« Les Savanturiers » 150 ans d’exploration au Muséum de Toulouse

Les Savanturiers

À l’occasion des 150 ans de son ouverture au public, le Muséum de Toulouse fête cet anniversaire en proposant une exposition placée sous le signe de l’aventure et du voyage et qui met en valeur à travers 200 objets exposés, les collections du Muséum et ceux qui ont contribué à constituer et à enrichir ce formidable fonds patrimonial, qu’ils soient célèbres ou anonymes. En un siècle et demi d’existence, le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse,  deuxième musée de France après celui de Paris, a construit un fonds scientifique immense, grâce aux recherches et aux découvertes de savants et d’aventuriers. C’est pour cette raison que Francis Duranthon son directeur a voulu, pour les 150 ans du Muséum, rendre hommage aux « Saventuriers« .

L’exposition évoque donc l’apport de Gaston de Roquemaurel (1804-1878), de Pierre Loti (dont le Muséum possède la collection d’objets d’Océanie et des carnets de voyage) et de beaucoup d’autres notamment les premiers directeurs du Muséum, sans oublier tous ceux qui ont travaillé dans ces réserves à la conservation et à la présentation des objets ou animaux et bien sur et peut être en premier de Philippe Picot de Lapeyrouse (1744-1818), ce naturaliste, alors maire de Toulouse, qui décide d’installer ses collections de minéraux et de fossiles en 1796 dans un ancien monastère, dédié aux sciences naturelles par décision de Napoléon en 1808. « C’est l’esprit des Lumières, on est juste après l’Encyclopédie, tout est à découvrir« , avec le souci, hérité de la Révolution française, d' »en faire profiter le peuple », explique Francis Duranthon, directeur du Muséum et paléonthologue. Occupé un temps par l’école de médecine, le bâtiment sera réinvesti par les naturalistes et ouvrira au public en 1865, pour accueillir une girafe naturalisée et les collections données à la ville par le navigateur toulousain Gaston De Roquemaurel.

« Les Savanturiers », c’est donc un voyage dans le temps passé mais également dans le futur car c’est grâce aux nouvelles technologies qui ont été appliquées que ce patrimoine a pu revivre et être projeté dans le XXIème siècle, ainsi la reproduction d’un lion des cavernes à partir du squelette conservé au Muséum de cet animal aujourd’hui disparu, et le squelette d’une espèce particulière de rhinocéros « aux airs d’hippopotame », trouvé dans le département voisin du Gers, a été reconstitué et est visible en première mondiale.

Huit espaces thématiques rendus des plus ludiques grâce à la présence d’écrans et de jeux interactifs accueilleront les 200 pièces exposées, tirées des 2,5 millions d’objets conservés par le musée. Les premiers cailloux ramassés par l’homme en Antarctique, un lion de l’Atlas, espèce disparue, ou d’imposantes défenses d’éléphants, côtoient une momie péruvienne ou un masque de deuilleur de Nouvelle-Calédonie, chef-d’oeuvre de l’art kanak.

« Toutes les collections du Muséum ont servi la politique coloniale de la France. A une époque où la photographie est balbutiante, où il n’y a pas de cinéma, pas de télévision, tout ce qu’on a ramené à l’époque nourrit l’imaginaire, et incite des gens à s’engager dans la politique coloniale, à devenir militaire, explorateur« , estime M. Duranthon. »Nos collections ont servi d’une certaine manière à forger le mythe de l’ailleurs, et on essaye de montrer comment le regard sur l’autre a changé », poursuit-il.

« Nos objets sont une banque de données exceptionnelle pour la science. Sans  les photos prises par Eugène Trutat à la fin du XIXe, par exemple, on n’aurait pas pu mesurer l’évolution des paysages pyrénéens« , précise M. Duranthon, qui souligne l’importance de continuer à enrichir la collection avec des objets contemporains. Le Muséum présente une fluorite prélevée dans une ancienne mine du Tarn mais aussi des vêtements traditionnels égyptiens et une vitrine participative, qui doit être remplie d’objets donnés par le public.

« Notre rôle est de gérer et des transmettre le patrimoine mais aussi de le développer« , assure le directeur. C’est ainsi que les visiteurs qui sont en moyenne au nombre de 300.000 par an, peuvent participer au financement de la naturalisation d’une nouvelle girafe, clin d’oeil à celle qui trône depuis 150 ans au coeur du musée.

Informations pratiques

Tags:

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

  • Voir les commentaires : (0)

Publicité

Vous pourriez aussi aimer ?

Glen Baxter

Glen Baxter, alias Colonel Baxter, est un peintre dessinateur britannique ancien étudiant de l’Ecole ...

Houdon-courroie-Photo Valérie Roger

Valérie Roger spécialiste de Jean Antoine Houdon

Comment en vient on à pouvoir se prononcer sur l'authentification d'une oeuvre d'art et ...

Rockeurs on du coeur

les Rockeurs ont du Cœur font leur sapin à Nantes

En décembre 1988 et sur une idée de la maman du guitariste, les Elmer ...