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Leonardo DiCaprio, The Revenant vu par Laetitia Lormeau Vespérini

Leonardo DiCaprio - The Revenant

Leonardo DiCaprio « The Revenant », voyage onirique en terres indiennes !

Attention chef-d’œuvre. Le dernier film d’Alejandro Inarritu est d’une beauté plastique et d’une poésie bouleversantes. Leonardo DiCaprio y est à son sommet. En route pour les Oscars ?

Traque à l’homme

Le 6e film d’Inarritu, « The Revenant », après « Amours chiennes », « 21 grammes », « Babel », « Biutiful » ou encore, dans un style assez différent, « Birdman », poursuit cette quête existentielle autour de qu’est-ce que l’ « âme ». Une quête polysémique qui nous transporte dans un voyage sensoriel unique. 1823, dans les Grandes Plaines des Etats-Unis, en pleines terres indiennes, ces immensités sauvages faites de neige et de glace. Hugh Glass, éclaireur, accompagné de son fils indien métis, guide une expédition de trappeurs quand il est attaqué par une femelle grizzli. Laissé pour mort, abandonné par l’homme qui quelques instants auparavant vient de tuer, sous ses yeux, son fils, il survit animé d’une volonté de vengeance. Violence à l’état pur, brutalité primitive des hommes et des éléments, ces moments de lutte contre et pour la mort se transforment sous l’œil de ce réalisateur hors normes en une balade poétique touchant au sublime.

Traque à l’âme

La question de l’âme est récurrente dans l’œuvre de ce cinéaste à part. Jusqu’à son poids de « 21 grammes ». La question de la réalité aussi, ou plutôt des réalités. Qu’est-ce que l’âme ? Cet indicible qui pousse l’homme à agir dans ce monde, cet ici et maintenant, mais aussi dans d’autres. Les niveaux de réalité sont pluriels chez Inarritu, l’âme y voyage oscillant entre moment de vie, moment de mort, rêve ou éveil. Les pistes se brouillent, les chemins se mêlent, s’emmêlent, l’homme trace sa voie dans ces entrelacs, y suit ou y guide son destin. Le personnage d’Hugh Glass, interprété par un DiCaprio au jeu tout en puissance et en subtilité, communique, dans cette autre réalité, celle du rêve, avec sa femme et son fils tués. Le chant des morts guide ses pas. La frontière entre le monde de l’éveil et celle du songe tient à un fil tenu chez ce cinéaste pour qui il n’y a pas de réponses, que des questionnements. Entre vie et mort, entre grâce et déchéance, l’homme, chez Inarritu, est cet ange déchu, dont on a coupé les ailes, et à qui il ne reste que des plaies béantes. Abandonné dans un milieu parfois, souvent, hostile, qui le rejette, il erre et danse avec la mort comme un pantin désarticulé ou un atome qui rêve.
L’économie des dialogues laisse aux espaces, magnifiquement filmés et magnifiés par la lumière d’Emmanuel Lubezki, ainsi qu’au jeu de DiCaprio toute latitude pour exprimer une puissance sauvage, une beauté primitive, une force des au-delà. La musique sublime ce voyage sensoriel en terres indiennes, comme la voix du chaman accompagne ceux qui savent et veulent entendre. La beauté en épure. 2 h 36 de très grand cinéma. Laetitia Lormeau Vespérini

« The Revenant », d’Alejandro Inarritu, avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Domhnall Gleeson… Sortie en salle le 24 février 2016

Photo : Copyright Twentieth Century Fox France

Voir aussi sur artsixMic : http://www.artsixmic.fr/au-cinema-cette-semaine-du-24-fevrier-au-2-mars/

The Revenant - Official Teaser Trailer - 20th Century FOX

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