l’archange saint Michel du Mont-Saint-Michel s’envolera le 25 février

Mont-Saint-Michel © Isabelle Le Dorner

Le matin du jeudi 25 février 2016, dans le cadre de la restauration du dispositif paratonnerre, la dépose de la statue de l’archange saint Michel du sommet de l’abbaye du Mont-Saint-Michel se fera dans une opération de très haut vol !

En 1894, Emmanuel Frémiet – un des rares artistes ayant travaillé avec Viollet-le-Duc au château de Pierrefonds – est choisi pour réaliser la statue couronnant la flèche de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. L’architecte Victor Petitgrand lui demande de réaliser un modèle en plâtre grandeur nature (collection du Musée de Dijon en dépôt à l’Abbaye depuis 1987) à partir d’une statuette en bronze réalisée en 1879 et éditée en de nombreux exemplaires pour le commerce.

La lettre d’engagement adressée par le sculpteur à l’architecte le 9 avril 1895 précise « Je […] m’oblige et m’engage à exécuter le modèle en plâtre d’une statue de saint Michel, de 2 à 2m20 de hauteur (non compris les ailes…) ». Le modèle diffère très légèrement de la statuette de 1879. Il représente saint Michel terrassant avec une épée un dragon représentant le mal. Il sera payé à Emmanuel Frémiet la somme de 8 000 francs en mars 1896. Le 6 août 1897, les pièces constituant la statue de l’archange sont montées et assemblées par les ouvriers de Philippe Monduit au sommet de la flèche de l’abbaye construite par le charpentier Crepaux.

La longue histoire du Mont-Saint-Michel aurait commencé en 708, lorsque l’évêque d’Avranches fit élever sur le Mont un premier sanctuaire en l’honneur de l’Archange saint Michel pour y installer une petite communauté de chanoines.

En 966, des Bénédictins s’installèrent au Mont à la demande du duc de Normandie Richard Ier et furent à l’origine de l’essor du nouveau monastère. Très vite, l’abbaye devint un lieu de pèlerinage majeur de l’Occident chrétien mais aussi un des centres de la culture médiévale où fut produit et conservé un grand nombre de manuscrits.
Carrefour politique et intellectuel où se sont croisées des traditions carolingiennes et l’influence gréco-arabe, l’abbaye bénéficiait aussi des échanges entre la Grande- Bretagne et la France.

Suite à la Révolution, les propriétés de l’Eglise furent déclarées « biens nationaux » et en 1793 l’abbaye fut reconvertie en prison. Cette transformation sacrilège lui fut en fait salvatrice puisqu’elle lui évita la démolition. En 1863, un décret impérial y mit fin. En 1874, le site a été classé monument historique et depuis 1979, le Mont-Saint-Michel dans son ensemble (abbaye, village, baie) est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Photo : Abbaye du Mont-Saint-Michel © Isabelle Le Dorner

L’année 2016 : L’archange saint Michel

L’année 2016 sera marquée par de nouvelles opérations dont en premier lieu, la mise en conformité du dispositif paratonnerre de l’abbaye et par la même occasion, la restauration de l’archange saint Michel.

La dépose aura lieu le jeudi 25 février 2016 (date susceptible d’évoluer), à une heure à préciser, en fonction des conditions météorologiques. Cette opération, d’un montant de 450 000€, consiste à remettre aux normes l’ensemble du dispositif paratonnerre de l’abbaye et comprend le renforcement des parafoudres, des ouvrages annexes en maçonnerie et des couvertures. Les appareils et le réseau électrique présents dans l’emprise des ouvrages seront revus.

Le chantier permet également de restaurer la statue de l’archange qui a fortement souffert de la foudre et des intempéries. A cette fin, un échafaudage a été mis en place en janvier 2016. L’enlèvement de la statue en cuivre dorée de 4,5 mètres de haut et de 410 kg se fera par hélitreuillage et elle devrait être replacée par le même procédé autour du 22 avril.

L’archange sera transporté par camion de Pontorson à Périgueux (Dordogne) et entreposé dans les ateliers SOCRA pour restauration. Des prélèvements et analyses seront effectués, en lien avec le LRMH (Laboratoire de Recherche sur les Monuments Historiques) afin de comprendre les causes de la dégradation rapide de la dorure, depuis sa dernière restauration en 1987.

De plus, la sculpture a été endommagée par des impacts de foudre, notamment au niveau de la pointe de l’épée qui sert de parafoudre. Elle sera restaurée avec notamment la mise en place de compléments en cuivre.

L’archange en quelques chiffres :
Dimensions : 617 x 260 x 120 cm (socle compris).
Avec les ailes, l’archange mesure 4.5 mètres de haut.
Poids : 410 kg L’archange est perché à 156 mètres de haut.

© Marc Rapilliard / Centre des monuments nationaux

© Marc Rapilliard / Centre des monuments nationaux

Photo : Tony-Lhomo

Mont-Saint-Michel-Tony-Lhomo

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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