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Soraya Hocine, Serai-je vivant demain plutôt qu’aujourd’hui ?

 Soraya Hocine
© Soraya Hocine

Soraya Hocine est photographe indépendante. Elle vit et travaille entre la Lozère (région Languedoc-Roussillon) et Paris. Depuis plus de 10 ans, elle collabore régulièrement avec la presse, Le Monde 2, Télérama, Beaux-Arts magazine…, tout en poursuivant ses travaux personnels. Son travail photographique a été exposé en France et en Europe et fait l’objet d’acquisition dans des collections publiques et particulières.

Parmi ses projets, on peut noter : Créatures de cabaret – femmes du Lido est exposé au Printemps Haussman à Paris pour les 60 ans du Lido (2006). Youth to be, est exposé à la Biennale d’Art contemporain de Condroz – Belgique – 2009.

Elle participe en 2010 à l’exposition collective « Choses lues, choses vues » à la BNF. En 2012, avec « A propos d’Ana », elle est finaliste de la Bourse du talent #50 dans la catégorie portrait. Ses derniers travaux sont présentés dans des festivals prestigieux, « Encontro da Imagem » à Braga, Images Singulières à Sète, Les Boutographies à Montpellier, les nuits de la chaux, Circulations, Les nuits de Pierrevert…

Soraya Hocine se définit comme une artiste narrative. Ses premiers travaux trouvent leur origine dans des réalités sociales nourries par la dimension accidentelle et improbable de ses rencontres. Des histoires simples et ordinaires qui traitent de l’identification, de l’intime et de vulnérabilité. La question de l’altérité pourrait être l’un des fils rouges de ses premières réalisations. En avril 2011, suite à un événement dramatique, elle s’installe en Lozère. Son travail prend alors une dimension plus plastique à travers une recherche artistique plus affirmée qui part de l’intime et s’inspire assez largement de son nouvel environnement.

La photographie devient le miroir d’une nouvelle quête ; réflexion sur soi et sur l’identité par l’utilisation notamment de l’autoportrait. Elle met en scène son propre corps, dévoile son intimité, s’empare de cette nature sauvage pour écrire une fable poétique, un récit féérique où se dévoile des êtres vulnérables emprunt de sensibilités.

Avec « Serai je vivant demain plutôt qu’aujourd’hui », Soraya Hocine plonge au coeur d’un entre deux fictionnel où les corps et les murs se fondent et se confondent dans un labyrinthe d’histoires enfouies au coeur de l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban.

Soraya Hocine

Face à un événement dramatique à Paris, je suis venue en région Lozère chercher une réflexion sur moi en utilisant la photographie. C’est le commencement d’un entre deux, un besoin informel d’examiner mon moi intérieur ….

Je ne connaissais pas l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban/Limagnole avant de venir m’installer en Lozère. Je m’y suis rendu pour la première fois en mars 2012. J’appréhendais cette visite, car la représentation que j’avais de l’aliénation dans un hôpital psychiatrique ne me mettait pas à l’aise. Je ressentais une inquiétude face à l’inconnu, la peur de me perdre. Je ne sais pas ce qu’est un fou, je ne c’est pas ce qu’est l’aliénation, mais je sais ce que peut être la singularité chez l’Homme. « Le Peigne », c’est le nom donné au pavillon qui ne sera plus en septembre prochain (2012). Un lieu vide et sourd qui laisse encore paraître des traces indélébiles d’une certaine aliénation vécue. Cette immense bâtisse à grande fenêtre et sans grâce m’a donné le sentiment du temps qui semble s’être arrêté. Mon imaginaire perçoit la présence de corps sans nom déambulant dans les couloirs sans fin ; une empreinte du passé. La lumière de cathédrale, pesante, leur donne un aspect fantomatique. L’aliénation n’a pas de visage, ni d’âge et de sexe.

Je choisis mes poses en fonction des détails de l’intérieur. Mon corps se confond avec les murs donnant une impression de se fondre dans la bâtisse en ruines. Je ne fais plus qu’un avec la structure délabrée et je prends plaisir à devenir l’objet de présence d’un entre-deux. Je jouis de me perdre dans la maison sinistre tout en contemplant mon égarement, une certaine évanescence m’envahit je cherche la perte de l’identité.

Ces autoportraits, ces images de mon propre corps parfois nue, décrivent une certaine vulnérabilité. Me connaître, me reconnaître, me réapproprier mon corps, mon image, tel un aliéné… Soraya Hocine

  • Exposition du 14 juin au 4 octobre 2013

Le Château
Rue de l’hôpital
48120 Saint Alban sur Limagnole
Ouvert du lundi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h
www.ot-saint-alban-sur-limagnole.fr

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