Napoléon et l’Europe au Musée de l’Armée

Napoléon et l'Europe
« Napoléon et l’Europe » – Photo by Jean Marc Lebeaupin

J’imagine déjà les réactions que suscitera, chez certains, le titre de notre exposition : Napoléon… reste-t-il encore des champs d’études à défricher ? Peut-on encore porter un regard nouveau sur ce personnage emblématique de l’histoire de France, déjà tant étudié ? à ceux qui s’interrogent, nous répondons avec enthousiasme par l’affirmative et sommes heureux d’en témoigner par l’exposition Napoléon et l’Europe, premier temps fort de la programmation culturelle du musée de l’Armée pour l’année 2013. Enthousiastes, nous le sommes d’autant plus que cette manifestation est le fruit et l’expression d’une ambition assumée de l’établissement et de ses équipes, à trois égards au moins. Tout d’abord, nous avons souhaité proposer une exposition de synthèse et opter, face à ce sujet, pour une vision large, « en grand angle » ; les manifestations consacrées ces dernières années à l’histoire Napoléonienne, ont en effet été particulièrement nombreuses et ont, toutes ou presque, privilégié des approches thématiques relatives aux multiples aspects et enjeux de l’action de l’Empereur et de sa légende, alors même que l’historiographe se renouvelait considérablement.

Notre deuxième exigence a été celle de l’impartialité et de l’esprit critique que se sont imposé avec la plus grande rigueur les commissaires comme toutes celles et tous ceux qui les ont accompagnés, au premier rang desquels le comité scientifique présidé par le professeur Jacques-Olivier Boudon ; l’exposition ne sert ni un propos à charge ni un discours hagiographique, mais propose une lecture lucide et distanciée sur une période déterminante de l’histoire de France dont cette dernière conserve toujours les traces et la mémoire.

Troisième ambition, enfin, qui tient à la volonté de confronter, toutes les fois où les oeuvres et les documents disponibles le permettent, suivant le principe cinématographique du champ /contre-champ, une vision française des événements à une ou plusieurs visions « européennes ». Cette intention a pu se concrétiser grâce à la confiance, aux échanges et à la participation, notamment à travers des prêts, de nombreux musées, institutions patrimoniales et collections européens, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Autriche, en Espagne, en Italie, en Pologne, en Russie, en Slovénie et en Suisse. Grâce à leur générosité, nous sommes heureux de pouvoir proposer au public de voir ou de revoir des pièces emblématiques tout en en découvrant d’autres, inédites, insolites ou inattendues. Cette complémentarité nous paraît en effet essentielle pour renouveler l’intérêt que nos contemporains portent à l’histoire Napoléonienne. Car tel est bien l’objectif que se fixe le musée de l’Armée dans la mise en oeuvre de son programme culturel : faire rayonner son patrimoine et, par lui, transmettre le goût pour l’histoire de France au plus grand nombre de nos concitoyens, quels que soient leur âge, leurs origines ou leurs centres d’intérêt. Cette exposition, comme les précédentes et comme les prochaines dont la préparation bat son plein, s’est construite avec un souci constant de pédagogie. Mettre en contexte les événements, les resituer dans la géographie de l’époque, décrypter les images… autant d’informations qui éclaireront et illustreront tout autant le propos que les objets et accompagneront le visiteur du xxie siècle. Victor Hugo commençait son poème « Lui », consacré à Napoléon, par ces vers : « Toujours lui ! Lui partout ! ». Napoléon intéresse, fascine, révulse, intrigue, interroge. Nous espérons que nos visiteurs ne resteront pas, eux non plus, indifférents. Général de division (2S) Christian Baptiste Directeur de l’établissement public du musée de l’Armée

« Napoléon et l’Europe » présenté par François Lagrange* pour artsixmic

Cette exposition intitulée « Napoléon et l’Europe » qui se déroule actuellement au musée de l’armée, est l’adaptation d’une exposition, qui a eu lieu d’abord en Allemagne à Bonne et qui présente le résultat des actions que Napoléon à mené en europe.

Napoléon en Europe, qu’est ce que c’est ? Tout d’abord, Napoléon, c’est au fond le changement. Un changement d’une certaine manière, impulsé par la révolution et c’est ce que nous essayons de montrer en deux temps dans cette exposition. C’est d’une part l’ambition européenne de Napoléon, comment la t-il changé ? suivant quel mode d’action a t-il transformé les lois ? a t-il bougé les frontières ? et en changeant les frontières, il change la manière d’administrer, il change la manière d’avoir des relations avec la religion. Il bouleverse en  profondeur, la  façon dont on entretient les relations entre les peuples à l’intérieur de l’europe. On découvre aussi, comment tout ceci se met en acte, se réalise. Puis dans une deuxième séquence dans l’exposition, qui s’appelle « Face à Napoléon », on voit comment l’europe face à Napoléon et face à l’offre que Napoléon propose aux pays européens, comment ces états réagissent, trient, sélectionnent, prennent certaine chose et en rejettent d’autres.

Les résistances

Il y a tout de suite des résistances en calabre, il y a des résistances au tyrol, il y a des résistances, évidemment en espagne et on voit que Napoléon, par le biais de ces résistances est obligé parfois de modifier ce qu’il veut faire et ne parvient pas à réaliser ce qu’il aimerait. On découvre aussi, comment pour lutter, contre l’ennemi britannique, contre l’angleterre, l’angleterre qui ne veut pas lui céder sa domination sur le continent, sa prépondérance sur le continent, il est obligé de se lancer dans le blocus continental, qui le contraint à envahir la russie. Mais qui le conduit à sa fin, à la fin de son système de prépondérance, parce que à la suite de son échec en Russie, presque toute l’europe se coalise contre lui. Lui qui était le principe du changement finit par être totalement battu entre 1814et 1815.

Les acquis sous Napoléon

Il y a évidemment des dates clés, du passage à l’empire en 1804. Il y a la victoire d’Austerlitz en 1805. Il y a également, des oeuvres clés, et parmi les choses spectaculaires de cette exposition, il y a par exemple tout une séquence consacrée au code civil. Code civil qui ont été institué par Napoléon dans tous les territoire, dans tous les pays qui sont directement ou indirectement sous sa domination. Autrement dit, vous avez le code civil adapté dans sa version espagnole avec suppression de l’inquisition, dans sa version polonaise, dans sa version allemande, dans sa version hollandaise, dans sa version italienne. Vous voyez là véritablement concrètement l’action de Napoléon.

L’homme Napoléon

Il y a deux choses : il y a soit, sur le plan du grand capitaine, c’est évidemment, cette accumulation de victoires, mais qui finalement ne fonde par un ordre durable. Et puis il y a probablement, l’homme politique qu’il a été en europe, et je parles pour l’europe, pas pour la France, l’homme qui va faire circuler, une partie des idées de la révolution, en acte,  modifier les lois, le code civil, réformer la manière d’administrer la centralisation, l’organisation pyramidale de l’administration, et  là, il y a véritablement un acquis européen de Napoléon.

Napoléon Empereur

On a tout de même l’impression que pendant la période où ‘il est le premier Consul et cela  jusqu’en 1804,  il n’est pas tout a fait fixé sur son ambition européenne. Il y a un moment, où il pourrait passer comme étant l’homme qui stabilise la révolution à l’intérieur, et l’ homme qui va faire rétablir la paix en europe et là se distingue une véritable hésitation dans ses choix. Evidemment, quand il est Napoléon dans l’empire, il y a une ambition impériale, complexe, qui fait que peu à peu, il va devenir l’homme de la guerre, du conflit et finalement, celui qui ne pourra pas imposer durablement sa présence en europe.

Sur la fin, c’est plus compliqué. Il y a aussi toujours cette idée de Napoléon et là c’est à l’échelle française, et non pas l’échelle européenne, d’être l’homme de la synthèse, entre l’ancien régime et la révolution. Il n’est pas question qu’il revienne à l’ancien régime avec un titre de roi. Mais il ne veut pas non plus de la partie la plus en mouvement, ce qui peut vouloir dire démocratique, ce qui peut vouloir dire aussi anarchique,  les deux sont possibles. Donc, en voulant d’une certaine manière à la fois réconcilier, mais en même temps ne vouloir être, ni l’ancien régime, ni la révolution, il y a ce troisième choix qui se propose à lui, qui est l’empire.

*chef de la division de la recherche historique, de l’action pédagogique et des médiations, musée de l’Armée

Napoléon et l’Europe

Exposition Napoléon et l’Europe du 27 mars au 14 juillet 2013
Musée de l’Armée – Hôtel national des Invalides,

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