La vie en couleurs de Jacques Henri Lartigue

Lartigue - Jacques Henri Lartigue - Sylvana Empain, Juan-les-Pins, août 1961

 » Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment  » Jacques Henri Lartigue

Né dans les dernières années du XIXè siècle, Jacques Henri Lartigue, peintre, écrivain et célèbre photographe amateur français, est découvert par les Américains au début des années 60, lorsqu’il expose pour la première fois à l’âge de 69 ans, au MoMA à New York, quarante-trois des quelques 100 000 clichés réalisés au cours de sa vie !

C’est la même année que son portfolio se trouvant dans le numéro du magazine Life qui va faire le tour du monde car il annonce la mort du président John Fitzgerald Kennedy…fait, du jour au lendemain de Lartigue, l’un des grands noms de la photographie du xxe siècle pour ses clichés noir et blanc de la Belle Epoque et des années folles (femmes élégantes au Bois de Boulogne, courses automobiles, début de l’aviation… etc.).

La photographie a toujours été une passion pour Lartigue qui, a 8 ans, en 1902, reçoit de son père en guise de cadeau d’anniversaire son premier appareil photographique dont il n’aura de cesse de se servir, immortalisant ses voyages d’enfance et  les inventions de son frère ainé, Maurice, ainsi que leurs passions communes : l’automobile, l’aviation et tous les sports en plein essor.

Parallèlement à la photographie, Lartigue rédige un journal qu’il poursuivra jusqu’à la fin de sa vie, et se met à dessiner et à peindre, la peinture devenant son activité professionnelle mais dont l’aspect conventionnel ne le fera jamais passer à la postérité contrairement  à ses œuvres photographiques où transparait toute son originalité.

« Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment », écrivait-il dans son journal de l’année 1965.

Plus connu en France pour ses photos que pour ses tableaux, c’est en rencontrant Charles Rado de l’agence Rapho, en 1962 à Los Angeles  qui contacte John Szarkowski, alors jeune conservateur du département photographique du MoMA, que sa carrière va prendre son envol.

L’enthousiasme est général. En 1971, il reçoit la mention du prix du Livre des Rencontres d’Arles pour Journal d’un siècle.

Il faut attendre 1975 pour que Paris et son musée des arts décoratifs lui consacre une rétrospective, période où Lartigue rencontre Doisneau,  les deux artistes s’influençant réciproquement.

En 1979, l’acte de donation est signé : Lartigue est le premier photographe français à faire don, de son vivant, de son œuvre à l’État français. Il charge l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue de conserver et de diffuser le fonds. En 1980, l’exposition parisienne « Bonjour Monsieur Lartigue » au Grand Palais répond à la volonté de Lartigue de voir ouvrir son « musée ».

Poursuivant son œuvre à travers la photographie, la peinture et l’écriture jusqu’à sa mort, il laisse derrière lui  plus de 100 000 clichés, 7000 pages de journal et 1500 peintures.

L’exposition “Lartigue, la vie en couleurs “, présentée à Campredon centre d’art du 28 octobre 2017 au 18 février 2018, nous permet d’aborder Lartigue sous un nouvel angle, celui de la couleur. En effet, aucune exposition ne l’a montrée en tant que telle alors qu’elle représente plus d’un tiers de la totalité des clichés de l’artiste. Cette rencontre avec un Lartigue peu connu voire méconnu du public couvrira les deux périodes durant lesquelles l’artiste a pratiqué la couleur :

De 1912 à 1927 : une trentaine d’autochromes, technique récemment commercialisée par les frères Lumière, sont exposées. Les plaques de verre de format 6×13, stéréoscopiques qu’il utilise permettent de voir en relief et supposent des perspectives choisies. La couleur, le mouvement et le relief sont autant de manières d’attraper l’insaisissable et la vie. Pour des raisons techniques de lourdeur de l’équipement et de lenteur du temps de pose, Lartigue laissera de côté momentanément la couleur.

À partir de 1949 : Lartigue revient à la couleur. Avec son Rolleiflex, il privilégie le format carré jusque dans les années soixante-dix tout en pratiquant avec son Leica le format 24×36. Par son recours à la couleur, Lartigue traduit sa joie de vivre, la jeunesse de son esprit, sa spontanéité et sa façon à lui de traduire la beauté des choses qui l’entourent. “Lartigue n’a pas vieilli d’une heure depuis sa première photo” écrit René Barjavel en avril 1972.

Au vu de l’ensemble de ces photographies, plus d’une centaine inédites,  point de nostalgie du passé mais une sensibilité créative contemporaine et une empreinte de modernité  prouvant que Lartigue a ouvert une nouvelle voie à l’art photographique, voie qui n’est pas prête de s’éteindre.

Photo : Jacques Henri Lartigue – Sylvana Empain, Juan-les-Pins, août 1961

 Jacques Henri Lartigue : La vie en couleurs – Exposition du 28 octobre 2017 au 18 février 2018

CAMPREDON Centre d’art
20, rue du Docteur Tallet
84800 L’Isle-sur-la-Sorgue

www.campredoncentredart.com

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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