Loo & Lou Gallery accueille l’exposition de dessins d’Arghaël : SKINS

LOO & LOU GALLERY - Arghaël - SKIN(S)

La galerie Loo & Lou accueille la seconde exposition de dessins d’Arghaël. Neuf mois nous séparent précisément de la première, le temps d’une gestation artistique prolifique !

Engagée aux côtés de jeunes talents et d’artistes plus reconnus, la Loo & Lou Gallery a investi deux lieux de la capitale pour se donner la possibilité de confronter différents points de vue, de proposer des approches distinctes et parfois expérimentales d’une oeuvre ainsi que d’initier des dialogues entre artistes. En février dernier, la galerie Loo & Lou accueillait la toute première exposition d’Arghaël intitulée Raw (« cru », « brut ») constituée d’une série de dessins de nus au fusain d’après modèles vivants.

On découvrait les compositions minérales de cet artiste au geste ample et nerveux et au trait sinueux, dévorant le papier, explorant le visible, exposant les plis et replis de corps présentés dans toutes les aspérités de leur enveloppe, sans compromis. On assistait à la naissance d’une œuvre questionnant le mystère de la chair et se frottant de manière physique à l’inconscient pour accueillir avec bienveillance l’accident pictural. Une œuvre tirant déjà toute sa singularité et sa tension vitale d’un hiatus entre la représentation d’un corps archétypal puissant saisi dans des postures insolites et la composition verticale et aérienne du dessin.

Aujourd’hui la galerie Loo & Lou accueille la seconde exposition de dessins d’Arghaël. Neuf mois nous séparent précisément de la première, le temps d’une gestation artistique prolifique ! L’artiste a en effet donné naissance à une série de personnages à l’échelle 1/1 tout droit sortis de sa « caverne intérieure« . Des êtres bruts et originels, nés sous le geste au fusain, évoquant des carcasses géantes articulées qui se déplient et se déploient pour se dresser cette fois, non plus sur le papier, mais sur la toile.

Dans son exploration du corps, l’artiste franchit une nouvelle étape en nous donnant à voir au sens littéral l’intérieur de notre être. Au plus près de la chair, de l’os et des vaisseaux sanguins, il trace sur les parois de sa grotte intérieure matérialisée par la toile comme seconde peau, ses personnages de « piédilection » comme il les nomme. Ces géants de carbone aux extrémités disproportionnées et aux visages évanescents, semblent parfois léviter sous l’action du geste libéré. Comment ne pas songer à la figure du Golem ? Métaphores du processus de création, les créatures d’Arghaël s’animent sous nos yeux grâce notamment à un procédé graphique proche du compositing – bien connu de ce réalisateur de formation -, qui laisse échapper quelques fulgurances telluriques alimentées par les tons de pastels chauds et de peinture à l’huile.

L’œuvre questionne également le statut de « l’Homme debout » en mettant en scène des hommes et des femmes « en marche », la tête dans les nuages sous le linceul de l’anonymat. Comme disait Nietsche, « tout esprit puissant avance masqué ».

Photo : Sans Titre, Fusain et pastel à l’huile, 70 x 100 cm, 2016 – Sans Titre, Fusain et pastel à l’huile, 70 x 100 cm, 2016

Arghaël - SKIN(S) / L'homme debout

Arghaël - SKIN(S) / Action dessinante

Informations pratiques :

RAW de (et avec) Arghaël

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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