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Maître Gauguin au Grand Palais

Gauguin au Grand Palais

L’exposition « Gauguin l’alchimiste » que le Grand Palais consacré à ce maître des couleurs, retrace son étonnante carrière, dans laquelle il a exploré les arts les plus divers : peinture, dessin, gravure, sculpture et céramique. 

Peintre postimpressionniste, chef de file de l’École de Pont-Aven et inspirateur des nabis, Paul Gauguin est l’un des peintres français majeurs du xixe siècle, et l’un des plus importants précurseurs de l’art moderne avec Munch et Cézanne.

Tout d’abord agent de change à la Bourse de Paris dans les années 1870, il connaît un certain succès dans ses affaires, mais, sa rencontre, en 1874, avec le peintre Camille Pissarro le plonge dans le monde de l’art et des impressionnistes. Devenu fervent amateur d’art, Gauguin abandonne son emploi de courtier, déménage pour Rouen, s’adonne à la peinture sur les conseils de Pissaro et de Degas, et expose régulièrement avec les impressionnistes.

De janvier à novembre 1884, il réalise près de quarante tableaux, principalement des vues de la ville et de ses alentours. N’arrivant plus à subvenir aux besoins de sa famille, ses enfants et sa femme restent au Danemark auprès de sa belle famille, et Gauguin rejoint Paris pour y peindre à plein temps. De 1879 à 1886, il participe aux cinq dernières expositions du groupe des impressionnistes, et commence à travailler la céramique, produisant 50 pièces. Les années suivantes seront marquées par des séjours à Pont-Aven en Bretagne et par son départ pour le Panama et la Martinique avec le peintre Charles Laval.

De retour en Bretagne, son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique, l’art exotique, les vitraux médiévaux et les estampes japonaises l’inspirent ; dans une lettre de 1888 à Émile Schuffenecker, Paul Gauguin résume sa quête artistique en ces mots : « Un conseil, ne copiez pas trop d’après nature, l’art est une abstraction, tirez-la de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu’au résultat. C’est le seul moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre divin Maître, créer. »

La même année, il rejoint Vincent van Gogh  à Arles ; les deux artistes peignent ensemble la série sur les Alyscamps, des portraits, des paysages et des natures mortes. Passionnés, sensibles et dépressifs, tous deux tenteront de se suicider. S’en suivra un conflit personnel et artistique, qui se soldera par l’épisode de l’oreille coupée de Van Gogh, le 23 décembre 1888.

Ruiné, une vente de ses œuvres, bien orchestrée par deux articles enthousiastes d’Octave Mirbeau,  lui permet de s’embarquer pour la Polynésie. Voulant fuir la civilisation occidentale et tout ce qui est artificiel et conventionnel, recherchant l’inspiration et en quête de lui-même, il s’installe à Tahiti, passant le reste de sa vie dans ces régions tropicales,  dans l’île de Hiva Oa et dans l’archipel des Marquises où il découvre la richesse d’une nature sensuelle et philosophique, ne rentrant en métropole qu’une seule fois.

Gauguin est connu pour l’expressivité unique de ses couleurs, la recherche de la perspective et l’utilisation de formes pleines et volumineuses. Ses oeuvres sont puissantes. Il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure, aujourd’hui au musée des beaux-arts de Boston : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?, qu’il considère lui-même comme son testament pictural.

A cette époque, Ambroise Vollard, avec lequel il est sous contrat, lui verse des mensualités de 300 francs, et lui fournit gratuitement toile et couleurs, contre un minimum de vingt-cinq tableaux par an, essentiellement des natures mortes dont le marchand a fixé le prix unitaire à 200 francs.

La fin de sa vie sera ponctuée de soucis administratifs et personnels, de bagarres et de scandales avec de jeunes tahitiennes, et le peintre laissera ainsi sur place une mauvaise réputation après sa mort, les Polynésiens en général et les Marquisiens en particulier, ayant eu l’impression d’avoir eu affaire à un homme qui s’est servi d’eux. Ses tableaux sur place seront vendus à un prix dérisoire, beaucoup de ses sculptures seront détruites.

L’exposition que le  Grand Palais lui consacre en cette fin d’année 2017, retrace son étonnante carrière, dans laquelle il a exploré les arts les plus divers : peinture, dessin, gravure, sculpture et céramique.

L’art, selon Gauguin, et comme l’avait exprimé Léonard de Vinci au XVIe siècle, est d’abord l’expression d’une intériorité. Passionné de peinture, il n’en excelle pas moins en sculpture sur bois, en céramique et en gravure, faisant preuve d’une grande inventivité formelle et technique, et obtenant de surprenants résultats en poursuivant sa quête d’abolir les frontières entre les différents arts, afin de les mêler pour les faire évoluer ensemble.

La céramique  est pour lui une discipline majeure, «La céramique n’est pas une futilité.» aime-t-il à répéter, réalisant durant sa vie une bonne centaine de pièces. Il aime également sculpter le bois, y trouvant le moyen de s’exprimer en trois dimensions ce qui lui permet d’aller plus loin qu’en peinture. Dès l’enfance, il taille le bois au couteau, et ses réalisations mêlant bois et matériaux divers et empruntant leur raison d’être à diverses cultures sont d’une surprenante esthétique.

Gauguin artiste n’a eu de cesse de faire évoluer son art ; remarqué dans un premier temps par les impressionnistes Camille Pissarro et Edgar Degas dont sa peinture se rapproche, il rejette ensuite leur primauté de l’observation et de la sensation pour la subjectivité de l’artiste et s’oppose ensuite radicalement aux nouveaux venus, Seurat et Signac.

Gauguin symboliste revendique la supériorité du rêve sur le réel, faisant de la couleur le vrai langage de la peinture. Faisant peindre à Paul Sérusier un petit paysage presque abstrait, retranscrit avec des couleurs pures, sans ombres ni dessin, il deviendra ainsi une référence pour ces jeunes peintres indépendants regroupés sous le nom de Nabis.

Cette très belle rétrospective, présentée de manière chronologique et visible au Grand Palais jusqu’au 22 janvier 2018, est également la toute première fois que l’artiste est présenté sous toutes les coutures, lui qui a abordé de nombreux arts avec la même passion dont 55 peintures, 30 céramiques, 30 sculptures et objets en bois, 15 bois gravés, 60 estampes et 35 dessins en sont les témoins. Un très bel hommage permettant de pénétrer l’univers intime de l’artiste.

Photos : Jean Marc Lebeaupin pour artsixMic

Gauguin l'alchimiste 1

Gauguin l'alchimiste

Gauguin l’alchimiste au Grand Palais
Exposition jusqu’au 22 janvier 2018

Toutes les informations sur :
http://www.grandpalais.fr/fr

Gauguin 2017
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