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« Les Trente Glorieuses » Dessins de Gus et Tetsu à la BnF François-Mitterrand

les Trente Glorieuses

Gus et Tetsu, nés tous deux avant la première guerre mondiale, ont exercé plusieurs métiers avant de s’imposer comme dessinateurs de presse. Né à Lublin, Pologne, Gus fut élève des arts Décoratifs de Strasbourg puis il fut « chanteur 1900 » dans les cabarets de la Rive gauche, chroniqueur, écrivain et dramaturge ; il débuta dans la publicité à Paris. Il fut caricaturiste dans Paris-Matin, France-Dimanche, Le Figaro, France-Soir. De 1972 à 1989, il illustra en direct l’actualité sur Antenne 2. Né à Bourges, Roger Tetsu était dessinateur, artiste peintre de formation, il exerça, en plus de l’exposition de ses toiles le métier de directeur d’entreprises et marchand de tableaux, avant de devenir en 1953 dessinateur humoriste. Ces deux personnalités originales sont venues au dessin tardivement, après avoir pris le temps d’observer leur époque en pleine mutation .

L’exposition présentée dans la Galerie des donateurs offre une promenade singulière dans « les Trente Glorieuses ».

Gus et Tetsu
Gus et Tetsu

L’expression « Trente Glorieuses » désigne la période d’une trentaine d’années qui a suivi la fin de la seconde guerre mondiale en 1945, jusqu’au premier choc pétrolier de 1973. C’est pour les pays industrialisés occidentaux, une période de prospérité exceptionnelle qui se caractérise par une forte croissance économique, le plein emploi, l’accroissement rapide du pouvoir d’achat, l’essor de la consommation de masse, le baby boom et l’accès pour tous à une société de loisirs et de spectacles.

La Presse accompagne cet essor en affirmant sa liberté d’expression retrouvée pour le droit à l’information et la culture pour tous. De nombreux titres voient le jour et des dessinateurs de presse nés au début du XXè siècle accompagnent cette nouvelle configuration sociétale, s’attachant davantage à décrire, non sans une tendre complicité, les comportements frivoles des nouveaux français qu’à les dénoncer.

Ainsi, l’exposition qui présente conjointement deux ensembles de dessins : ceux de Tetsu (1913-2008) entrés par don en 2009 et ceux de Gus (1911-1997) entrés par don en 2013, permet de percevoir la constitution d’un monde volontairement superficiel, qui évoque par certains aspects, celui qu’a dépeint Tati dans ses films. Mais chacun y apporte son style et sa sensibilité : chez Tetsu pointe un esprit de dérision ondulant entre surréalisme, érotisme et humour noir ; pour Gus en revanche, c’est davantage le monde médiatique émergeant qui exerce sur lui un attrait particulier, décors, paillettes, effets sensationnels. Leurs dessins nous font pénétrer dans des milieux bourgeois, confortables, élégants, modernes, équipés des appareils et objets à la mode : mobilier design, postes de radio et téléviseurs, voitures de sport et caravanes.

Leurs personnages sont en prise avec le monde du spectacle qui les captive et les capture, les poussant à vivre des situations inédites. Ils fréquentent les salons des arts ménagers et de l’automobile, ils partent à la campagne et au bord de la mer et quand ils sont au travail, au bureau, ils ont l’esprit à la gaudriole. On les retrouve chez eux aussi, couples qui se séduisent, se disputent, se trompent mais toujours sur un fond de tendresse. Car si Gus et Tetsu attirent notre regard sur la modernité heureuse manifestée par des objets devenus familiers, symboles d’aisance et de liberté, ils dévoilent également le comportement d’hommes et de femmes en voie d’adaptation à un nouvel environnement.

Ainsi, comme des trublions faussement naïfs et souvent philosophes, Gus et Tetsu pointent leurs crayons malicieux et goguenards sur les petites faiblesses des êtres humains dans un monde qui se transforme et se modernise.

  • Exposition du 18 février  au 30 mars 2014
  • BnF François-Mitterrand
  • Galerie des donateurs
  • Quai François Mauriac – Paris 75013
  • Entrée libre

tetsu

 

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