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Nobuyoshi Araki en Polanography

Nobuyoshi Araki, 'Polanography', 2016, two Polaroids cut in the middle and attached, 10.8x8.9cm, Unique, Unframed

La galerie &co119 du  8 avril au 25 juin, présente l’exposition « Polanography » des photographies de Nobuyoshi Araki en parallèle avec la grande rétrospective de l’oeuvre d’Araki au Musée Guimet. L’exposition présentera 132 pièces réalisées à partir de Polaroids, une technique qui a joué un rôle majeur dans la pratique de l’artiste.

Pour cette exposition, Araki a choisi d’utiliser ses photographies comme matière première. En coupant une série de ses Polaroids en deux pour pouvoir assembler de nouvelles images composées, Araki crée une série d’images hybrides oscillant entre les thèmes centraux d’Eros et de Thanatos (la mort) si importantes dans son oeuvre. Ces « polanographies » explorent la forme féminine de manière surprenante, en combinant les corps et les perspectives.

Le titre de la série, « Polanography », illustre aussi le penchant d’Araki pour les jeux de mots. Le titre est une contraction de « Polaroid » et de « pornographie », une construction qui est phonétiquement très similaire à la prononciation du mot « pornographie » en japonais. Comme les images elles-mêmes, Araki a inventé le terme « polanography » en découpant et en recomposant ces deux termes pour donner un sens nouveau.

Ce désir de modifier l’objet photographique est présent dans plusieurs séries récentes de l’artiste : des images partiellement noircies dans la série « Love on the Left Eye » suite à la perte partielle de sa vision jusqu’aux négatifs rayés des images réalisées après les catastrophes nucléaires de Fukushima en mars 2011.

Les titres alternatifs attribués par Araki à cette série de Polaroids hybrides, « Arakiri » et « Kekkai », révèlent aussi l’importance que l’artiste accorde à la tradition, des pratiques de bondage traditionnelles du kinbaku aux représentations du sexe et du corps féminin dans le shunga, l’art érotique japonais du XIXe siècle.

« Arakiri », une contraction de Araki et de hara-kiri – qui se traduit littéralement par couper le ventre – se réfère à la pratique rituelle du suicide par éventrement pratiqué par les samouraïs japonais. Traditionnellement réservé aux hommes, avec ces images Araki transpose la pratique à la femme, en resituant le centre du corps non pas sur l’abdomen, mais sur le sexe. Quant à « Kekkai », celui-ci se réfère à la frontière sacrée créée autour des temples bouddhistes japonais pour séparer le monde profane extérieur du sanctuaire du temple. Araki traduit cette idée à la ligne séparant les deux moitiés de chaque tirage, accentuant l’idée de la confrontation de deux corps, deux instants, deux mondes. L’un des artistes contemporains les plus prolifiques travaillant avec la photographie, avec « Polanography » Araki révèle sa volonté de continuer à développer des approches nouvelles qui restent néanmoins profondément ancrées dans la tradition japonaise.

Nobuyoshi Araki, « Polanography », 2016, two Polaroids cut in the middle and attached, 10.8×8.9cm, Unique, Courtesy of Taka Ishii Gallery
Nobuyoshi Araki, 'Polanography', 2016, two Polaroids cut in the middle and attached, 10.8x8.9cm, Unique, Unframed - 3
Nobuyoshi Araki, « Polanography », 2016, two Polaroids cut in the middle and attached, 10.8×8.9cm, Unique, Courtesy of Taka Ishii Gallery

Photos : Nobuyoshi Araki, « Polanography », 2016, two Polaroids cut in the middle and attached, 10.8×8.9cm, Unique, Courtesy of Taka Ishii Gallery

Informations pratiques

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