L’art en guerre en France, 1938–1947 : De Picasso à Dubuffet au Musée Guggenheim Bilbao

Pablo Picasso
Pablo Picasso – Femme assise dans un fauteuil, 1941 – Huile sur toile
Museum Henie Onstad Kunst Senter, Høvikodden, Norvège
© Henie Onstad Art Centre, Norvège/Photo Øystein Thorvaldsen
© Sucesión Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2013

Organisée par le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Paris-Musées et le Musée Guggenheim Bilbao, cette exposition veut montrer comment, dans le contexte menaçant d’oppression qu’a connu la France pendant la Seconde Guerre Mondiale et l’occupation nazie, les artistes de l’époque se sont rebellés contre les consignes officielles avec de nouvelles réponses esthétiques qui ont modifié le contenu et les formes de l’art.

Plus de 500 oeuvres d’une centaine d’artistes, parmi lesquels se trouvent Braque, Dubuffet, Duchamp, Giacometti, Kandinsky, Picasso ou Joseph Steib, expriment la façon dont ces créateurs ont résisté et réagi à l’adversité, en faisant « la guerre à la guerre » à partir de formes et de matériaux imposés par les pénuries, y compris dans les lieux les plus hostiles à toute expression de liberté. Tout ce qui, jusqu’ici, appartenait à une époque sombre de l’Histoire, est maintenant réuni dans un accrochage unique.

Dans un parcours composé de douze séquences, qui se déploie sur l’ensemble du deuxième étage du Musée, les oeuvres d’artistes célèbres – Pierre Bonnard, Victor Brauner, Alexander Calder, Salvador Dalí, Robert Delaunay, Oscar Dominguez, Jean Dubuffet, Marcel Duchamp, Raoul Dufy, Nicolas de Staël, Max Ernst, Jean Fautrier, Alberto Giacometti, Julio Gonzalez, Vasily Kandinsky, Fernand Léger, Henri Michaux, Joan Miró, Paul Klee, René Magritte, André Masson, Henri Matisse, Francis Picabia, Pablo Picasso, Pierre Soulages, Joseph Steib, Yves Tanguy, Wols – y sont exposées aux côtés d’oeuvres de survie qui transmettent l’énergie désespérée d’auteurs inconnus du grand public, dans un parcours composé de douze séquences qui se déploient tout au long du deuxième étage du Musée.

Exposition unique en son genre, L’Art en guerre vise selon les termes des deux commissaires de l’exposition -Jacqueline Munck et Laurence Bertrand Dorléac- à dévoiler « tout ce qui est resté dans l’intimité des demeures et des ateliers, des refuges, des camps d’internement et de concentration, des prisons et des hôpitaux psychiatriques, dans l’ombre de l’histoire ».

Le parcours de L’Art en guerre s’ouvre avec une séquence qui documentant les événements des 1940 ayant immédiatement suivi la défaite d’un France livrée aux mains de la Wehrmacht et la signature de l’armistice à Rethondes le 22 juin de la même année, lorsque s’installe une double dictature : d’une part, celle des nazis, qui occupent les deux tiers du pays, et d’autre parte, celle du gouvernement totalitaire de Vichy, qui collabore avec l’occupant et contrôle essentiellement le sud de la France.

La toute-puissance du troisième Reich se manifestait alors par une politique agressive de persécution des Juifs, des étrangers, des communistes, des francs-maçons, mais aussi de toute personne susceptible de servir de bouc émissaire pour les nazis. Cette période tragique affecta tous les secteurs de la société, en particulier la jeunesse et les moyens de communication, dominés par une propagande intensive organisée aussi bien par les nazis que par le régime de Vichy. Face à cette impasse, « la Résistance », très minoritaire à ses débuts, s’organisait à l’étranger d’une part, mais aussi en France par l’intermédiaire de canaux et de mouvements clandestins. Ses actions allèrent croissant jusqu’à la libération de Paris en 1944.

Commissaires : Jacqueline Munck (Conservatrice en chef au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris) et Laurence Bertrand-Dorléac (Historienne de l’art et professeur du Centre d’Histoire de Sciences-Po (CHSP) de Paris et de l’Institut Universitaire de France)

Avec le soutien de la Fundación BBVA

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