Masséot Abaquesne, l’éclat de la faïence à la Renaissance

Masséot Abaquesne - Albarello, vers 1545, Rouen, musée des Antiquités © Agence La Belle Vie

Rétrospective inédite : Masséot Abaquesne, l’éclat de la faïence à la Renaissanceau musée de la Céramique et au musée des Beaux-Arts de Rouen

La Réunion des Musées Métropolitains organise, en partenariat avec le musée national de la Renaissance-Château d’Ecouen, la toute première exposition consacrée au premier faïencier français de la Renaissance, le rouennais Masséot Abaquesne (v. 1500-v.1564). Cette belle rétrospective complète l’exposition d’Ecouen et présente un ensemble inédit, par le nombre et la qualité, d’oeuvres du faïencier dont notamment une quarantaine de pots d’apothicairerie et des pavements parmi lesquels la prestigieuse et monumentale marche d’autel de la Bâtie d’Urfé, conservée au musée du Louvre. Objets d’art d’exception, gravures, archives, objets issus de fouilles archéologiques ainsi que de nombreux prêts exceptionnels de grandes institutions nationales (Cité de la Céramique-musée de Sèvres, musée du Louvre, musée national de la Renaissance d’Ecouen) sont présentés tout au long de l’exposition. Les collections rouennaises (musée de la Céramique et des Antiquités, bibliothèque Jacques Villon, archives départementales de Seine-Maritime) et régionales (musée de Bayeux, musée de Louviers) sont à l’honneur. Le visiteur découvre pas à pas l’univers du faïencier qui réalisait dans son atelier rouennais de somptueux pavements aux couleurs acidulées, de véritables « tableaux de faïence » pour les plus grands personnages du royaume, proches des rois François Ier et Henri II. Pourquoi Masséot Abaquesne est-il si important dans l’histoire de la faïence française ?

L’hôtel d’Hocqueville
Érigé entre une cour pavée et un jardin étagé en terrasse, aux abords du musée des Beaux-Arts, l’hôtel d’Hocqueville abrite la plus importante collection publique française de faïences de Rouen. Riche de plus de cinq mille pièces, le musée dresse un panorama complet de la faïence rouennaise, du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, et en expose les plus beaux fleurons : pavements de la Renaissance de Masséot Abaquesne, grands plats d’apparat à décor rayonnant du début du XVIIIe siècle, pièces décorées à l’ocre niellé, peintures et sculptures monumentales en faïence comme les exceptionnelles Sphères céleste et terrestre de Pierre II Chapelle (1725) ou la série des bustes des Saisons (1730).  L’histoire du musée de la Céramique est intimement liée à l’engouement des collectionneurs rouennais du XIXe siècle pour la faïence de leur ville. En 1861, des amateurs conduits par le comte de Germiny exposent pour la première fois les chefs-d’œuvre de leurs collections de faïences de Rouen au Palais de Justice.

Les manufactures rouennaises
Rouen est un centre faïencier célèbre pour ses productions de faïence stannifère de grand feu. Son histoire se déroule sur près de trois cents ans, du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. La conjonction de différents atouts a assuré le succès des productions rouennaises : une terre argileuse de qualité, un commerce et un transport facilités par la Seine et une riche noblesse parlementaire, commanditaire et clientèle de choix pour ces pièces de prestige. Les nombreuses manufactures qui se développent durant cette période dans le faubourg SaintSever, sur la rive gauche de la Seine, utilisent les mêmes matériaux et suivent un mode de fabrication similaire. La seule source sur le mode de production des manufactures rouennaises est le manuscrit du faïencier Pierre Paul Caussy, L’Art de la Fayence, rédigé vers 1747. Dans la première moitié du XVIe siècle, Masséot Abaquesne est le premier à installer ses ateliers dans le quartier Saint-Sever. Il faut attendre le milieu du XVIIe siècle et le privilège royal accordé à Nicolas Poirel de Grandval, racheté par la famille Poterat, pour que Rouen redevienne un important centre faïencier.

Photo : Masséot Abaquesne – Albarello, vers 1545, Rouen, musée des Antiquités © Agence La Belle Vie

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Masséot Abaquesne

Né à Cherbourg vers 1500 et mort à Sotteville-lès-Rouen 64 ans plus tard, on ne sait que peu de choses de ce faïencier de la Renaissance dont la production de faïences proches des majoliques italiennes fut l’une des premières apparues en France, 20 ans avant Bernard Palissy. Il participa au développement de la manufacture de faïence de Rouen dont il devint directeur et travailla au château d’Ecouen où ses œuvres révèlent une technique déjà très maîtrisée et une connaissance approfondie du répertoire iconographique de la Renaissance italienne.

C’est le cas de ce pavement qu’il exécuta pour Anne de Montmorency et qui est un véritable tapis de faïence ; une partie de cette œuvre unique est toujours visible à Ecouen, en très bon état. Dix ans plus tard, en 1557, Masséot Abaquesne réalisa le pavement de la chapelle du Château de la Bastie d’Urfé qui fut dispersé au XIXè siècle entre plusieurs collections privées et publiques.

Il est à l’origine de nombreux carreaux de faïences dont ceux qui ornaient le colombier de Boos et de plusieurs séries de pots à pharmacie pour un apothicaire rouennais, dont de nombreux exemplaires nous sont parvenus. Figures de musiciens aux cheveux verts, homme à cornes de boucs, femmes échevelées, pavements armoriés aux couleurs acidulés, grandes scènes historiques : l’oeuvre du faïencier Masséot Abaquesne ne laissa personne indifférent et séduisit à son époque les grands du royaume, proches des rois François Ier et Henri II.

Tout laisse à supposer que ce grand maître de la manufacture de Rouen coordonnait également une équipe de tourneurs, mouleurs, manœuvres et de peintres. À sa mort son fils Laurent continua son œuvre aux châteaux d’Écouen et de Chantilly.

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