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Run, The Homesman, Respire en course à Cannes

Voilà que le Festival bat son plein. Un soleil radieux s’expose sur toute la croisette pour le plus grand plaisir des festivaliers et des touristes / locaux venus profiter de la douceur de vivre de « Cannes 2014 ». Le rythme frénétique des séances qui s’enchaînent est à son apogée, pour mon plus grand plaisir, et je viens vous parler ici des quatre derniers films visionnés avant mon retour à Paris. C’est en effet depuis le train que je vous écris ces lignes. Retour donc sur la suite et fin de cette belle aventure et parenthèse cannoise.

Je vous ai donc laissé hier en bonne compagnie, avec le beau souvenir d’Yves Saint Laurent, bel et bien revenu à la vie sous l’œil de Bertrand Bonello, cinéaste précis, rigoureux et artiste.

La suite de cette journée fut « peuplée » de déceptions cinématographiques sans pour autant pouvoir affirmer qu’il s’agissait là de films ratés. Mon but n’est en aucun cas de « brosser quiconque dans le sens du poil » mais force est de constater que la sélection proposée regorge de films de qualités, soignés. Si j’ai été déçue donc par quelques films, je dirais qu’il s’agit donc plus d’une question de goûts personnels et de subjectivité.

J’ai donc vu Run, présenté dans le cadre d’Un Certain Regard. Ce film ivoirien évoque le parcours de Run, un jeune homme surnommé ainsi pour avoir du s’enfuir à maintes reprises au cours de sa vie. Ce film évoque la construction d’un homme à la recherche de sa stabilité aussi bien morale que physique. Ce film réalisé par un jeune réalisateur ivoirien a pour but de montrer la réalité d’un pays gouverné par la terreur et le conservatisme. Le film joue sur divers codes au travers d’une sorte de flash back qui revient au point de départ pour nous expliquer le parcours du personnage principal, recherché pour avoir tué le premier ministre. L’idée est assez intéressante mais n’a jamais vraiment réussi à m’emporter.

Il en va de même pour Les merveilles, film italien présenté en compétition officielle réalisé par une toute jeune première. L’histoire évoque la vie d’une famille d’apiculteurs sans le sous vivant dans une ferme excentrée de la ville. Le pseudo équilibre familial va se briser en miettes lorsque l’ainée de la famille va inscrire sa tribu à une émission de télé présentée par Monica Bellucci (dans les grandes lignes !). Mis à part quelques – trop courts – moments de grâce, je dois vous avouer que je ne suis jamais entrée dans cette histoire non plus. A aucun moment je n’ai été touchée ou même concernée par le sort de cette famille. Le rythme est bien trop lent à mon goût pour, au final, ne pas découler sur un final grandiloquent. Je me suis perdue en route en fait. Je serai curieuse de lire les avis sur ce film afin de voir si d’autres ont eu, eux, une belle récolte !

Ce dimanche fut tout autre ! Même si l’heure matinale des projections presse (8h30) commençait à avoir raison de ma bonne forme physique (j’en rajoute ne vous en faites donc pas) c’est avec un enthousiasme certain que je me suis rendue à celle du western de Tommy Lee Jones (TLJ) présenté en compétition officielle. The homesman, c’est le titre du film, est une ode féministe qui évoque le courage, l’endurance et la volonté des femmes.

Les westerns, ce n’est pas ma tasse de thé mais TLJ, je ne sais trop pour quelle raison, mais il me touche. Il me parle. Je sens qu’il a des choses à nous dire sur l’humain. Je ne me trompais pas, il le prouve ici avec ce second film (5 ans après Trois enterrements).

Le film raconte l’histoire de Mary Bee Cudy (décidemment sublime Hilary Swank), institutrice du village désignée volontaire pour accompagner trois femmes ayant perdu la raison pour diverses raisons familiales, auprès d’un pasteur méthodiste qui pourrait les soigner. La route est longue sur les terres de l’ouest américain, longue et dangereuse – d’autant plus pour une femme aussi caractérielle et « rude » puisse t-elle être. C’est la raison pour laquelle Mary Bee va offrir à ce George, (TLJ himself) repris de justice condamné à mort, la possibilité de l’accompagner contre récompense financière.

S’en suit donc cette longue route qui leur offrira, à chacun, la possibilité de se dévoiler, de se connaître, de s’apprécier. TLJ est excellent et touchant en bougre bougon mais l’important n’est pas là.

Il offre à Hilary Swank un magnifique rôle de femme à contre temps de sa société (célibataire à 31 ans Oh mon Dieu !). Une femme rendue forte et dure par la difficulté de son statut social et par la vie, impitoyable et « morne » sur ces terres de l’ouest américain. La musique est sublime et m’a tiré quelques larmes dès la première minute du générique, les paysages sont, vous l’imaginez, incroyables de force et fragilité à la fois : n’importe qui peut surgir de cet horizon incertain. Une belle, très belle, métaphore de la vie et du courage. Il semble donc que j’avais vu juste : la femme occupe une place centrale dans cette sélection cannoise.

THE HOMESMAN bande-annonce

Mélanie Laurent, présente à la semaine de la critique pour projeter son second film Respire n’est pas là pour nous contredire. Elle réussit le pari de filmer la fin de l’adolescence (17-18 ans) avec brio. Son film raconte l’histoire d’une amitié toxique et anéantissante. Sans vous dévoiler le dénouement bien évidemment, j’aurais préféré à cette fin tragique, un rebondissement plus positif. Comprenez, j’aurais aimé que les deux jeunes femmes parviennent à un équilibre au sein de cette amitié et s’en trouvent enrichies. Mais je ne suis pas là pour refaire l’histoire et je vous dirai donc simplement la douceur et la puissance avec laquelle Mélanie Laurent filme ses jeunes actrices. Elle parvient à trouver le point juste pour évoquer cette difficile période qu’est l’adolescence, seuil d’un manque de repères parfois, et de confiance en soi, toujours. Le film trouve sa force dans la qualité du traitement de son propos. L’amitié, à tout âge de la vie bien évidemment, mais particulièrement, je pense, à l’adolescence, est un des piliers de la construction de l’adule que l’on est en passe de devenir. L’amitié est primordiale et joue un rôle clé dans ce que l’on pourrait qualifier de « modèle » ou miroir ou encore « double ». En ce sens, l’amitié participe grandement de la construction de l’individu. Et cela, Mélanie le filme sacrément bien.

RUN

Et c’est ici que s’achève mon périple cannois. C’est avec un plaisir réel que j’ai partagé avec vous mon humble avis sur les films projetés cette première semaine. La compétition se poursuit la semaine prochaine, je ne manquerai pas de suivre cela de très près. Restez connecté si vous voulez tout savoir de Cannes 2014 !

Barbara Govaerts à Cannes pour artsixmic

RUN

Date de sortie : 12/12/2014

Run s’enfuit… Il vient de tuer le Premier ministre de son pays. Pour cela il a dû prendre le visage et les vêtements d’un fou, errant à travers la ville. Sa vie lui revient par flashes; son enfance avec maître Tourou quand il rêvait de devenir faiseur de pluie, ses aventures avec Gladys la mangeuse et son passé de milicien en tant que Jeune Patriote, au coeur du conflit politique et militaire en Côte d’Ivoire. Toutes ses vies, Run ne les a pas choisies. A chaque fois, il est tombé dedans en s’enfuyant d’une ancienne vie. C’est pour ça qu’il s’appelle Run.

Réalisé par Philippe Lacôte Avec Abdoul Karim Konaté, Isaach de Bankolé, Rasmane Ouedraogo

THE HOMESMAN

Date de sortie : 21/05/2014

En 1855, trois femmes ayant perdu la raison sont chassées de leur village, et confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route vers l’Iowa, là où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de Georges Biggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s’associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

Réalisé par Tommy Lee Jones Avec Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Meryl Streep

RESPIRE

Sortie le 12 Novembre 2014

Charlie, une jeune fille de 17 ans. L’âge des potes, des émois, des convictions, des passions. Sarah, c’est la nouvelle. Belle, culottée, un parcours, un tempérament. La star immédiate, en somme. Sarah choisit Charlie.

Réalisatrice : Mélanie Laurent Actrices : Lou de Laâge, Joséphine Japy, Isabelle Carré, Claire Keim Production déléguée : Move Movie Genres : Fiction Voir aussi sur artsixmic : Les premières pépites de Cannes 2014

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