentation d’une oeuvre. L’intimidation et le désir de censure sont illégitimes, c’est dans le débat critique que chacun doit pouvoir s’exprimer.

L’Observatoire de la liberté de création demande donc à tous ceux qui partagent ses valeurs d’aider à assurer le bon déroulement des représentations.

L’Observatoire de la liberté de création appelle ses adhérents, mais aussi les citoyens et les spectateurs, à se rassembler pacifiquement sur le parvis des théâtres à l’occasion des représentations. L’Observatoire de la liberté
de création assurera une mission de médiation et de dialogue, et participera au débat du 28 novembre à 19 h au TGP, qui doit permettre à tous les points de vue de s’exprimer.

Pour combattre les préjugés, nous avons besoin d’art, de partage et de  parole.

Il est urgent de protéger les oeuvres, les artistes et les professionnels, dans un pays qui doit porter haut la liberté de création, d’expression et de diffusion de l’art comme de la pensée.

(Source Observatoire de la liberté de création)

Liberté et création, deux mots qui devraient rythmer et vibrer ensemble. Mais la liberté doit-elle tout permettre dans la création, telle est la question qui nous est posée. Trop de gens ces dernières années ont aussi abusé de cette liberté pour faire passer des messages nauséabonds, qui appelaient plus à la haine et au rejet des autres qu’à une quelconque création. Aujourd’hui de nouveaux partis s’opposent, deux manières de voir les choses, deux façons de voir la vie, mais surtout et aussi celle des autres. Car créer sur la vie des autres est à la fois un acte facile mais aussi dangereux. Personne n’aime ou n’aimerait que cela lui arrive personnellement, en tout cas personne n’a envie de servir de  sujet à une création tendancieuse.

artsixMic aime la création, et aime la liberté. Quelqu’un a dit un jour : la liberté des uns commence où s’arrête celle des autres, cette phrase qui appelle au bons sens, devrait  un peu plus souvent être prise en considération. La création peut aussi aider à la dénonciation de la monstruosité humaine, tel que l’ont été l’esclavagisme et la colonisation. Cette création là a le droit à toute la liberté dont elle a besoin pour s’exprimer !

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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