Made in Belgica : sex, drogue et rock and roll

Belgica

Belgica « Quand les rêves d’ados deviennent cauchemars d’adultes. »

 

C’est l’histoire de deux frères, l’un n’a qu’un œil mais voit loin ; l’autre en a deux, mais ne voit rien. Deux frangins qui jouent à croire à leur histoire, à construire des châteaux de sable, en l’occurrence un bar, Le Belgica, repaire de tous les paumés de Gand. Un espace « libertaire » où l’on partagerait tout pour le meilleur et pour le rire, où tout ne serait que big teuf, drogue, sexe et rock and roll. Les deux frangins y croient dur comme fer et sont prêts pour cela à aller en enfer. Enfin au début. Quand l’enfer, c’est l’éclate version XXL. Après beaucoup moins. Quand, l’enfer, après l’ivresse, c’est le réveil et la gueule de bois qui va avec.

« L’Arche de Noé », comme l’aîné des deux frères avait surnommé ce bar, accepte tout le monde, fonctionne quasi en autogestion avec des potes, mais les factures s’enchaînent et les fractures aussi. Aux potes du début se substituent vigils et personnels ad hoc pour faire de ce lieu juste un club comme les autres, aseptisé. Exit les libertaires, place au comptable et au business. La galerie de portraits à la Brueghel, auquel ce cinéma flamand sait rendre hommage sans tomber dans l’étude de cas, se change en galerie des VIP de la « night », toujours avide de nouveauté. La relation des deux frangins coule en même temps que le navire Belgica. Leurs différences s’accentuent, les séparant chaque jour un peu plus. Naufrage en eaux profondes.

Le cinéaste, Felix Van Groeningen, auteur notamment de « La Merditude des choses » (2010) et plus récemment du très mélancolique « Alabama Monroe » (2014), se serait basé pour l’élaboration de son scénario en partie sur une histoire vraie, celle de son père, qui aurait été propriétaire à Gand du « Charlatan ». Comme dans toutes les histoires « vraies », seuls les mensonges nous disent la vérité, et ici, c’est surtout cette vision d’une humanité désabusée que du bout de ses santiags éculées Félix Van Groeningen nous présente. Un humain qui se sait foutu d’avance, un aquoiboniste à la dérive, mais avec des sentiments à ne savoir qu’en faire. Des sentiments qui débordent, des sentiments qui se crient, des envies de tout péter pour se sentir un peu en vie. Et qu’importe le réveil, parce que chez Van Groening, on savait déjà que les lendemains, ça ne chante pas. C’est même plutôt blême dans cette lumière flamande qui ne s’excuse pas d’être juste ce qu’elle est. La bande son, signée Soulwax, est un petit bijou et les acteurs incarnent parfaitement cet univers. Bref, un cinéma d’auteur qui vaut vraiment le détour. Laetitia Lormeau Vespérini

« Belgica », de Felix Van Groeningen
Avec Tom Vermeir, Stef Aerts, Hélène De Vos
Sortie en salle le 2 mars

Belgica de Félix van Groeningen - Bande-annonce

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