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Nicolò Degiorgis : Eurotunnel à l’Institut culturel italien

Nicolò Degiorgis - Eurotunnel

L’Institut culturel italien de Paris, accueille, dans le cadre du Mois de la Photo du Grand Paris 2017, les œuvres de Nicolò Degiorgis.

L’Institut culturel italien de Paris, en collaboration avec Museion – Musée d’art moderne et contemporain de Bolzano, accueille jusqu’au 5 mai 2017, les œuvres de Nicolò Degiorgis, qui a fait des questions de l’immigration et de l’intégration multiculturelle le centre de ses intérêts.

L’exposition Eurotunnel, fruit de la résidence de Nicolò Degiorgis à l’Institut culturel italien de Paris, a pour objet le Tunnel sous la Manche appréhendé comme un espace à la fois matériel et symbolique, à partir duquel l’artiste souhaite réfléchir aux dimensions sociologiques, historiques et philosophiques des frontières nationales et européennes. L’image de la mer est cartographiée et soumise à un processus d’abstraction et, en particulier, la traversée de la mer par les personnes qui migrent vers et à travers l’Europe. Degiorgis occupe l’espace de l’exposition comme si l’un de ses livres hypothétiques avait été ouvert et que son contenu occupait les salles néoclassiques du bâtiment de la rue de Varenne.

En utilisant uniquement des images d’embarcations transportant des migrants, prises sur Internet, Nicolò Degiorgis les prive de leur géolocalisation et des informations concernant la provenance des personnes en voyage, pour les imprimer en petit format. La moitié des images sont converties en négatif, pour obtenir, à partir de la couleur bleue des eaux de la mer, sa couleur opposée, c’està-dire un fond doré. L’artiste transfère la multitude des images prises sur le web – 320.000 au total – sur le sol des deux salles d’entrée de l’édifice, en recréant ainsi dans l’espace réel une mer d’images virtuelles sur lesquelles marche le visiteur et qui passent en dégradé du bleu au doré, sous une voûte céleste de 27 étoiles, une pour chacun des États actuels membres de l’Union européenne. L’installation a pour titre Eurotunnel, référence directe à la galerie ferroviaire de 50 kilomètres de long qui unit la France au Royaume-Uni. Ce tunnel est emprunté par des passagers et des marchandises, alors que la plupart des réfugiés qui essayent d’entrer clandestinement en GrandeBretagne utilisent les transports maritimes. Le ciel d’Europe est la voûte du tunnel et le visiteur de l’exposition est soumis à un voyage qui prend la forme d’un récit par images sur les phénomènes migratoires auxquels il est quotidiennement confronté en tant que lecteur ou que téléspectateur. Mais en même temps, c’est aussi un voyage dans le concept même d’Europe, en partant de ses frontières intérieures. L’exposition se réfère en effet à deux lieux géographiques de passage, fondamentaux pour ceux qui essayent de franchir sans papiers les frontières entre deux États : le passage par voie maritime de Calais, dans le Nord de la France, à Douvres, en Grande-Bretagne, et le passage par voie de terre entre l’Italie et l’Autriche, le col du Brenner. Dans l’exposition de Paris, le premier est représenté par My head under water but still breath fine, un dialogue entre une vidéo tournée pendant une traversée de la Manche en ferry, présentant un renversement continuel entre la terre et la mer, et la photographie prise par Degiorgis dans le camp de réfugiés de Dunkerque, où apparaît l’inscription qui donne son titre à cette œuvre. Le deuxième lieu de frontière est raconté à travers la présentation de ces travaux au Musée Plessi, situé au col du Brenner, sur l’autoroute.

L’artiste explore Internet comme une machine productrice d’images, le programme d’élaboration d’images Photoshop comme un instrument à travers lequel s’effectue le processus d’abstraction. La fonction « Invert » de Photoshop convertit les couleurs d’une photo en son négatif – un procédé utilisé dans l’installation Eurotunnel pour embellir, de manière provocatrice, les eaux sur lesquelles on transporte des morceaux d’humanité –, tandis que la fonction « Content aware » génère la multiplication d’une image à partir de l’analyse de celle-ci.

Nicolò Degiorgis a été le lauréat en 2014 du prix du livre « Paris Photo – Fondation Aperture » pour son ouvrage Hidden Islam (éditions Rorhof). En 2014 il a fondé sa propre maison d’édition, « Rorhof », où il publie principalement des ouvrages de photographies qui sont aussi présentés dans différents lieux d’exposition, et il enseigne la photographie à l’université de Bolzano et dans un centre de détention de la même ville.

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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