l’Esprit français – Contre-cultures 1969-1989 à la Maison rouge

Maison rouge- Esprit français - Contre-cultures 1969-1989

L’esprit français – Contre-cultures, 1969-1989, est une exposition collective et thématique, issue de recherches menées par les commissaires Guillaume Désanges et François Piron en février à la Maison Rouge.

Après avoir exposé entre autres le photographe Luc Delahaye et le plasticien-musicien Céleste Boursier-Mougenot, et avoir réfléchi au cannibalisme dans l’art ainsi qu’à la présence du néon dans les œuvres contemporaines, la Maison rouge présente à partir du 24 février prochain une exposition collective intitulée L’Esprit français, contre-cultures en France 1969-1989.

L’exposition traite de cette génération post-1968, génération qui, tout en revendiquant les libérations auxquelles elle vient d’accéder, maintient son statut quo politique. Subjective et critique, mettant face à face les mouvements d’émancipation et de contestation, la scénographie de l’exposition met en valeur œuvres et documents révélateurs de ce si singulier « esprit français », où se conjuguent idéalisme, érotisme et humour noir, espoir et pessimisme.

Le commissaire d’exposition et critique d’art Guillaume Désanges nous entraîne, en plein contexte économique, social et politique difficile et complexe, dans une plongée au cœur de cet « esprit français » révolté, géniteur de pratiques militantes, sexuelles, multiculturelles qui ont façonné une certaine identité et qui furent reprises dans tous les champs de la création : arts plastiques, bande dessinée et illustration, littérature, philosophie, cinéma, rock alternatif, performances, radios libre…De nouvelles façons de penser, de créer, de se faire remarquer qui sont autant de moyens de questionner le présent.

À l’ombre de la “société du spectacle” décrite par Guy Debord, et de la crise qui devient le motif central de la politique, de Giscard à Mitterrand, un esprit de révolte subsiste malgré les désillusions ou les récupérations politiques. À partir de cette matrice diachronique (« L’esprit français ») et synchronique (la période 1969-1989), l’exposition tente de discerner une possible identité en explorant les chemins de traverses, les branches alternatives, privilégiant les figures déviantes, les anti-héros, les dissidents, les créateurs à côté de l’histoire de l’art admise, soit parce qu’ils furent trop marginaux, soit parce qu’ils furent trop mainstream. Sexualités, militance, dandysme, et multiculturalisme opèrent comme des fils rouges dans l’exposition qui s’organise en chapitres notamment consacrés aux contre-éducations, au sabotage de l’identité nationale, mais aussi à l’influence du Marquis de Sade sur certaines pratiques radicales. Avec une cartographie inédite et subjective de personnalités diverses balaye tous les champs de la création : arts plastiques (Lea Lublin, Pierre Molinier, Pierre Klossowski, Michel Journiac, Claude Lévêque, Daniel Pommereulle, Jacques Monory, Nil Yalter, Françoise Janicot …), Bande dessinée et illustration (Roland Topor, Olivia Clavel, Kiki Picasso, Pascal Doury,…) littérature et pensée (Félix Guattari, Guy Hocquenghem…), musique (Jean-Louis Costes, Marie-France, Métal Urbain, Serge Gainsbourg, Berrurier Noir…), théâtre (Copi, Jean-Christophe Averty…), cinéma et vidéo (Carole Roussopoulos, Paul Vecchiali, Jean-Pierre Bouyxou…), mais elle explore aussi des lieux emblématiques comme la clinique de La Borde, la cité de la Grande Borne, le trou des Halles ou le Palace. De la Figuration Narrative à la violence graphique de Bazooka, des éditions Champ Libre à la création des radios libres, de Hara-Kiri à Bérurier Noir, c’est à la construction de cet « esprit français » critique, irrévérencieux et contestataire que cette exposition s’intéresse, en proposant une multitude de filiations et d’affinités. A travers la convocation d’idées et de pratiques singulières, qui furent un temps marginalisées, il s’agit, sans nostalgie, d’éclairer des mutations culturelles mais aussi de réactiver certaines énergies au présent.

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

  • Voir les commentaires : (1)

  • Deed Julius

    Il faudrait aussi une expo pour la contre-culture française vivante de
    2017. Sauf qu’il y a une telle soif de « culture » que la « contre-culture »
    d’aujourd’hui suscite l’indifférence, le mépris, voire la condamnation
    judiciaire (pour un peu de peau exhibée …). C’est de « la merde facile
    fait par des fainéants, des marginaux ou des tordus ». Oui certes. Mais
    c’est vivant et l’exercice concret d’une résistance à la normalisation,
    standardisation, récupération et ça déjà c’est immense. Sauf que la
    plupart des gens cultivés ou consommateurs de culture s’en foutent
    complètement ou ne savent même pas que ça existe faute de curiosité,
    d’ouverture d’esprit ou par peur d’être dérangés. Par contre, ils/elles
    adoreront la rétrospective de la contre culture 2010 – 2020 qui aura
    lieu en 2040. En archives, ça sera plus présentable.

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