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Rufus « les Jaillissantes » au funambule Montmartre

les jaillissantes

Rufus se met à nu et nous propose de lever le voile sur un mystère pour le moins troublant … celui de  » l’effet source « , qui qualifie les femmes de fontaine. Comment éclaircir un phénomène que même la médecine n’explique pas ? Pourquoi une société dite  » transparente  » mystifie-t-elle encore le sujet ? Comment permettre à toutes ces femmes nombreuses mais isolées de s’exprimer ? Dans son spectacle  » Les jaillissantes « , Rufus décide de prêter sa voix à toutes ces femmes, issues de différentes cultures, dont les témoignages ont été recueillis par le psychosociologue Jacques Salomé. Des mots chuchotés par un homme disent enfin avec légèreté et tendresse cette part d’indicible effectivement jamais prononcée. Les propos sont touchants, la démarche utile. La lettre de Rufus ici en pièce jointe vous en dira davantage sur ses intentions.  » Les jaillissantes « , prolongement évident des « Monologues du vagin », est actuellement programmé au Funambule du mercredi au samedi à 21H30.

Celui qui détestait les femmes et celui qui ne les détestait pas. 

« ma jaillissante ! » c’est le surnom qu’un amoureux avait donné à sa bien-aimée, laquelle était dotée de cette incroyable capacité d’être une femme fontaine. J’ai trouvé cette anecdote dans un recueil de 320 témoignages édités sous le titre de L’effet source, collectés par le psychosociologue conférencier Jacques Salomé. Ce livre m’a bouleversé à l’heure où ma libido était au point mort et où je pouvais réfléchir aux histoires de sexe avec désinvolture. C’est un ancien obsédé sexuel qui vous parle.

J’ai fait une vingtaine de lectures publiques de ces lettres intimes et émouvantes. Puis au fil des représentations, une trentaine de témoignages m’est parvenue autour de ce sujet tabou. Pas moyen de faire de l’humour sur ce sujet réservé à une certaine pornographie. Pas de soutien de la médecine qui n’en dit rien. La religion qui déjà ne porte pas les femmes en haute estime ne l’évoque que très brièvement mais en latin. Quant à ma mère, elle ne m’en a jamais parlé.

Je ne suis pas arrivé tout de suite au spectacle seul en scène. Pendant un temps j’ai essayé de mettre en scène ces lettres en les faisant dire par des femmes. Une danseuse et une comédienne chanteuse. Mais après deux mois de travail j’ai rendu mon tablier : la tristesse qui m’avait gagné était insupportable.

Point mort.

Une jeune femme metteur en scène m’a sorti de là. « Le sujet de ton spectacle c’est justement ton émotion d’homme face à cet effet source. C’est comme les monologues du vagin sauf que c’est un dialogue : il y a une homme là.

Tu dois reprendre le travail et les jouer toi-même ces témoignages. Ça c’est ton sujet ! » Alors je suis parti de nouveau en guerre, je dis bien guerre, car vous n’imaginez pas la résistance que peut susciter cette entreprise. Nous sommes en pays Taliban.

Les producteurs se sont désistés, puis les directeurs de théâtre, l’éditeur a multiplié les entraves, le métro a refusé mon affiche jugée impudique. On m’a dit : qui êtes-vous Don Quichotte ou Pervers Pépère ? Je n’ai pas encore donné ma réponse. Je la cherche.

Bref je me suis tourné vers trois personnes magnifiques qui ont cru dans le projet, et me voici dans une petite salle rouge et or de 100 places le FUNAMBULE DE MONTMARTRE théâtre spécialisé en équilibristes sur le fil et autres audaces imprévues.

Sandra et Julien, le couple de directeurs, ont partagé ma quête. J’ai sollicité une jeune femme Manon Rony qui s’est proposée de diriger la mise en bouche de ces textes impossibles. Kadidja, une jeune femme malgache, m’a soutenu de son énergie militante. Quant au photographe subtil Philippe Rony, il m’a donné son tableau : La petite bourgogne pour en faire l’affiche impudique rebaptisée « l’arbre qui cache l’euphorie » ci-joint.

Sur ces entre- faits m’est arrivée une autre proposition de théâtre : MUR d’Amanda Sthers. Le personnage du colonel qui déteste tout le monde et surtout les femmes allait boucler l’affaire sur le plan financier, l’argent que je gagnerais en détestant les femmes allait me servir à les aimer. Mais pas seulement, c’est aussi un point de vue plein de tendresse sur les méchants hommes dont je fais partie.

J’ai décidé de jouer les deux chaque soir : MUR à 19h, Les Jaillissantes à 21h30. Rufus

  • Auteur : Rufus, Jacques Salomé
  • Artiste : Rufus
  • Metteur en scène : Jacques Narcy, Manon Rony

Le funambule Montmartre

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