L’illusion cinétique de Jésus-Rafael Soto illumine le Musée Soulages

Jesús Rafael Soto

Le musée Soulages présentera pour sa quatrième exposition temporaire, une rétrospective consacrée au grand artiste vénézuélien Jesús Rafael Soto (1923 – 2005), reconnaissable entre tous à ses œuvres conjuguant procédés d’optique et magie du mouvement.

Fortement populaire, Jesús Rafael Soto personnifie avec Julio Le Parc et François Morellet l’art de l’après-guerre. Quarante œuvres sont ici réunies, autant de témoins des différentes périodes de l’artiste : spirales duchampiennes, carrés flottants, écritures abstraites, vibrations soutenues, polychromies avec tés, cubes aériens, volumes virtuels, cuadrados et autres extensions de formes, potentiellement infinies.

Disparu en 2005 et considéré comme le pionnier de l’art cinétique, Soto est à l’origine de peintures-sculptures où le mouvement fait loi. Au fil de ses œuvres, les vibrations s’amplifieront puis s’intègreront à l’intérieur. Ses installations monumentales jouent avec les volumes, la profondeur et la perspective, et sont une invitation sans cesse renouvelée à venir s’immiscer en leur espace intérieur.

Isabel, l’une des deux filles de l’artiste, a dévoilé que son père défendait l’idée que l’art est connaissance et que l’œuvre n’existe que par l’action du spectateur. « Elle se met à vivre quand il commence à se déplacer. » Disait-il.

Ses « pénétrables« , présentent des volumes suspendus dans l’espace constitués de centaines de fines tiges verticales susceptibles d’être traversées par le visiteur qui leur donne vie. Conçues à partir de 1967, ces installations avaient créé l’événement. Aujourd’hui leur effet est toujours aussi hypnotique et pénétrant.

C’est chez les maîtres de l’abstraction, Mondrian, Malevitch et Moholy-Nagy, mais aussi chez ses contemporains comme Yves Klein et Jean Tinguely, que Soto a trouvé l’inspiration. Cela fait près de vingt ans qu’aucune exposition de cette envergure ne lui avait été consacrée. « C’est un retour en grâce de Soto, depuis une quinzaine d’années on redécouvre l’art cinétique comme un art de la communication et un art optimiste », précise Benoit Decron, Conservateur du Musée Soulages.

Isabel a souligné à quel point la grande salle d’exposition temporaire du musée Soulages était un écrin pour les œuvres de son père. « Il aurait été très heureux d’être ici, pour la beauté du musée et pour la personnalité artistique de Pierre Soulages ».

Soto écrivit en 1969 : « L’homme n’est plus ici et le monde là. Il est dans le plein et c’est ce plein que je voudrais faire sentir avec mes œuvres enveloppantes« . Une vision philosophique qui s’appuie à la fois sur la matière et le savoir. « C’est un art du questionnement et de la connaissance, du réel mais plus fin que celui que nous offre notre œil, on est dans une recherche qui va plonger le regard dans les arcanes de la matière« , analyse Matthieu Poirier, historien de l’art et commissaire de l’exposition et ancien commissaire de l’exposition Dynamo au Grand Palais. L’exposition s’appuiera sur des collections particulières, avec le concours déterminant de la famille de l’artiste. Le Centre Georges Pompidou-musée national d’art moderne a apporté son soutien par le prêt décisif d’œuvres de toutes périodes, provenant notamment de la dation Soto.

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