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Le musée des impressionnismes Giverny présente Tintamarre ! Instruments de musique dans l’art, 1860-1910

Giverny - Tintamarre ! Instruments de musique dans l’art

« Dans le vaste travail d’exploration de l’impressionnisme et de ses suites conduit par le musée des impressionnismes Giverny depuis sa création, le sujet de la musique n’avait pas encore été abordé. L’exposition Tintamarre ! dédiée aux instruments de musique et à leur signification dans l’art de cette période vient compléter ce manque. » Frédéric Frank, directeur général – Marina Ferretti, directeur scientifique

Pour donner le « La » de sa nouvelle saison, le musée des impressionnismes Giverny propose de se pencher sur la question de la représentation des instruments de musique dans l’art, de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Présentée, à partir du 24 mars prochain, l’exposition Tintamarre!, réunira une centaine d’œuvres – peintures, dessins, estampes, illustrations, affiches, partitions – de grandes signatures, telles Édouard Manet, Edgar Degas, Berthe Morisot, Auguste Renoir, Théo van Rysselberghe ou Pierre Bonnard.

La peinture et la musique sont considérées depuis Léonard de Vinci comme les « arts sœurs ». Pourtant, l’une est l’art de l’espace ou de la surface, l’autre celui du temps. L’affirmation du sujet musical comme un motif majeur de la peinture de la fin du XIXe siècle coïncide avec un renouveau de ce désir de synthèse entre les arts.

Afin d’illustrer la diversité sans précédent des motifs musicaux embrassés par les artistes, le parcours au musée des impressionnismes Giverny s’articulera en quatre sections thématiques : « Divertissements musicaux », « Au Salon », « Ailleurs musical » et « Convergences ». Un riche programme événementiel de concerts, ateliers et activités « mélomanes », sera proposé à tous les publics et tous les âges, tout au long de l’exposition.

1.Divertissements musicaux
La première section évoque le foisonnement des divertissements musicaux à l’ère de l’avènement de la civilisation des loisirs. La musique est omniprésente dans l’espace public, notamment dans les parcs et dans les rues des grandes métropoles européennes. Inspirée par Le Fifre (1866, Paris, musée d’Orsay) d’Édouard Manet, Eva Gonzalès, avec son Enfant de troupe (1870, Villeneuve-sur-Lot, collection musée de Gajac), révèle l’initiation à la musique des plus jeunes par le biais des fanfares, telle celle représentée par Gabriel Boutet au Jardin du Luxembourg. Les artistes nous donnent encore à voir le spectacle des musiciens des cours d’immeuble, comme Albert Bartholomé avec ses Musiciens de Rue (1883, Paris, Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris). Les saltimbanques, dont les spectacles peuvent parfois tourner à la tragédie, comme chez Gustave Doré, tout comme les cirques ambulants, chez Lucien Simon par exemple, fascinent les artistes qui se pressent dans les foires pour assister à ces spectacles. La fin du XIXe siècle voit également l’explosion du nombre de cafés-concerts ou de cabarets, notamment à Paris — Café des Ambassadeurs, Divan Japonais, Alcazar, Folies-Bergère… – où l’on écoute des rengaines populaires ou des airs d’opéra, où l’on assiste à des sketches ou à des danses, comme le chahut de Valmy et Léa (vers 1885-1895, Cleveland, The Cleveland Museum of Art) de Jean Béraud. Dans les nouveaux théâtres du Paris haussmannien, la musique est très présente, par exemple au Théâtre des Variétés chez Béraud. Les prestigieux lieux dédiés à la grande musique qui voient le jour à cette époque (La Monnaie à Bruxelles, reconstruite en 1855, le Théâtre de la Ville et le Théâtre du Châtelet inaugurés à Paris en 1862, le Royal Albert Hall inauguré en 1871 à Londres, l’Opéra de Paris inauguré en 1875), accueillent aussi les grands ballets (Edgar Degas) ou les opéras (Georges Lemmen). Les orchestres indépendants connaissent également un développement inédit, à l’instar de l’Orchestre Lamoureux représenté par Pierre Bonnard. C’est encore l’Âge d’or, aux côtés des bals populaires, des bals mondains, comme dans Trop tôt de James Tissot (1873, Londres, Guildhall Art Gallery).

2. Au salon
La seconde section se focalise sur les instruments de musique dans la sphère intime. La bourgeoisie montante est férue de musique et introduit les instruments de musique dans le foyer, au premier rang desquels le piano. Tout commence avec la leçon de musique où nous pouvons observer l’usage d’une grande diversité d’instruments tels que le banjo (Mary Cassatt), le violon (Berthe Morisot) ou le piano (Gustave Caillebotte). Au côté des enfants qui suivent le plus souvent cette éducation, les femmes sont en première ligne dans cette vie musicale du foyer, représentées le plus souvent au piano ou à côté de leur piano. Le jeu musical fait ainsi partie d’une vision de la bonne maîtresse de maison qui doit savoir divertir ses invités, comme Madame Hartmann (Renoir), épouse d’un important éditeur de musique qui côtoie les milieux artistiques. On retrouve encore ces femmes au violon, comme avec La Violoniste (s.d., Bruxelles, Musées royaux des BeauxArts de Belgique) d’Alfred Stevens, tandis que le violoncelle semble réservé aux hommes (Louis Hayet), dans une vision souvent plus introspective.

3. Ailleurs musical
Dans cette section sont présentés des motifs de la vie musicale qui renvoient à la recherche d’un idéal pastoral, bucolique, voire primitif ou exotique. Cette époque est en effet celle des utopies arcadiennes où la musique a toute sa place, comme chez Berthe Morisot (Le Flageolet, 1890, Paris, musée Marmottan Monet). La musique, souvent incarnée par la flûte ou les instruments à vent, représente ainsi non seulement un élément folklorique, comme la bombarde bretonne de Paul Gauguin, mais également une forme de retour aux racines de la musique, et, à travers elle, de la peinture. Bien loin des contradictions avec l’esprit de modernité qui souffle sur les sections précédentes, ces œuvres illustrent in fine les sources et inspirations des mouvements artistiques de l’époque. Ainsi l’hispanisme atteint tout autant la musique (Chabrier, Bizet…) que la peinture dans des œuvres à sujet musical peintes par Renoir, Théo van Rysselberghe ou Émile Bernard par exemple. Le motif du guitariste espagnol devient le poncif le plus répandu de cet hispanisme.

4. Convergences
Cette dernière section évoque les rapprochements entre peinture et musique tels que les instruments le suggèrent sur la toile. La représentation du piano dans l’atelier du peintre est ainsi un thème récurrent. Artistes, poètes, écrivains, musiciens se retrouvent autour de cet instrument, comme comme en témoigne Autour du Piano (1885, Paris, musée d’Orsay) chez Henri Fantin-Latour, dont l’étude est présente dans cette section. Les cercles et sociétés d’artistes invitent également régulièrement des musiciens, comme les sœurs Sèthe, peintes par Van Rysselberghe, qui animent les salons des XX puis de La Libre Esthétique à Bruxelles. Les liens familiaux et amicaux entre peintres et musiciens sont nombreux. Suzanne Leenhoff, l’épouse de Manet, Andrée Bonnard, la sœur de Pierre Bonnard, et son mari Claude Terrasse, entretiennent des liens étroits avec ceux qui brossent leurs portraits et qui illustrent nombre de partitions et de méthodes (Le Petit Solfège, 1893, illustré par Bonnard pour son beau-frère). Les amis musiciens de Degas comme le bassoniste Désiré Dihau, qui l’a introduit auprès du violoncelliste Pilet, et sa sœur pianiste, Marie, sont représentés plus tard également par Henri de Toulouse-Lautrec, indiquant l’existence d’un véritable cercle d’affinités durables entre peintres et musiciens. Enfin, les peintres eux-mêmes se font musiciens, à l’instar d’Eva Gonzalès au piano peinte par Alfred Stevens (1879, Sarasota, The John and Mable Ringling Museum of Art).

Arts graphiques :

L’exposition est accompagnée d’une section qui propose un vaste panorama de dessins, gravures, lithographies, illustrations de presse, affiches et partitions. Les affiches de Toulouse-Lautrec ou de Louis Anquetin témoignent d’une volonté de promouvoir la scène musicale de leur temps. Tandis que Maurice Denis ou Pierre Bonnard illustrent des partitions et des méthodes de chant et de solfège à l’attention des petits et grands. Caricature ou simple portrait, le dessin de presse est également un outil pour rendre hommage ou moquer compositeurs et musiciens, comme le fait Georges Meunier dans Le Rire. Enfin, les dessins, lithographies et gravures achèvent de témoigner de cet intérêt particulier pour les instruments de musique, à l’instar de la série que leur dédie Felix Vallotton. L’exposition sera accompagnée du prêt exceptionnel de trois instruments de musique issus de la collection du musée des instruments à vent de La Couture-Boussey. Ils témoignent du savoir-faire local en matière de facture d’instruments et viennent également matérialiser les instruments représentés sur trois œuvres du parcours.

Commissariat : Frédéric Frank, directeur général du musée, et Belinda Thomson, historienne de l’art indépendante spécialiste du postimpressionnisme.

Photo : Maurice Denis (1870-1943) – Frontispice pour Les Concerts du petit frère et de la petite soeur, 1903 – Lithographie, 42,5 x 30 cm – Collection particulière © Tous droits réservés

Informations pratiques :

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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