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le studio TOZF présente l’exposition « Anté-numérique »

Talbot, l’un de ses inventeurs. Une image formée par la lumière, dans un piège optique (la camera obscura) et chimique (les sels d’argent développés et fixés). Ce qui nous fascine dans ce piège, c’est son autonomie (The Pencil of Nature :la nature se peint elle même), la maîtrise de l’image nous échappe, et quelque chose de la vérité, de l’âme des choses, est ici enfermée.

Cette absence de maîtrise est un piège délicieux, qui permet à quelque chose de plus grand que ce que nous imaginions de se manifester. Un mystère. Le numérique nous permet un contrôle de l’image que nous pouvons retravailler à notre fantaisie. C’est ce que l’on appelle, je pense, de l’art graphique. Ce n’est plus tout a fait de la photographie, de la «Sun Picture».

Les tireurs qui travaillent avec leurs mains en coquille sous les rayons de l’agrandisseur pour retenir et brûler, puis plongent dans le révélateur, agitent, chauffent les blancs qui tardent à monter, sont les acteurs d’un théâtre où l’on ne rejoue jamais deux fois le même texte avec le même succès. L’image est là. Avec ses qualités toujours incertaines. Qu’il faut laisser mûrir. Quel délice lorsqu’on la revoie après les années passées.

Car c’est une chose étrange : on ne sait pas ce qu’est la perfection. On essaie d’y atteindre, et, lorsqu’on travaille sur un tirage, on est sensible à des détails minuscules de lumière, que l’on ne discerne plus le lendemain. Mais cette quête menée à tâtons tire sans doute vers une certaine excellence, car, oui, les années passées, il arrive qu’on admire sa propre besogne.

J’ai beaucoup tiré. Je connais l’intimité avec une image que cela procure. Aussi forte parfois que celle du photographe. Mais il faut avoir mis les mains dans les rayons de lumière et dans la chimie. Sinon, on ne voit rien. Ou on se laisse prendre aux apparences trop immédiates, que l’on n’a pas eu le temps et la chance de voir naître au fil des minutes dans la pénombre. La technique d’impression numérique peut approcher, dépasser peut être cette qualité. Peu importe. Le décisif, le vivant, c’est la non maîtrise et l’incertitude, qui laissent une chance au monde des choses visibles d’exister dans nos images. Didier Brousse(Galerie Camera Obscura) Septembre 2012

La photographie c’est aujourd’hui d’abord le numérique, mais ce qui l’a précédé existe toujours et reste la préférence pour beaucoup d’entre nous. Pourtant la photographie argentique n’a pas été non plus le seul moyen de capter et conserver des images. Il existe encore d’autres procédés, alternatifs, qui ont permis aux artistes de s’exprimer et de décupler leurs possibilités. Les procédés au charbon, à l’albumen, à la gomme bichromatée… toutes ces techniques de développement sont encore pratiquées de nos jours.

A l’occasion de Paris Photo, le studio TOZF organise Anté-numérique, une expo-vente en collaboration avec les laboratoires les plus prestigieux de Paris et d’ailleurs. Le thème de cette exposition portera sur les tirages photographiques traditionnels et alternatifs. En ces temps de l’apogée du numérique, nous vous faisons aussi découvrir ou redécouvrir l’art du tirage traditionnel et alternatif.

L’atelier TOZF est un studio photo, mais aussi un lieu de création artistique, et à cette occasion il devient galerie éphémère pour une exposition unique de tirages photographiques ayant pour point commun la nostalgie et la beauté inoubliable de l’avant numérique.

atelier TOZF – 23 Rue Godefroy Cavaignac 75011 Paris – www.atelier-tozf.com

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Rédigé par : admin

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