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« Le secret de l’État : Surveiller – Protéger – Informer » à l’hôtel de Soubise

Le secret de l’État. Surveiller. Protéger. Informer

Depuis le 4 novembre 2015, et jusqu’au 28 février 2016, les Archives nationales proposent, à l’hôtel de Soubise à Paris, une exposition intitulée « Le secret de l’État : Surveiller -Protéger – Informer ». À travers cette exposition, la première sur un tel sujet, les Archives nationales lèvent le voile sur un monde souvent fantasmé en ouvrant des fonds d’archives méconnus et en présentant des objets exceptionnels, en partenariat avec les services du ministère de la Défense et de l’Intérieur.

L’expression « Le secret de l’État. Surveiller, protéger, informer » évoque d’abord l’espace immatériel et physique construit progressivement par l’État depuis l’Ancien Régime. C’est dans des espaces spécifiques (bâtiments ministériels, ambassades…) et grâce à l’action d’une administration experte qu’à l’abri des regards, l’État a pu informer, surveiller, renseigner sur le territoire national et au-delà de ses frontières. Ainsi, sans nier les évolutions chronologiques, l’exposition met l’accent sur la permanence du secret à travers les régimes successifs, ce qui constitue une des singularités de l’histoire de l’État que les fonds des Archives nationales peuvent illustrer à merveille.

Plusieurs thèmes sont abordés. D’abord, la naissance et l’essor de ces services du secret s’appuient sur des normes écrites (réglements administratifs et arsenal législatif), sur un matériel et des technologies développés à dessein, sur la volonté de protéger l’information concernant les actions de l’État et de ses agents secrets, tant en politique intérieure qu’en politique extérieure. Dans un second temps, la construction de bureaucraties secrètes, policières et militaires, donne plus de poids à cette dimension essentielle du gouvernement de l’État.

Malgré une discrétion indispensable, l’État s’ouvre sur une autre géographie du pouvoir, incarnée par des lieux mal connus du public et dont l’exposition révèlera l’organisation. Ces missions de surveillance et de renseignement s’appuient également sur des techniques sophistiquées qui se modernisent et se complexifient au fil du temps ; les méthodes de transmission et de cryptage de l’information sont alors mises au point par une véritable industrie du renseignement.

L’exposition embrasse une très large période qui va du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XXe siècle. Elle montre comment l’imaginaire du secret et de l’espion s’est transformé au cours du temps, quels sont les enjeux politiques, militaires et diplomatiques de cette «administration du secret» et quelle symbolique du pouvoir s’est construite autour de ces missions très spéciales de l’État.

De nombreux documents inédits et des objets exposés pour la première fois conduiront le visiteur à travers la variété des supports de l’histoire du secret de l’État et lui permettront de connaître les réalités de terrain des agents qui travaillent à ces missions secrètes. Correspondances « secret défense », rapports administratifs, journaux, brochures, gravures anciennes, huiles sur toile, monnaies, plans anciens, objets liés à l’espionnage et au cryptage, extraits de films et d’émissions télévisées, maquettes et photographies permettront de comprendre l’intérêt primordial de l’État pour la défense et la surveillance de son territoire ainsi que pour l’espionnage en dehors de ses frontières.

Quelques trésors du Secret de l’État

– Le livre de Cesare Ripa (1555 – 1620) est une encyclopédie qui présente de nombreuses allégories telles que la Paix, la Liberté ou la Prudence, reconnaissables à leurs attributs et leurs couleurs symboliques. La gravure intitulée «SPIA » [Espion] représente un personnage couvert d’une cape, ornée d’oreilles et d’yeux (BnF).

– Le premier calculateur électronique de l’histoire, la machine Enigma conçue par Scherbius, est utilisée surtout par la Wehrmacht et la Reichwehr en 1937. Cette machine fut fabriquée par Gustave Bertrand, grâce à la documentation de sa source allemande en 1939. Elle sera exposée aux côtés d’une autre Enigma saisie par des agents de la DGSS (ancêtre de la DGSE) dans des locaux parisiens de la Kriegsmarine (DGSE).

– L’une des pièces phares de l’exposition est une boîte à chiffrer et déchiffrer datant du règne d’Henri II (1557). Cette machine est composée sous la forme d’un livre à l’emblématique ; sa première page est constituée de 24 cadrans répartis sur quatre colonnes (musée d’Écouen).

– Sur le terrain, les espions disposent d’un large éventail d’objets d’écoute et de copie de documents, telle la valise de la direction de la surveillance du territoire (DGSI) dont le système photographique permettait de reproduire des documents officiels dans les années 1980 (DGSI).

– Le téléphone demeurant la plus importante source d’indiscrétion, il a fallu protéger les communications des plus hauts responsables de l’État. Le président de la République utilise ainsi un téléphone mobile, sécurisé et chiffrant, appelé TEOREM, réalisé sous la maîtrise d’ouvrage de la Délégation Générale à l’Armement (DGA) par la société Thalès Groupe (musée Ferrié).

Le secret de l'Etat. Surveiller, protéger, informer

L'exposition est désormais déclinée :

1- en une visite virtuelle que vous pouvez parcourir, sur le site internet des Archives nationales, à l’adresse suivante :

http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/visites-virtuelles/le-secret-de-l-etat/

2 – sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, en visuels des fonds et objets (documents secrets, machines mystérieuses…), exposés à Paris, et en une vidéo de témoignages d’anciens responsables politiques et des services secrets français. Cette exposition est visible du lundi au samedi, aux heures d’accueil du public, soit de 09h00 à 16h45.

Archives nationales
Adresse : 59 rue Guynemer, 93380 Pierrefitte-sur-Seine
Métro : Saint-Denis Université (Ligne 13)

Informations pratiques

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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