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Les vélins de la collection du Muséum national d’Histoire

vélins de la collection du Muséum national d’Histoire

Parmi les 7000 vélins de la collection hors du commun du Muséum national d’Histoire, l’institution présente au public pour la première fois depuis sa création en 1793, 150 d’entre eux sur trois mois, aquarelles naturalistes exceptionnelles. Chaque mois les vélins seront renouvelés, et ce afin de ne pas les exposer trop longtemps au vu de leur fragilité. Cette exposition se fait à l’occasion de la sortie du beau livre « Les Vélins du Muséum », la sélection exposée en reprenant le découpage chronologique du XVIIe siècle à nos jours.

La collection des vélins du Muséum ne renferme pas moins de sept mille illustrations de fleurs et d’animaux. Ces dessins naturalistes, s’ils diffèrent certes par leur sujet, partagent tous une technique unique: une représentation à l’aquarelle ou à la gouache sur une peau de veau mort-né.

On doit cette superbe collection à Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, qui fut un grand collectionneur, passionné de plantes, et entretint avec l’aide des savants Abel Brunyer puis Robert Morison, qui en rédigèrent un catalogue, un remarquable jardin botanique au château de Blois. Gaston d’Orléans engagea vers 1630 environ le peintre et graveur Nicolas Robert pour illustrer ce catalogue d’après le naturel.

À la mort de ce dernier en 1660, la collection, qui compte déjà plusieurs grands portefeuilles in-folio remplis de peintures sur vélin, représentant fleurs, plantes rares et oiseaux est léguée à Louis XIV et attire l’attention de Colbert qui convainc le roi de faire continuer la collection, les sujets relevant désormais du Jardin royal des plantes médicinales, ancêtre du Jardin des Plantes.

A la création du Muséum nationale d’Histoire naturelle en 1793, la collection est transportée dans le nouvel établissement qui s’engage à la continuer moyennant quelques évolutions notables, notamment la spécialisation des peintres entre la botanique et la zoologie. La création de la Ménagerie un an plus tard, en 1794, va d’ailleurs renforcer la présence des sujets zoologiques variés et exotiques dans la collection.

Les vélins sont plus que jamais de véritables outils au service de la science et la collection connait une croissance importante : de 5 321 pièces en 1809, elle passe à plus de 6 000 en 1850. Ce sont les scientifiques, réunis en Assemblée des professeurs, qui décident des sujets à traiter et de l’entrée ou non d’un vélin dans la collection. Mais en raison de l’évolution des méthodes et de la pensée scientifique, la production des vélins se ralentit à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, puis s’interrompt complètement au début du XXe siècle, malgré quelques tentatives de reprise dans le courant de ce siècle.

Cette exposition dévoile ainsi l’une des plus somptueuses facettes des collections documentaires du Muséum, ces remarquables œuvres étant toutes représentatives des auteurs et des thèmes scientifiques de la collection.

La première salle fait la part belle aux œuvres du pionner de cette technique, Nicolas Robert, tandis que la deuxième salle met à l’honneur les œuvres produites après l’ancien régime, en particulier au sein du Muséum. Enfin, le corridor extérieur met en avant les techniques utilisées (aquarelles, pigments…) et présente les grands peintres associés aux vélins.

Photo : Amaryllis belladona – Hæmanthus coccineus. Nicolas Robert. © M.N.H.N – Bibliothèque centrale

Informations pratiques :

Ouvrage : Les Vélins du Muséum national d’Histoire naturelle

Sous la direction scientifique de Pascale Heurtel et Michèle Lenoir A travers 800 planches de la collection, cet ouvrage exceptionnel retrace l‘histoire des vélins. Découpés en quatre grandes parties richement illustrées, le livre présente les débuts de la collection (1630-1682), les vélins du roi (1682-1780), l’âge d’or des vélins et du Muséum (1780-1832) et enfin l’essor, la fin et la renaissance de la collection (1832-2000).

Une coédition Citadelles & Mazenod – Muséum national d’Histoire naturelle Collection « Art et nature »

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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