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l’artiste japonais Kôichi Kurita s’installe à Chambord

Kôichi Kurita

Kôichi Kurita aime la terre : « (…) dans l’esprit des gens, c’est quelque chose de sale. Mon travail consiste, au contraire, à en restituer la pureté et la beauté ».

La nouvelle installation de l’artiste japonais Kôichi Kurita prendra place, à partir du 16 octobre prochain, dans le cadre majestueux du domaine national de Chambord. Né en 1962 à Yamanashi au Japon où il vit et travaille, la démarche artistique de Kôichi Kurita est des plus atypiques : en effet, depuis plus de deux décennies, il arpente son Japon natal et la France, prélevant des poignées de terre et se constituant au fil du temps une gigantesque bibliothèque qui compte aujourd’hui plus de 40 000 échantillons différents. Kurita met en pleine lumière ce sur quoi nous marchons, qui demeure caché et qui reste la matière la plus pauvre et la plus commune : la terre ! Et les terres de Kurita révèlent d’étonnantes couleurs.

Kôichi Kurita aime la terre : « (…) dans l’esprit des gens, c’est quelque chose de sale. Mon travail consiste, au contraire, à en restituer la pureté et la beauté« . Sur le sol de la chapelle de Chambord, l’artiste installera, à l’intérieur d’un rectangle de 12 mètres de long sur cinq mètres de large, 1000 échantillons de terres prélevées ces dernières années, et particulièrement lors de ses deux résidences de trois mois à Chambord en 2015 et 2016 durant lesquels il a glané ses prélèvements au fil des villages qui longent la Loire, constituant par leur assemblage un immense tableau du territoire.

Dans la galerie qui mène à la chapelle seront exposées 200 fioles de terres pulvérulentes, mais également des cartes postales que l’artiste a adressées à Chambord pendant deux ans, présentant chacune trois échantillons de quelques milligrammes de terres emprisonnées sous un ruban adhésif qui les fixe au dos de chaque carte. Une fois qu’il les a débarrassés de leurs impuretés tels végétaux, déchets, et scories, Kôichi Kurita fait sécher sur du papier journal les morceaux de terre qu’il a extrait à l’aide d’une simple cupule ; il «filtre » ensuite patiemment les échantillons prélevés avec un tamis et une pince à épiler et les place enfin dans des sachets étiquetés mentionnant le lieu et de la date du prélèvement.

A l’issue de ce processus, les terres sablonneuses sont séparées des terres plus grumeleuses. Les premières seront présentées dans de petites fioles étiquetées, les secondes sous forme de carrés ou de cônes que l’artiste forme au sol, sur des papiers japonais.

Pour parvenir à l’élaboration de cette recherche d’identité dont l’artiste cherche à faire un message à visée universelle et humaniste, Kôichi Kurita cumule plusieurs centaines d’heures de travail durant lesquelles, animé d’une rigoureuse volonté, il répète inlassablement les mêmes gestes.

Toutes les terres exposées sont une expression une et multiple du sol qui nous supporte. A la croisée de l’art pauvre, de l’abstraction géométrique et d’une tension spirituelle, l’art de Kurita agit comme un véritable révélateur de notre bien commun. Après une première exposition personnelle à la galerie japonaise Tomos, Kôichi Kurita a multiplié jusqu’à nos jours, les expositions tant personnelles que collectives.

Pour en savoir plus sur le travail de Kôichi Kurita : http://soillog.exblog.jp/

Le catalogue de l’exposition (bilingue français / anglais), avec les textes de Kôichi Kurita, Mutsuo Takahashi et Gilles Tiberghien, sera disponible à la boutique du château pendant toute la durée de l’événement. Le commissaire de cette exposition est Yannick Mercoyrol, directeur de la programmation culturelle du domaine national de Chambord.

Photo : Kôichi Kurita 2016 © Ludovic Letot

Informations pratiques :

A voir aussi : Chambord, Image(s) d’un château

Du 16 septembre au 2 janvier 2017, le château de Chambord accueille l’exposition Chambord, Image(s) d’un château. Au fil des salles de l’exposition, le public pourra parcourir cinq siècles de construction progressive de l’image de Chambord, du château royal au domaine national, grâce à de multiples supports, tapisseries, estampes, dessins, peintures, photographies…

« Imagine-toi, mon cher Paul, que depuis que j’ai vu Chambord, je vais demandant à chacun : avez-vous vu Chambord ? »  Victor Hugo, Correspondance, Blois, le 10 mai 1825

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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