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Terra Nova publie le rapport : La viande au menu de la transition alimentaire

viande : La viande au menu de la transition alimentaire

La viande au menu de la transition alimentaire : Enjeux et opportunités d’une alimentation moins carnée, par Thierry Pech, Antoine Hardy, Dalibor Frioux, Matthieu Vincent.

Terra Nova publie aujourd’hui un rapport très complet sur la consommation de la viande partout dans le monde et qui s’intitule « La viande au menu de la transition alimentaire« . En voici une synthèse que nous vous proposons d’ores et déjà de lire, afin peut-être vous donner envie d’en savoir davantage sur un sujet, qui prend chaque année de plus en plus d’importance dans nos vies de tous les jours.

La consommation de viande ne cesse de progresser, dans les pays développés comme émergents. Or cette dynamique est désormais porteuse d’inquiétudes de plusieurs ordres. De nombreux scandales sanitaires récents ont suscité des doutes sur la sécurité alimentaire des produits carnés. La surconsommation de viande est aussi préjudiciable pour l’environnement, les activités d’élevage impliquant une mobilisation de ressources souvent disproportionnée par rapport à leur apport nutritionnel. L’actualité a aussi été marquée par de nombreuses révélations sur le traitement inhumain des animaux dans certains abattoirs. Enfin, le désarroi de nombreux éleveurs devant la difficulté à vivre de leur travail a mis en lumière les défaillances et dysfonctionnements des chaînes de valeur de ce secteur. L’objet de ce nouveau rapport de Terra Nova n’est pas de condamner en soi la consommation de viande. Mais tout plaide pour que soit recherché un nouveau compromis entre nos traditions alimentaires et nos impératifs sanitaires, environnementaux et économiques. Ce nouvel équilibre commande une réduction quantitative et une amélioration qualitative de la viande que nous consommons.

Tout au long du XXe siècle et singulièrement dans sa deuxième moitié, la croissance de la consommation de viande a été massive et rapide, non seulement en Europe, mais aussi dans tous les pays industrialisés et, depuis quelques décennies, dans les pays émergents, en particulier en Asie. On estime que les Français consommaient environ 20 kg de viande par an au début du XIXe siècle : ils en consomment 40 kg vers 1900 et 60 kg en 1950/4 . En 1998, ils atteindront un pic de 94 « kilos équivalent carcasse » (kgec/5 ) par habitant. Au total, la consommation de viande par an et par habitant a plus que doublé en volume durant le XXe siècle. Le phénomène est également marqué en Allemagne, où l’on consommait un peu moins de 20 kg de viande par an et par habitant en 1855 contre 85 kg en 1975. Et si les pays méditerranéens restent dans l’ensemble moins carnivores que leurs voisins du Nord, ils connaissent eux aussi une augmentation très sensible de leur alimentation carnée : en Italie, on passe ainsi de 11 kg par an et par habitant en 1885 à 46 kg en 1974. Dans le reste du monde, la consommation de viande a explosé à partir des années 1960. Elle progresse notamment de 121 % en Amérique du Nord. Mais c’est dans les pays en développement que son augmentation est la plus spectaculaire, même si les volumes consommés par habitant restent très nettement inférieurs à ce que l’on observe en Occident : elle enregistre ainsi une croissance de 1 350 % en Asie, de 430 % en Amérique latine et de 389 % en Afrique.

4/ Yvan Lepage, « Évolution de la consommation d’aliments carnés aux XIXe et XXe siècles en Europe occidentale », Revue belge de philologie et d’histoire, t. 80, fasc. 4, 2002. 5 L’unité « kg équivalent carcasse » exprime la viande effectivement produite, c’est-à-dire y compris les quantités et morceaux éventuellement non consommés, une portion de l’animal de boucherie restant non comestible (os, tendons, etc.). Le ratio entre les parties consommées et les parties non consommées dépend notamment de l’espèce concernée. Les morceaux de viande à griller ne représentent par exemple que 38 % du poids du bœuf.
La Synthèse du rapport

Associée à l’élévation du niveau de vie et aux progrès de l’agriculture, la consommation de viande a explosé au cours du XXe siècle dans les pays développés et progresse à présent rapidement dans de nombreux pays émergents. Cette dynamique est désormais porteuse d’inquiétudes. De nombreux nutritionnistes et diététiciens abandonnent les réticences que leur inspirait naguère une alimentation plus végétale. Les épidémiologistes ont établi, de leur côté, que la surconsommation de viande pouvait être la cause de plusieurs types d’affections. La multiplication des scandales sanitaires a, par ailleurs, suscité des doutes sur la sécurité alimentaire de ces produits. Les spécialistes de l’environnement ont démontré, quant à eux, que les activités d’élevage avaient une contribution conséquente aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et qu’elles impliquaient une mobilisation de ressources souvent disproportionnée par rapport à leur apport nutritionnel. Pour ne rien arranger, les révélations sur le traitement des animaux dans certains abattoirs ont soulevé une large émotion ces dernières années. Enfin, le désarroi de nombreux éleveurs devant la difficulté à vivre de leur travail a mis en lumière les défaillances et dysfonctionnements des chaînes de valeur de ce secteur.

Notre objet n’est pas de condamner en soi la consommation de viande. Mais tout plaide pour que soit recherché un nouveau compromis entre nos traditions alimentaires et nos impératifs sanitaires, environnementaux et économiques. Ce nouvel équilibre commande une réduction quantitative et une amélioration qualitative de la viande que nous consommons. L’objet de ce rapport est de passer en revue les arguments qui plaident en faveur de ce nouvel équilibre, de fixer un cap à la transition alimentaire qu’il convient d’amorcer et de formuler des pistes d’action pour progresser dans cette direction. Il nous semble plus précisément que, dans les deux ou trois décennies qui viennent, nos objectifs sanitaires et environnementaux commandent que l’on divise par deux notre consommation de chair animale et que l’on inverse la part des protéines végétales et des protéines animales dans l’ensemble de nos apports en protéines. Pour y parvenir, plusieurs leviers pourront et devront être actionnés. Et notamment : la promotion des protéines végétales par les organismes publics de recommandations alimentaires et sanitaires, la mention visible des modes d’élevage et d’abattage sur les produits à la vente, une meilleure valorisation des végétaux par les signes officiels de la qualité et de l’origine (SIQO), une politique de restauration scolaire plus ouverte aux plats végétariens, la formation des cuisiniers et personnels de restauration, l’information et la formation des parents, le contrôle des distributeurs alimentaires dans les lieux publics et collectifs, le développement des primes herbagères agro-environnementales et des aides à la conversion à l’agriculture biologique, le financement des secteurs les plus prometteurs de la FoodTech… Ce ne sont pas les idées qui manquent pour cheminer sans tarder vers une alimentation durable.

  • Dalibor Frioux, consultant et écrivain
  • Antoine Hardy*, ancien responsable du pôle « Société » de Terra Nova
  • Thierry Pech, Directeur général de Terra Nova
  • Matthieu Vincent, fondateur de DigitalFoodLab

Source : Terra Nova

Lire le rapport dans sa totalité : Cliquez-ici

Photo : Évolution de la consommation de viande dans le monde en millions de tonnes 1961-2011

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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