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Les acteurs français sont-ils trop payés ? c’est ce que dit entre autre, le rapport rapport Bonnell

Cannes 2013

Les acteurs français sont-ils trop payés ? c’est ce que dit entre autre, le rapport Bonnell qui imagine par ailleurs de nombreuses pistes pour la survie du système. Pour le rapporteur, une des clés de l’avenir du système passe par la transparence, pour limiter l’inflation des budgets, en affichant clairement les salaires des acteurs et réalisateurs.

Dans une interview à l’AFP, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti a estimé que « la transparence économique (…) doit être renforcée entre les différents acteurs de la chaîne du cinéma. C’est une exigence, car on constate sur certains films des budgets aux sommes très importantes. Et puis la transparence est une exigence pour l’efficacité de notre système de financement. Elle doit être notre leitmotiv, car c’est une garantie pour la pérennité du système. »

Le rapport Bonnell, du nom de celui qui a mené le débat, est issu d’une réflexion menée pendant plusieurs mois par un groupe de professionnels.  Il y a un an, le distributeur Vincent Maraval avait lancé un pavé dans la mare en pointant du doigt l’inflation des budgets des films, des cachets des stars et des aides qui ne bénéficient qu’à une minorité. Devant l’ampleur de la polémique, de premières Assises du cinéma avaient été convoquées en janvier 2013, lançant le chantier mené par René Bonnell, ancien de Gaumont, de Canal+ et de France Télévisions. Ce chantier qui venant d’aboutir aujourd’hui par la remise d’un rapport au gouvernement préconisant 50 mesures pour sauver le système de financement du cinéma français.

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Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication se réjouit que les propositions émanant des Assises pour la diversité du cinéma, réaffirment le bien-fondé du système existant tout en favorisant son adaptation et sa modernisation à l’ère numérique. (Source ministère de la Culture et de la Communication)

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication a demandé au Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) d’organiser, ce mercredi 8 janvier 2014, un nouveau rendez-vous des « assises pour la diversité du cinéma français ».

Dans la suite des Assises du 23 janvier 2013, ce rendez-vous, qui a rassemblé environ 300 participants a permis la communication par le CNC d’une étude de l’économie des films d’initiative française, puis la présentation ainsi qu’une discussion autour des réflexions conduites par René Bonnell concernant la production et la distribution cinématographiques à l’heure du numérique.

La ministre de la Culture et de la Communication se réjouit que ces mois d’étude et de réflexion aient permis la formalisation, par un groupe de 30 personnalités, d’un état des lieux du secteur, de projections à cinq ans des différents marchés, et surtout de propositions concrètes, complétées par celles du groupe de 20 personnes emmené par Pascale Ferran et Katell Quillévéré.

Après les victoires essentielles remportées en 2013 pour l’exception culturelle par le Gouvernement français avec les artistes et les professionnels, après les premières réformes engagées pour moderniser le financement de la création et y associer la contribution de nouveaux acteurs, la Ministre souligne que les réflexions constructives émanant des Assises permettront, elles aussi, de donner à la politique de la France en faveur de la diversité du cinéma français, les moyens de favoriser, à l’ère du numérique, le rayonnement de cet art et de cette industrie.

Aurélie Filippetti salue l’esprit de responsabilité qui anime les propositions formulées. Elle en retient trois objectifs :

(1) une meilleure répartition du risque entre les professionnels existants et à venir du secteur, favorisée d’une part par une plus grande transparence économique, et d’autre part par une maîtrise accrue des coûts de production,

(2) la réorientation des financements existants vers, notamment, « des films du milieu » tout en recherchant et en intégrant de nouveaux contributeurs,

(3) une amélioration la diffusion des oeuvres. En vue d’atteindre ces objectifs, la ministre de la Culture et de la Communication demande au CNC d’engager immédiatement, avec les professionnels, les travaux complémentaires, parmi lesquels ceux relatifs à la chronologie des médias, qui permettront de finaliser dans les prochaines semaines les réformes attendues :

s’agissant du financement de la diversité de production pour permettre de soutenir la production la plus fragile tout en encourageant le renouvellement du secteur, il pourrait s’agir d’insérer une part de premiers et deuxièmes films dans les engagements de l’ensemble des chaînes dans le cinéma, d’inciter au regroupement, à l’association des sociétés et à la mutualisation de leurs investissements sur des projets portés en commun. Sans oublier de renforcer le coeur de la production française : ces films dits « du milieu » qui font l’attractivité de notre secteur et qui allient exigence de qualité et ambition populaire et commerciale, à travers notamment le soutien automatique du CNC ;

– améliorer, sans attendre, la transparence économique entre les opérateurs,

– Premièrement, limiter l’inflation, s’il le faut en conditionnant à la maîtrise des coûts certains soutiens ou investissements. Les mesures proposées reposent sur une responsabilisation des acteurs privés. Dans le même temps, la Ministre demande également au CNC d’exercer un suivi attentif, en vue d’engager certaines de ces mesures, si la nécessaire modération des coûts n’était constatée.

– Deuxièmement, pour les professionnels, travailler à la redéfinition d’un partage du risque plus équitable, un meilleur alignement des intérêts de tous les maillons du secteur (production, TV, distribution, export, vidéo, salles…).

– Troisièmement, favoriser, par diverses mesures, une transparence accrue des coûts et des recettes sur tous les marchés, condition indispensable de la confiance et du partage du risque.

– améliorer la diffusion des films, pour renforcer et diversifier les débouchés des films fragiles sur les différents marchés (salles, vidéo à la demande, export notamment). Cela peut prendre la voie du soutien, notamment avec un soutien automatique à la vidéo à la demande, la voie d’une taxe vidéo étendue aux recettes de publicité des Smad, ainsi que des obligations de production renforcées. En ce qui concerne la diffusion en salles, cela peut se concrétiser, comme proposé, par la voie de nouveaux accords sur des conditions générales de location qui prévoiraient une exposition minimale des films, mais aussi par un dialogue entre exploitants et distributeurs pour mieux favoriser l’accès des oeuvres aux salles en particulier art et essai, mieux promouvoir les oeuvres en salles en des termes commerciaux raisonnables, et les exposer pour certaines d’entre elles plus longtemps pour que le public les repère et ait davantage de temps de les voir. Cet objectif peut également se traduire par un renforcement des engagements de programmation, dans un dialogue des exploitants concernés avec les distributeurs et sous le contrôle de la Médiatrice et du CNC.

Le cinéma français, qui contribue à la création, et représente près d’un demipoint du PIB et 100 000 emplois, a tous les atouts pour conforter sa place aux avant-gardes. Par son ouverture esthétique, par son originalité, et, à travers ces Assises, par la modernisation à l’heure numérique de ses mécanismes de régulation, le cinéma est un secteur essentiel en France.

Photo : Cannes 2013 – Credit Laurent Campus 2013

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