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Reza « Chants de Café », portrait-reportage sur un photoreporter

Reza
Reza – Photo by Jean Marc Lebeaupin

Sur les berges de la Seine, 100 photos monumentales du grand photoreporter Reza Deghati rendent hommage au travail quotidien des fermiers de café. Visible jusqu’au 8 septembre, l’exposition intitulée « Chants de Café » célèbre les 10 ans du programme Nespresso AAA pour une qualité durable.

Greenwashing (stratégie marketing d’éco-blanchissement) et/ou vocation altermondialiste

Le partenariat entre Nespresso et Reza ne s’est pas fait tout seul et sans question. En effet, le photographe, avant tout journaliste, a souhaité mener sa propre enquête avant d’accepter de réaliser le reportage. Il voulait constater de ses propres yeux si oui ou non Nespresso offrait une meilleure qualité de vie à ses ouvriers agricoles. Après 4 mois passés sur le terrain, Reza est forcé de reconnaître que le groupe Nespresso contribue bel et bien à améliorer les conditions de travail dans les fermes en les équipant convenablement. Il réalise alors une série de portraits et immortalise le quotidien des petites mains à l’origine de la 2ème denrée la plus échangée au monde.

Réveiller les consciences

À travers son travail, Reza espère marquer les esprits et réveiller les consciences occidentales. Difficile en effet d’échapper aux portraits gigantesques qui jalonnent la Seine : «Ils permettront à chacun de voir dans son café quotidien le visage de l’être humain qui y a contribué».

Un conteur au service de l’humanité

Voilà des années maintenant que le photoreporter franco-iranien sillonne la terre pour témoigner à la fois de la misère et de la beauté de l’humanité. Malgré les nombreux prix qu’il a remporté dont le Word Press Photo Award 1983, Reza ne se considère pas comme un photographe mais plus comme un conteur. Pour lui l’appareil photo est un simple outil qu’il met au service de sa pensée, de son engagement. Très impliqué dès l’âge de 14ans, il utilise d’abord la peinture pour partager ses revendications contre la politique du Shah. Les idées sont bien là mais son coup de pinceau ne parvient pas à les illustrer, heureusement un autre moyen s’offre à lui: l’appareil photo. Dès lors, il photographie la pauvreté et la violence qui sévissent dans son pays et publie un journal intitulé Parvaz (l’envol) dans son lycée. Ses clichés contestataires lui vaudront d’être poursuivi par la police politique une première fois mais rien ne l’effraie. Étudiant en architecture, il persévère en affichant clandestinement ses photos sur les grilles de son université. Il est emprisonné à 22 ans pour 3 ans et torturé pendant 5 mois. En 1979, il est engagé par l’agence Sipa Press et Newsweek pour couvrir la Révolution iranienne. Deux ans plus tard, ses photos dénonçant la République islamique le contraignent à l’exil. Il se refugie à New York puis s’installe à Paris et travaille pour Time Magazine, Stern, Newsweek, Geo, Paris Match, National Geographic.

Interview, Rencontre avec Reza

AINA : ONG pour la paix

En 2001, Reza fonde avec l’aide du National Geographic Fellow, Aina, une ONG vouée à former les femmes et les enfants afghans aux techniques de l’information. Reza est convaincu que cet apprentissage par le peuple est nécessaire pour construire une société libre et instaurer la paix. Aina est une façon de médiatiser équitablement la situation afghane et de donner la voix aux premiers concernés tout en favorisant la promotion des droits de l’homme et de l’unité Nationale. En une dizaine d’année, l’ONG a formé 1000 femmes et hommes dans le domaine de l’information communication, 8 publications ont vu le jour dont 2 magazines féminins et un pour les enfants « Parvaz ». Fier de la réussite d’Aina, qui bénéficie aujourd’hui d’une grande influence dans la société afghane, Reza souhaite exporter l’ONG vers d’autres contrées.

Reza : « Chants de café » reportage

Fenêtres de l’âme

Homme de lumière, homme de voyage, homme d’image, Reza depuis de nombreuse années parcoure le monde pour le raconter au plus grand nombre. Reza fait, comme il l’aime le rappeler,  un travail de journalisme, un travail d’enquêteur, un travail pour marquer en profondeur l’importance des choses et des vies. Curieux comme doit l’être tout photographe qui se respecte, Reza cette année à décidé de faire plus ample connaissance avec le peuple Corse.  REZA à travers 130 photographies grands formats exposées à  la fois à Bastia, Bonifacio et Corte, dans une exposition intitulée « Fenêtres de l’âme« , raconte notre identité et notre universalité d’humain. L’exposition « Fenêtres de l’âme » jusqu’ au 30 septembre 2013.

Reza en Corse « Fenêtres de l’âme » Interview

Elise Jamoteau pour artsixmic

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