Polluants d’hier et d’aujourd’hui : un même filtre, nos poumons – une exposition inédite de dessins de Sem et de Gus Bofa

Sem

Affichiste, caricaturiste, chroniqueur mondain, illustrateur et écrivain tardif, Sem est aujourd’hui dans une exposition inédite de ses dessins à la Maison du Poumon. 

À l’occasion de son 100ème anniversaire, la Fondation du Souffle présente une exposition inédite de dessins de Sem et Gus Bofa. Illustrateur et caricaturiste du début du XXème siècle, Sem fut également correspondant de presse durant la Grande Guerre. Il a, à sa façon, témoigné de la vie des tranchées. Lithographies, aquarelles, gravures, articles de presse…le visiteur découvrira un extrait de son œuvre qui rend hommage à une génération de soldats souvent partis « la fleur au fusil » ! Derrière une apparente légèreté de ton, on devine le bruit des canons et l’odeur des gaz. Rappelons que ceux-ci ont constitué une arme chimique redoutable, dont les médecins découvriront avec frayeur l’extrême nocivité.

Sem et Bofa ?

Affichiste, caricaturiste, chroniqueur mondain, illustrateur et écrivain tardif, Sem inaugure en 1900, une carrière parisienne qui se prolonge aujourd’hui dans des salles de vente à New-York ou au Japon. Il est né à Périgueux en 1863 et mort à Paris en 1934. Toute sa vie, Sem a donné des réponses graphiques à des situations de communication diverses, qui vont de la presse à la publicité en passant par la création d’albums qui seront sa marque de fabrique. De ce point de vue, il appartient entièrement à son époque qui tente de faire une synthèse des arts et de concilier industrie et expression artistique. Sem devient parisien en 1900, il a 37 ans et maîtrise parfaitement son style ; sa signature est fixée, Georges Goursat est devenu Sem. Il met en place une représentation synthétique très lisible : aplats de couleur cernés de noir, utilisation de fonds colorés avec personnage en premier plan, forment un vocabulaire efficace et esthétique. La presse est le passage obligé de tous les dessinateurs. Après Périgueux, sa ville natale, Bordeaux, et Marseille, où il livre aux journaux les figures locales, femmes et hommes ‘‘de peu’’, travailleurs des rues, ‘‘messieurs du barreau’’, Sem se confronte à la vie parisienne. Autodidacte, c’est son succès auprès des lecteurs et l’engouement des albums bordelais qui lui donnent légitimité pour poursuivre son chemin. Il profite de l’âge d’or de la caricature et apporte une caution esthétique au genre défini comme un “art sans art”. Sem embarque dans l’effervescence, de l’exposition universelle de 1900.

Gus Bofa -1883/1968 – était un fervent admirateur de Sem. Grièvement blessé en décembre 1914, il reprend très vite ses crayons dans le journal « La Baïonnette ». La paix revenue, entre autres activités, il remet en selle ses amis dessinateurs rescapés de la guerre en les exposant entre 1920 et 1930 sur les cimaises du Salon de l’Araignée (Paris). Le Salon accueillera également des artistes de grand renom, tel Sem, illustrateur et écrivain visionnaire, il a donné forme à toutes les peurs annonçant avant l’heure le péril écologique.

En marge de l’exposition « Polluants d’hier et d’aujourd’hui : un même filtre nos poumons », la Fondation du Souffle propose une journée d’échanges au Palais du Luxembourg le 1er décembre (salle Monnerville). Animées par différents intervenants, historiens, chefs d’entreprises, chercheurs, scientifiques, philosophes, artistes… ce colloque reviendra sur plusieurs thèmes.

Photo : Sem, album de guerre (1917) ©Sem

Informations pratiques

Gus Bofa, la Baïonnette N° 127 (1917) – Les amateurs de spectacle ©Marie-Hélène Grosos – ADAGP
  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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