L’Heure Mystérieuse de Marion Tampon-Lajarriette

Erehwon (sun), 2012 – Vidéo 16/9, couleur, boucle infinie, muet

Pour sa deuxième exposition personnelle à la Galerie Dix9, Marion Tampon-Lajarriette présente ses dernières créations vidéo et photographiques issues de nouvelles approches des problématiques qui lui sont chères ; l’image et les relations qu’entretiennent avec elle la mémoire et le rêve. Les images de la série MoCLT (acronyme pour un musée imaginaire lié à l’occulte et à l’art moderne) sont issues d’une visite performative faite au Mamco de Genève en janvier 2012, pendant la nuit, en un moment particulier de la vie du musée – une période secrète de montage/ démontage entre deux expositions. Cette visite particulière dans des espaces obscurs et en chantier était menée par Marion Tampon-Lajarriette, soudain guide spectral pour un petit groupe de visiteurs inhabituels. Trois caméras infrarouges ont filmé en continu ce tour nocturne de 50 minutes où l’artiste évoquait certaines oeuvres croisées sur le parcours en fonction de leur aspect hanté ou invisible, de leurs liens forts avec le temps et la mémoire. Les photographies de la série MoCLT sont des images étranges captées dans le flux de ces caméras infrarouges : traces ambigües d’un moment lié à l’obscurité, à la défaillance du visible et à la prégnance des fantômes de l’imaginaire collectif.

La série de vidéos Erehwon se situe elle aussi d’une autre façon dans le registre du fantastique ; registre où l’étrangeté se glisse au coeur du réel quotidien. Par le jeu de travellings avant infinis, ces boucles vidéo transportent le spectateur vers des décors qui restent pourtant inatteignables. Ce sont là des paysages au fantastique ambigu où un déplacement paradoxal laisse le spectateur sur place en même temps qu’il le projette vers des décors lointains. Ces images impossibles sont composées à moitié de surfaces parcourues, filmées en numérique, et de décors cinématographiques incrustés au dessus de la ligne d’horizon. Issues d’une part du montage de paysages côtiers filmés aujourd’hui, d’autre part de décors de films fantastiques populaires des années 60, ces images offrent une exploration paradoxale de lieux appartenant à la fois à nulle part et à de nombreux imaginaires : à la fois un « no-where » et un « now-here ».

On retrouve la cohabitation de ces mondes distincts, quotidien et fiction, dans la série de vidéos en boucle Antichthones. Usant de l’ancienne technique cinématographique des années 1930-1960, les personnages sont placés en studio face à un grand écran où est projeté le décor filmé auparavant, le tout étant ensuite re-filmé pour créer l’illusion de la continuité d’un même espace. Ce trucage, ici dévoilé, révèle alors, outre une mise en abîme de la salle noire du cinéma, les mécanismes même d’immersion et de distanciation qui agissent intimement au quotidien dans notre rapport aux images. Les personnages devenus captifs de ces espaces fictionnels bouclés sur eux-mêmes pourraient être nommés comme les habitants de planète ou pôle opposés aux nôtres : les « Antichthones » – habitants de ces mondes antinomiques lointains qui, d’après les théories de l’Antiquité, permettent pourtant l’équilibre indispensable à notre monde. L’Heure Mystérieuse, à travers ses multiples facettes, marque une nouvelle étape dans le travail de Marion Tampon-Lajarriette qui explore l’image et son pouvoir de hantise sur le réel.

Marion Tampon Lajarriette

Née en 1982 à Paris, Marion Tampon-Lajarriette vit entre Paris et Genève

Son travail tourne toujours autour de l’image dont elle s’approprie un des éléments constitutifs pour reconstruire une autre image. Elle s’appuie sur des images existantes (cinéma beaucoup, video, presse..) et crée des oeuvres video ou photographiques. Toujours en usant des outils de la culture numérique.

Marion présentera une série photo inédite issue d’une visite performance au Mamco à Genève, la nuit, visite filmée par des caméras infra rouge dont sont extraites ces images si étranges. Et deux nouvelles séries video. Où toujours le spectateur est emmené vers des ailleurs impossibles.

Marion figurera dans l’exposition « Rêve de monuments » à la Conciergerie à Paris ( pour le Centre des Monuments Nationaux) du 22 novembre au 24 fevrier 2013. Elle figure actuellement dans l’exposition « Leurs lumieres » à l’abbaye Saint Riquier (baie de Somme) jusqu’au 16 decembre. Un catalogue sur l’ensemble de son travail devrait paraitre au printemps, avec des textes de Christophe Kihm et Elie DuringElle est lauréate d’une bourse résidence du Fonds cantonal d’art contemporain de Genève et partira 6 mois à New York debut 2013.

The Mysterious Hour by Marion Tampon Lajarriette

A mysterious community walk in large and obscure rooms, groping in search of a vision with some of their flashlights. The place, which is a museum, is rediscovered on its hidden face as a place of fear, the invisible and the unknown. For her second solo exhibition at Galerie Dix9, Marion Tampon-Lajarriette presents her latest video and photographic creations issued from new approaches of her main questioning : the image and its relationships with the memory and dream.

The photographs of the series MoCLT are strange images captured in the flow of three infrared cameras that were filming a performance visit at the Mamco in Geneva, during the night. They are ambiguous traces related to a time of darkness, the failure of the visible and the significance of the ghosts in the collective imagination.

Using infinite travelling shots and incrustation in the video series Erehwon or tricks from the film techniques in the years 1930-1960 in the series Antichtones, those works mark a new stage in the approach of the image and its haunting power over reality.

  • Exposition du 17 novembre au 22 décembre 2012

Galerie Dix9

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