Chantal Westby
Chantal Westby : Artiste et Humaniste !

Chantal Westby : Artiste et Humaniste ! Mon travail est aujourd’hui une extension de mon combat. J’exprime mes émotions et mes frustrations à travers l’art.

Femme de tête, femme de cœur, femme d’action, Chantal Westby vit, respire et travaille à Philadelphie. Devenue artiste après son départ de France pour épouser son prince charmant, elle est aujourd’hui une vraie américaine, mais avec un cœur malgré tout, toujours “Made in France“.

Heureuse comme un poisson dans l’eau, elle vit sa vie de créatrice toujours à 100 à l’heure. Toujours en quête d’informations, celles-ci viennent alimenter sa passion de peindre et de mettre en œuvre en œuvre, tout ce qui lui semble beau, et bien sûr sans chichi.

Adepte du plaisir sensuel du visuel, elle est aussi devenue une humaniste engagée. Elle se meut dans un total optimisme, qui lui rappelle au combien la vie est belle, mais que celle-ci peut être aussi mise à mal, dans un monde qui ne se respecte vraiment plus.

Chantal Westby - Portrait
Chantal Westby – Portrait
Ouvrir les yeux

Ouvrir les yeux, et apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin, c’est aussi ce qui la motive pour toujours aller de l’avant, pour aller encore plus loin, pour partager avec les autres ce qu’elle a reçu.

Le respect des uns commence avec celui des autres. Etre passionnée permet de partager avec les autres, ce que l’on pourrait appeler la mélodie du bonheur. S’inscrire dans le temps, c’est donner force à un futur plus harmonieux, plus florissant, plus en harmonie avec ce qu’il devrait être aujourd’hui.

Jamais l’être humain n’a jamais été aussi intelligent, mais aujourd’hui cette intelligence le pousse vers un puit sans fond, dans un cheminement chaotique qui le mènera peut être à sa perte. De Présidence dangereuse, à Présidence futile et irresponsable, nos sociétés se perdent un peu plus davantage, chaque jour qui passe.

Comme le dit Chantal “Mon travail est aujourd’hui une extension de mon combat. J’exprime mes émotions et mes frustrations à travers l’art.

Aujourd’hui elle anticipe. Tous ses acquis capturés au fil des années lui ont permis, en tant que femme mère et artiste d’avoir pu dépasser la toile, pour partir vers de nouveaux horizons lui permettant ainsi de conjuguer « Savoir-être », « Savoir faire », et « Savoir dire » aussi.

Le mot création n’est pas un vain mot. Le verbe créer existe grâce à des femmes et des hommes qui ont de tout temps exprimés, ce qu’il avaient en eux, pour dire au plus grand nombre que la création était à l’origine du monde, et que ce monde pouvait aussi exister sans eux.

Du réchauffement climatique, à la conquête de Mars, l’humanité doit et devra faire des choix qui ne pourront plaire à tout le monde. Dans un monde, je dirai de pauvre riche, et quoi que l’on en dise, que c’est bien la pauvreté qui a conquis le monde, car celle est à jamis induite. Elle ne chôme jamais, elle est entretenue, jusqu’à que la mort s’ensuive. Alors demande Chantal, verra t-on un jour les compteurs se remettre à zéro, rien n’est moins sûr !

Mais l’artiste et les artistes sont là pour nous rappeler que d’autres chemins sont possibles, que les peurs des uns font naître la peur chez les autres, que la vie peut être belle, quand on en respecte ce qui la compose.

Rencontrer une personne comme Chantal Westby, comme j’aime souvent le dire, fait du bien où cela fait mal. Mais aussi elle nous rappelle que notre univers n’est pas une poubelle, mais le support de plusieurs galaxies qui font miraculeusement que nous existons !

Nous remercions chaleureusement Chantal d’avoir pris le temps de répondre aux questions d’artsixMic.

By Chantal Westby
By Chantal Westby
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Chantal Westby: Artist and Humanist!

Bonjour Chantal 

artsixMic : Vous êtes une humaniste engagée. Vous parlez d’écologie, de conscience, d’écologie de la conscience, de portes de la perception, de spatio-temporel, d’expéditions humanitaires, notamment en Haïti. Mais l’être humain, pour vous a-t-il vraiment toujours aujourd’hui, conscience d’en avoir une, Conscience ? Car notamment, comme le dit Robert Marteau “Plus la terre se peuple plus la vacuité l’envahit.” Qu’en est-il pour vous aujourd’hui, de cette conscience ou inconscience d’ailleurs, en tant que femme, en tant qu’artiste, en tant qu’individu ?

Chantal Westby : Je suis une éternelle optimiste, jamais je ne pourrais me résoudre à voir le côté vide du verre. Effectivement la terre se peuple toujours plus, toujours plus vite, c’est d’ailleurs l’un des, si ce n’est le principal problème lorsqu’on parle de réchauffement climatique. Dans cette population exponentielle, je crois que bien au contraire les êtres humains ont de plus en plus conscience de leur propre conscience, de leur réveil, de leur condition d’humain, sur une terre de plus en plus abîmée et dirigée par des gouvernements qui ne font rien, ou bien trop peu pour que cela change.

Les différentes marches pour le climat, pour la justice entre les hommes, leur égalité, desquelles jaillissent des voix toujours plus audibles et surtout jeunes, sont, elles aussi, de plus en plus peuplées !

Notre nouvelle génération a pleinement conscience de l’état réel des choses car ils n’ont pas été endormis par des années de discours mensongers et ils ont bien conscience justement que notre génération de baby-boomers a profité et jouis d’une vie bien loin de toute préoccupation climatique ou future. Ils ont parfaitement le droit de nous en vouloir pour cela. Non pas d’en avoir profité, mais de ne pas en faire assez pour que leur futur soit lui aussi, insouciant. Plus un seul être humain sur cette Terre n’a le droit de dire qu’il ne sait pas qu’un très sérieux problème nous menace et commence déjà à montrer sa face sombre.

D’un point de vue plus personnel, j’ai d’aussi loin que je me souvienne, toujours eu conscience de l’autre, au sens large. Ma sensibilité de fille, de femme, puis de mère et d’artiste m’a toujours permis d’être tournée vers l’autre. Loin de moi la prétention de vouloir changer le monde, mais si je peux aider la personne qui est à côté de moi, puis celle d’à côté, je ne me pose pas la question.
Vous parliez d’Haïti, j’ai eu l’occasion de faire trois voyages humanitaires là-bas, après le terrible tremblement de terre qui a changé la face de cette île à jamais et plongé ses habitants dans le chaos le plus total.

Cela a été très dur, ce serait mentir que de dire le contraire. Non pas à cause des conditions spartiates dans lesquelles nous nous trouvions, cela aurait été indécent de nous plaindre de cela. Mais parce ce que justement là, m’a envahie l’idée de vouloir aider tout le monde, ce qui est impossible. Se résoudre à ne donc devoir aider qu’une petite partie des gens formidables que nous avons rencontré a été un déchirement face à ce déferlement de dévastation humanitaire.

Les haïtiens sont incroyablement fort, courageux, généreux et résilients. Bien plus que nous occidentaux enfermés dans notre confort destructeur. Nous leur apportons une aide logistique, psychologique, humanitaire mais eux, nous apportent tellement plus. L’humilité, le partage, le courage, la notion de résilience dans ce qu’elle a de plus noble. Haïti m’a changé en tant que femme mais aussi en tant qu’artiste.

J’ai alors pris conscience que mon travail pouvait venir en aide, pouvait éveiller des consciences en braquant des projecteurs sur tel ou tel sujet. C’est à ce moment-là que ma carrière d’artiste a réellement pris un tournant engagé, duquel je ne pourrais désormais plus sortir tant il m’a été important de réaliser que l’art peut changer le monde, lui aussi.

Dès les années 90 j’ai réalisé que la machine occidentale s’emballait de façon catastrophique et surtout que très peu de personnes n’avaient l’air de réaliser. Les lanceurs d’alertes étaient tous ridiculisés dans les médias et leur entourage. J’ai aussi essuyé ces moqueries mais elles ne m’ont jamais détournée de ce combat. J’ai inculqué ces valeurs et cette vision à mon fils.

Lorsqu’il m’a offert le bonheur de tenir dans mes bras mon petit fils pour la première fois, le sens de ce combat n’avait jamais été aussi clair pour moi. Pour lui et tous les autres enfants, nous n’avons pas le droit mais le devoir d’agir. Toutes et tous, chacun à son niveau, pour les autres et pour la planète. Il suffit de regarder les photos incroyables de Thomas Pesquet prisent depuis ISS, pour réaliser la fragilité de notre monde entouré d’espace hostile à toute vie et le ridicule absolu de se livrer à des guerres entre humains, sur un si petit espace, si fragile.

Ma réponse est un peu longue mais je ne peux répondre à un tel sujet en 10 lignes je vous prie de m’en excuser…

artsixMic : En fait chez Chantal Westby, il faut que vos créations soient le reflet de vos actes et en harmonie avec vos actions, mais aussi avec vos pensées et vos réflexions, mais sûrement plus encore ?

Chantal Westby : Comme dit précédemment, mon travail est aujourd’hui une extension de mon combat. J’exprime mes émotions et mes frustrations à travers l’art. Peut-être que ce qui a le plus changé dans ma façon de travailler est l’anticipation.

Par le passé mes créations étaient totalement instinctives de A à Z, je prenais une toile ou un canson et au fur et à mesure une collection voyait le jour.

La maturité de mon travail, mes expériences de vie, en tant qu’artiste et en tant que femme, mes rencontres, m’ont amenée à être plus centrée, plus réfléchie sur l’axe d’une collection, sa couleur, sa matière, son message. Le processus créatif n’a lui pas changé, l’instinct prime toujours.
Mon travail d’artiste est devenu l’expression tangible de mes différents combats, une osmose parfaite de mes pensées, mes peurs, mes doutes, mes émotions, mes joies traduites à travers la création artistique. C’est aussi pour cette raison que ma palette créative s’est étendue au-delà des toiles.

artsixMic  : Vous vous êtes échappée un jour de France pour vous installer aux Etats Unis, à Philadelphie. Comment s’est fait ce déplacement ? Comment se symbolise-t-il aujourd’hui ? Comment le rêve américain peut-il encore se construire au pas ? Passer de Trump à Biden, une histoire d’Américain, une histoire Américaine ?

Chantal Westby : Le mot « échappée » est assez bien choisi en effet… Je vivais à Paris à l’époque et mon actuel époux, le Dr George Westby qui était en vacances en Europe avec ces fils est arrivé au bon moment.

Mon fils était encore un adolescent, j’étais en instance de divorce et malgré un métier qui me passionnait dans la mode à Paris, je n’ai pas hésité une seule seconde lorsque George a demandé ma main.

Je me rappelle avoir dit à mon ex-mari qu’un jour un prince charmant viendrait et m’enlèverait…
Quelques semaines plus tard, je m’installais dans la banlieue de Philadelphie avec mon fils Gaël, sans ne savoir parler un seul mot d’anglais et sans aucune autre connaissance que mon époux. Le prince charmant était venu et il m’avait enlevé…

Je suis ainsi devenue citoyenne Américaine à part entière mais je suis et resterai toujours Française de cœur. Sans ce bouleversement, je ne serais pas devenue artiste, en tout cas pas de la façon dont j’aborde mon métier aujourd’hui.

Les États-Unis ont de fascinant que tout y est démesuré. De la nature luxuriante a la façon d’aborder la vie, y compris politique. Nous sommes tout de même passés du premier Président noir à un Président raciste et misogyne, pour écourter la liste de ses qualités…

L’élection de Biden est bien entendu un soulagement pour beaucoup de monde, ne serait-ce que pour la lutte contre le réchauffement climatique, mais elle est également la démonstration d’un système malade. Trump n’a pas été élu par hasard, il n’est pas un accident de parcours comme beaucoup voudrait le faire croire et les partis démocrates et républicain n’ont pas retenu la leçon.

Il semblerait que Biden prenne en tout cas un chemin plus lumineux pour changer les choses, nos espoirs sont grands. Peut-être se dit-il qu’à son âge il n’a plus grand-chose à perdre sur l’échiquier politique et qu’il peut se permettre de bousculer certains lobbys.

Le rêve américain peut encore exister mais il est différent de celui des années 70-80, même en 90 l’insouciance était toujours de mise. La tragédie de 2001 a changé la face du monde. Ce qui n’a pas changé en revanche dans le rêve américain, c’est que le travail et l’opiniâtreté sont récompensés ici. Après, le facteur chance joue aussi un rôle important bien entendu.

artsixMic  : Vous êtes une femme dans l’abstraction qui œuvre en permanence dans l’action. Vous aimez que les choses bougent et se fassent ?

Chantal Westby : Ce n’est pas une question d’aimer ou non, c’est vital. J’essaie parfois de canaliser mon cerveau tant je voudrai faire de choses à la minute… J’en deviens presque épuisante à suivre pour mon entourage mais je me suis toujours dit que le moment où je m’arrêterai vraiment, c’est qu’il sera l’heure de pénétrer dans le tunnel de lumière.

Bien entendu il est important de savoir s’accorder des instants de répit, de silence, de respiration. Je mets tellement d’énergie dans la création d’un projet qu’avant de passer à un autre, je dois recouvrir le tout d’un voile blanc afin de réinventer autre chose. La remise à zéro des compteurs est je crois, pour tout artiste, essentiel. J’aime la mise en danger, essayer de nouvelles techniques, de nouvelles matières, de nouveaux supports. Le mouvement, celui du présent tourné vers le futur, est le moteur de ma vie.

artsixMic  : Vous avez avec le réalisateur multimédia, photographe et metteur en scène Lénaïc G. Mercier ouvert ensemble, le studio Westby & Mercier, pour unir vos talents et diversifier vos recherches, qu’en est-il ? Quels en sont ses objectifs ?

Chantal Westby : Lorsque je parlais de savoir se réinventer en tant qu’artiste, ma collaboration avec Lénaïc en est l’exemple parfait. Notre entente artistique a été immédiate et notre première collaboration immersive à New York en 2017 a eu un tel impact sur le public qu’il nous est apparu évident d’unir nos univers de façon plus pérenne.

L’objectif de notre studio est à la fois de proposer de nouvelles œuvres mélangeant la peinture, la sculpture et le multimédia à des collectionneurs privés ou espaces publics mais également d’imaginer et concevoir des installations immersives dans lesquels les spectateurs peuvent vivre des expériences tout à fait uniques.

Notre dernière installation “Global WarNing“, se veut être un véritable voyage au cœur de notre planète, de son écosystème, de sa fragilité mais aussi de son futur incertain dont nous avons les clés. L’éveil des consciences par le biais de l’art, en stimulant les émotions des spectateurs est le cœur de notre travail. Notre volonté est de toujours faire en sorte qu’aucun visiteur ne ressorte d’une de nos expositions “vierge” d’émotion.

Nous partageons les mêmes inquiétudes et centres d’intérêts artistiques. C’est ce qui fait notre symbiose en perpétuelle évolution. Même si actuellement Lénaïc est retenu en France à cause de la pandémie, nous avons des échanges quotidiens et travaillons chacun de notre côté sur nos futurs projets immersifs. Nous espérons pouvoir offrir au public notre nouvelle installation à la rentrée 2021.

artsixMic : Je parlais de Spatio-temporel, et vous vous dites, les yeux tournés vers le cosmos, source inépuisable d’inspiration. Mais cependant vous êtes depuis 2011, devenu une “avocate” et comme vous le dites, de vos sujets récurrents préférés : “Réflexions sur les débris spatiaux” et “Réchauffement climatique”. De la dégradation de notre Cosmos ! Une immense bataille à mener ?

Chantal Westby : A l’heure où les humains préparent leur arrivée sur Mars dans une course où les plus grandes puissances occidentales veulent toutes être la première, envoient toujours plus d’engins spatiaux en orbite autour de la Terre et augmentent le rejet des déchets dans l’atmosphère, causant dans le même temps une aggravation du réchauffement climatique et donc créés toujours plus d’inégalités entre les peuples, oui la bataille est immense…

Depuis le début de l’exploration spatiale dans les années 60, les chiffres des débris en orbite autour de la terre sont vertigineux. Les estimations officielles parlent de 128 934 000 (cent vingt-huit millions neuf cent trente quatre mille) objets d’une taille variant de 1 mm à 10 cm… C’est édifiant.

Non content de polluer la planète, nous polluons également notre stratosphère… Pour autant, comme je le disais précédemment, je suis pleine d’espoir en voyant les nouvelles générations. Ils ne sont pas seulement dans l’action, ils demandent des comptes. Leur union et détermination sont une force invisible qui nous poussent à repousser sans cesse les limites.

Ma bataille, notre bataille à Lénaïc et moi est ainsi de mettre en lumière ces sujets à travers l’art plastique, multimédia et immersif, de permettre au plus grand nombre d’en prendre conscience et de leur donner des clés pour activer les mécanismes du cerveau qui permettront de faire évoluer les choses, même de façon infime. Dénoncer et alerter sans apporter de solution serait tout à fait stérile et contre-productif et l’art est un merveilleux messager.

artsixMic : Et demain alors, elle va où Chantal Westby, toujours plus loin que loin, toujours plus près des étoiles, toujours en recherche d’un certain infini, je suppose ?

Chantal Westby : Je vais répondre à cette question par une citation très connue d’Oscar Wilde, qui résonne en nous comme un mantra : ”Shoot for the moon. Even if you miss, you’ll land among the stars.
Il faut toujours viser la lune. Même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles”.

Chantal Westby
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Chantal Westby: Artist and Humanist!