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Pour son quatre-vingt-dixième anniversaire, pleins feux sur Sabine Weiss

Course à Auteuil

Photographe d’origine suisse naturalisée française, Sabine Weiss est née à Saint-Gingolph en 1924. Dès son plus jeune âge, elle éprouve une véritable passion pour la photographie. « Petite je faisais déjà des tirages par contact dans des petits châssis de bois que je plaçais sur ma fenêtre et que je fixais au sel de cuisine ! ».

Soutenue par son père, elle se lance à 17 ans dans des études photographiques auprès de Frédéric Boissonnas, photographe de studio à Genève. De 1942 à 1949, elle s’initie et apprend à maîtriser tout le matériel qui nous paraît aujourd’hui si désuet et archaïque. « C’est là que j’ai appris la technique de l’éclairage, la retouche, la pratique des chambres en bois 18×24 et 24×30. Je faisais de tout : les tirages, les glaçages, la fabrication des bains et les livraisons chez les clients ».

Ayant obtenu son diplôme, elle exerce quelques temps dans son propre studio, puis part définitivement pour Paris. Après avoir photographié la capitale dans l’ambiance de l’après-guerre, elle devient l’assistante du célèbre photographe de mode Willy Maywald, elle n’a alors que 28 ans. « Quand je suis venue à Paris, j’ai pu travailler chez Maywald à qui un ami m’avait recommandée. J’y ai travaillé dans des conditions inimaginables aujourd’hui, mais avec lui j’ai compris l’importance de la lumière naturelle. La lumière naturelle comme source d’émotion ».

En 1949, lors d’un voyage en Italie, elle rencontre son futur époux Hugh Weiss, c’est aussi l’époque où elle prend la décision de s’installer à son compte. et à partir de l’année suivante, elle signe avec le magazine Vogue un contrat qui durera 9 ans, et est représentée par l’agence Rapho, première agence de presse française qui gère également le travail de Willy Ronis, Edouard Boubat et Robert Doisneau  ce dernier disant d’elle : : « Les scènes, en apparence inoffensives, ont été inscrites avec une volontaire malice juste à ce moment précis de déséquilibre où ce qui est communément admis se trouve remis en question ».

Sabine se lie d’amitié avec des personnalités en vue du milieu artistique comme Jean Cocteau, Maurice Utrillo, Georges Rouault et Jacques Henri Lartigue qu’elle apprécie tout particulièrement, partageant avec lui l’amour de l’humanité et une attirance pour les visions intimes de la vie, la vie dans le quotidien où poésie et observation sociale s’entremêlent. C’est aussi l’époque où Charles Rado de l’agence Rapho qui apprécie le travail de la photographe, l’introduit auprès de plusieurs revues américaines pour lesquelles elle travaillera pendant longtemps : : Time, Life, New York Times, Newsweek, Town & Country, Fortune, Holiday, European Travel & Life, Esquire. Dès 1954 elle est exposée aux Etats-Unis : à l’Art Institute de Chicago, au Walker Art Center de Minneapolis, au Bard College, à la Limelight Gallery de New York, au Nebraska Art Center de Lincoln, et en Allemagne à l’occasion de l’exposition « Subjective Fotografie » d’Otto Steinert.

Photo : Course à Auteuil, Paris, 1952 © Sabine Weiss

Salon Photo 2014

salon photo 2014

sabine weiss

Enfin elle parcourt le monde en tant que photojournaliste, et en rapporte de nombreux clichés et assiste à l’ouverture de la maison Dior et à la présentation de la première Collection au 37 avenue Montaigne.

Ces dernières années ont été consacrées à des expositions où elle cherche à mettre en valeur son œuvre humaniste à laquelle elle demeure très attachée. « Lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, je voudrais tout incorporer dans cet instant pour que s’exprime avec un minimum de moyen l’essentiel de l’homme. », « Mes photos (…) expriment un certain amour que j’ai pour la vie ».

Sabine Weiss , c’est des expositions de part le monde et des commandes pour la presse ou pour le plaisir, sa présence aux Rencontres d’Arles, beaucoup de succès, une quarantaine d’ouvrages, le titre. d’officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres en 1999, la Légion d’honneur en 2010 remise par Frédéric Mitterrand, et c’est pourtant une artiste empreinte de discrétion et peu connue du grand public.

Sabine Weiss n’aime pas qu’on dise d’elle qu’elle est une artiste car à travers ses photos elle ne veut pas créer mais être le témoin des injustices, de l’amour, garder des preuves du hasard dans la discrétion et la sobriété.

Le travail de Sabine Weiss c’est du noir et blanc avec de la lumière, une atmosphère enveloppant un dialogue intimiste avec ses sujets mais aussi avec son appareil, le tout dans un cadrage de haute précision ; Sabine Weiss a fait de la photographie un mode de vie, son mode à elle pour notre plus grand bonheur à nous.

Les photographies de Sabine Weiss font partie des collections les plus prestigieuses, Museum of Modern Art de New York, de Kyoto, Metropolitan Museum of Art, Art Institute of Chicago, Musée de l’Elysée à Lausanne, MEP, Centre Georges Pompidou, Kunsthaus de Zurich, Musée Carnavalet et Musée français de la Photographie.

Sabine Weiss

LA RÉTROSPECTIVE SABINE WEISS ET L’HOMMAGE DU SALON DE LA PHOTO EN 3 TEMPS FORTS

Exposition de plus de 100 photographies s’inscrivant dans le registre humaniste de Sabine Weiss, fêtant ses 90 ans et étant l’un des événements marquants de ce salon de la photo. Une sélection de portraits, plus rarement montrés, seront présentés, ceux que Sabine Weiss a fait de ses amis artistes, peintres, sculpteurs, écrivains qu’elle a fréquentés en compagnie de son mari le peintre Hugh Weiss.

Une vidéo inédite de Stéphanie Grosjean nous permettra de visiter les archives personnelles de la photographe et de mieux appréhender sa conception personnelle du métier. « J’ai choisi la photographie comme métier aussi bien pour son aspect technique qu’artistique. Je réalisais tous les travaux de commande avec plaisir, courage, angoisse et satisfaction. Mais mes photographies prises sur le vif étaient ce qui me touchait réellement dans la vie ».

Moment émouvant, le Salon de la photo a demandé à 9 photographes de rendre hommage à Sabine Weiss en réalisant une photo à partir d’un de ses clichés de leur choix, chaque photo correspondant à une décennie de vie de l’artiste.

Leurs 9 photographies seront exposées en regard de celles qui les auront inspirées. Puis le Salon de la Photo offrira à la Maison Européenne de la Photographie, pour entrer dans sa Collection, le portfolio anniversaire composé de ces photographies signées de, dans l’ordre des prénoms : Catalina Martin-Chico, Cédric Gerbehaye, Florence Levillain, Jean-Christophe Béchet, Marion Poussier, Mat Jacob, Philippe Guionie, Stéphane Lavoué, Viviane Dalles.

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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