Philippe Ayi Koudjina : Adieu l’Artiste

Philippe Ayi Koudjina

Philippe Ayi Koudjina, photographe nigérien connu pour ses célèbres clichés de la jeunesse de son pays après la déclaration d’indépendance, vient de s’éteindre le 29 mai dernier à l’âge de 74 ans.

Spécialiste des photos qu’il réalisait lors de ses ballades nocturnes, il a non seulement photographié, dans les boîtes de nuit, les jeunes de son pays à l’époque où la joie et la liberté régnait au Niger, mais aussi les militaires et parachutistes français qui y étaient basés . Ses photos ont scellé des moments inoubliables.

Philippe Koudjina était né en 1940 de parents originaires du Bénin ; très vite il se passionne pour la photo, devient reporter photographe dans les années soixante et ouvre un studio en 1972 où il se concentre sur le travail en noir et blanc. Photographe attitré de l’armée française il devient très vite LE photographe vedette de son pays, sollicité de toute part.

Il saisit les moments importants, ceux que tout le monde veut conserver en mémoire : les mariages, les baptêmes, les têtes à tête amoureux, les musiciens en train de jouer, les sauts de parachutistes, le bras de fer avec Johnny Hallyday, Maria Callas…et lui-même grâce à son retardateur, en train de danser avec ses amis. Tout le monde l’aime, recherche sa compagnie enjouée, et l’appelle pour être photographié, que ce soit des politiques, personnalités et vedettes de passage. Mais encore plus que ses photos, c’est son extraordinaire joie de vivre, son entrain et son côté humain qui marquent ceux qui le rencontrent.

Mais la fête s’est achevée avec les difficultés du pays en 1970. La chute du cours de l’uranium et plusieurs sécheresses successives plongent le Niger dans le déclin ; de plus, la concurrence des appareils photo bon marché et le développement de laboratoires automatiques ont accéléré la perte de son statut de photographe incontournable. Après avoir vécu de façon aisée, Philippe Koudjina doit vendre ses appareils pour survivre et plonge au début des années 2000 dans la mendicité. Il conserve chez lui, dans une armoire, des milliers de négatifs en gélatine noir et blanc 6×6 et son vieux Rolleiflex hors d’état de marche.

Avec le temps, lui aussi a du mal à marcher, puis ses yeux finissent pas sombrer dans l’obscurité. Il vit de souvenirs, ses souvenirs qui ont fait de lui le principal témoin de toute une époque et qui en laisse d’innombrables témoignages.

Philippe Koudjina a été exposé pour la première fois à la MEP (Maison Européenne de la Photographie) à Paris en 1998 et son exposition « L’Afrique par elle-même » a été présentée dans le monde à à Sao Paolo, Cape Town, Bamako, Berlin, Londres, Washington, New York, Bologne, Tervuren, Porto) où son talent a été révélé internationalement, avant sa rétrospective aux Rencontres de la Photographie de Bamako en 2001. Par la suite l’association Contrechamps a réalisé plusieurs expositions en France.

Ce grand photographe vient de s’éteindre cette année ; La photo et la vie ont été ses passions, il a photographié la vie et donner vie à son art, et ce dernier l’a rendu célèbre dans le monde entier.

Philippe Koudjina, Les chauffeurs du l'Hôtel Terminus, Niamey, Niger ca. 1965

Philippe Koudjina, Les chauffeurs du l'Hôtel Terminus, Niamey, Niger ca. 1965

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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