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La Maison Mellerio s’expose dans le Spectaculaire Second Empire, 1852-1870

Maison Mellerio _ Spectaculaire Second Empire

La Maison Mellerio quatorze générations au service de la joaillerie !

Pour célébrer ses 30 ans à l’automne 2016, le Musée d’Orsay va inaugurer le 27 septembre prochain une exposition dédiée aux arts décoratifs de la période qui a vu naître les industries du luxe: le Second Empire. Elle sera plus particulièrement consacrée à celui des spectacles et des fêtes, les différentes « scènes » où s’est inventée la modernité de notre époque. Régime décrié en son temps et honni après sa chute, le Second Empire fut longtemps marqué du sceau décadent et superficiel de la « fête impériale ». Sur fond de bouleversements sociaux, cette époque de prospérité fut un temps de fastes et d’euphorie économique, d’ostentation et de célébrations multiples qu’il convient de réexaminer. C’est également une période de crise morale et esthétique, écartelée entre les cadres culturels anciens et les nouveaux usages, entre l’hypertrophie des décors et la quête du vrai, autant d’oppositions qui déterminent pour une large part la création française des années 1850 et 1860.

Cette exposition, scénographiée par Hubert Le Gall, mêlera peintures, sculptures, photographies, dessins d’architecture, objets d’art, mobilier, costumes et bijoux. Pour ces derniers, c’est la Maison Mellerio que le musée a choisie pour représenter les savoir-faire et les styles si particuliers de cette période.

Depuis leur arrivée à Paris en 1515, les Mellerio, joailliers de père en fils, ont observé une ascension fulgurante et singulière. En 1613, Marie de Médicis leur accorde des privilèges royaux. À la fin du XVIIIe siècle, Marie Antoinette et son entourage deviennent des clients fidèles. En 1815, ils sont les premiers joailliers à s’installer rue de la Paix. Au Second Empire (1852-1870), la Maison est en plein essor: les Expositions Universelles de 1855, 1862, et 1867 sont des rendez-vous incontournables auxquels elle participe et présente des créations redoublant de virtuosité technique et artistique.

La clientèle du joaillier à cette époque est exceptionnelle: l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, la princesse Mathilde, toutes les grandes familles et les Cours de France et d’Europe, mais aussi des écrivains, compositeurs, actrices et demi-mondaines… Les commandes sont très nombreuses et fréquentes comme en témoignent les précieuses archives conservées par la famille.

C’est l’esprit créatif et fastueux de cette époque que l’exposition va restituer, notamment grâce à la vitrine entièrement dédiée aux trente-cinq bijoux Mellerio, dont la majeure partie vient de la collection privée de la Maison. Parmi eux, l’extraordinaire broche bouquet de roses commandée par la princesse Mathilde, la broche lilas tout en émail présentée à l’Exposition Universelle de Londres en 1862, un diadème de turquoises et diamants, et une broche représentant une plume de paon qui vient d’être retrouvée et qui a appartenu à l’Impératrice Eugénie en 1868. Elle sera présentée pour la première fois au public (comme la majorité des autres pièces) lors de cette exposition. Cette broche a inspiré une des bagues de la nouvelle collection de Haute Joaillerie 2016 de Mellerio, la bague « Goa ».

Unique maison de joaillerie toujours indépendant et familiale, Mellerio est représentée aujourd’hui par Laurent Mellerio, cadet de la quatorzième génération. Depuis 1613, par son patrimoine, son savoir-faire et sa clientèle prestigieuse, la Maison Mellerio incarne l’histoire de la joaillerie française.

A cette occasion, les éditions de la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais publient un livre intitulé « Mellerio, le Joaillier du Second Empire », dédié aux créations et à l’histoire de Mellerio à cette période. Il sera en vente à partir du 28 septembre.

Photo : Jean Auguste Dominique Ingres – Madame Moitessier© The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department

Le site de la Maison Mellerio : http://www.mellerio.fr

Les spécificités de la Maison Mellerio sont nombreuses en voici quelques unes :

En 1854, en préparation de l’Exposition universelle de Paris, la Maison Mellerio dépose un brevet pour « l’application d’une tige flexible au montage de toutes espèces de pierreries ». Cette innovation permet de créer « une application formant un article totalement nouveau dans la joaillerie en ce qu’il imite les fruits pendants naturels sans raideur, ce que l’on n’a pu faire jusqu’à ce jour. […] De plus cette tige présente la souplesse graduée des tiges des fleurs ou fruits pendants naturels que l’on veut représenter ». Le procédé permet de recréer les mouvements d’oscillation des branchages de fruits et de fleurs lorsqu’ils sont poussés par le vent et donne ainsi une légèreté naturelle à l’ensemble. Le principe est utilisé pour différentes créations naturalistes qui sont présentées à l’Exposition universelle de 1855. Parmi elles, le devant de corsage bouquet de perceneige entouré de feuillage entièrement pavé de diamants. En récompense, le jury attribue à la Maison Mellerio la grande Médaille d’Honneur avec ce commentaire : « Joaillerie d’une bonne exécution ; hardiesse dans le dessin des fleurs : métal flexible, heureusement employé pour donner de la légèreté aux grappes de fleurs […] ».

Le bijoux en pluie :

La notion de bijoux en pluie apparaît dans les archives Mellerio dès les années 1830. Très régulièrement les pages des livres de commandes de la Maison sont annotées de descriptifs tels que : Grande parure végétale en pluie de diamants, Devant de corsage grand nœud pluie de perles, Coiffure fleurs et végétaux, pluie… Ces descriptions sont la résultante d’un vocabulaire Maison utilisé pour décrire les pampilles de perles et de diamants qui sont suspendues aux bijoux. Mellerio, poursuivant sa volonté créatrice d’imiter une nature en mouvement, compose des bijoux où les perles et les diamants figurent des cascades de fleurs, de feuilles, de gouttes de rosée ou de pluie.

La Rose sauvage :

La Maison Mellerio représente régulièrement dans ses compositions joaillières des espèces végétales sauvages et des fleurs simples. La rose sauvage ou églantine est la fleur prédominante du répertoire floral de la Maison. De forme épurée et élégante, composé de cinq pétales réguliers, ce motif apparaît dans les années 1830 et est devenu depuis un des emblèmes de Mellerio. Symbole d’amour et de beauté dès l’Antiquité grecque, la rose sauvage, mère de toutes les roses, est prisée pour sa délicatesse et son aspect éphémère : ces fleurs ne fleurissent qu’une fois par an.

Les bijoux transformables :

Les bijoux transformables peuvent être modifiés grâce à des systèmes astucieux pour créer plusieurs bijoux à partir d’un seul. Ainsi, des broches peuvent devenir des pendentifs au moyen de bélières rabattables ; l’élément central d’un bracelet peut se transformer en broche grâce à une épingle ; les diadèmes deviennent des petits bijoux de cheveux, des broches, de grands devants de corsage. Le principe est utilisé de manière récurrente dans les créations Mellerio depuis 1830. Les diadèmes, pièces maîtresses de la parure du Second Empire, ne se portent que lors d’événements socialement codifiés. Afin qu’ils puissent s’adapter aux différentes occasions de la vie mondaine, la Maison développe des systèmes de transformation ingénieux. Ces derniers se composent de vis, tournevis, structures et sont mentionnés sous le nom de « carcasse » dans les archives de Mellerio. L’ensemble des systèmes de fixation est généralement caché dans la partie inférieure de l’écrin. Vu dans le chapitre précédent, le Diadème roses sauvages, émeraudes et diamants (vers 1850), en argent sur or est construit selon ce principe du bijou transformable. Il se compose de trois grands ensembles de broches eux-mêmes formés de plusieurs éléments.

Le bijou archéologique : 

Le nom de « bijou archéologique » est donné à toutes les créations de style antiquisant fabriquées à partir de la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Les motifs des bijoux sont inspirés ou directement copiés d’après des antiques extraits des fouilles menées par les grands archéologues de l’époque. La Maison Mellerio puise de nouvelles inspirations dans les publications illustrées qui accompagnent les découvertes archéologiques. Les archives présentent ainsi des créations d’influence égyptienne, romaine, byzantine, étrusque, minoenne… Le devant de corsage or et améthyste (vers 1860) est émaillé d’une frise de palmettes et grecques. De même, la parure or et émeraudes, commandée en 1863 par Napoléon III pour le mariage du Maréchal François Certain de Canrobert, est décorée de motifs à la grecque sertis de diamants.

Le bijou ésotérique : 

De nombreuses créations comportent des symboles ésotériques. Du grec « esôteros » qui signifie « aller vers l’intérieur », le sens du mot ésotérique est lié aux écoles philosophiques grecques qui distinguent les initiés, « les ésotériques », des non initiés « les exotériques ». L’ésotérisme est un enseignement de l’Univers, du visible et de l’invisible, qui repose sur la cosmologie, l’humain, le divin, le sacré. Il est présent dans toutes les traditions philosophiques et religieuses. L’ésotérisme utilise des symboles à l’instar du zodiaque, du diagramme du Yin et du Yang, de l’œil d’Horus, du pentagramme (ou étoile à cinq branches), de l’alphabet hébreu, du sceau de Salomon, ou encore de la clé de vie égyptienne.

Le Paon :

Lors de l’Exposition universelle de 1867, à Paris, la Maison présente pour la première fois une broche en forme de plume de paon. Réalisée par Henri Foullé, chef de l’atelier Mellerio, cette création réunit l’ensemble des savoir-faire de la Maison. Doté d’une tige flexible qui crée de la souplesse et permet l’oscillation des barbes, ce bijou à transformation a été réalisé en argent sur or. Les diamants, émeraudes, saphirs et rubis sont disposés autour d’un saphir formant l’ocelle de la plume. La partie centrale, en forme d’œil, se détache et se transforme en pendentif. Véritable bijou ésotérique, il offre protection à celui qui le porte. Le succès est immédiat. La duchesse de Medina Coeli achète la plume quelques jours après l’ouverture de l’Exposition.

Broche bouquet de roses

broche bouquet de roses commandée par la princesse Mathilde

la bague "Goa"

la bague "Goa"

Broche plume de paon

broche plume de paon qui a appartenu à l'Impératrice Eugénie en 1868

Bracelet Serpents noir et blanc

Bracelet Serpents noir et blanc

Informations pratiques :

Exposition du 27 septembre 2016 au 15 janvier 2017

Musée d’Orsay
http://www.musee-orsay.fr

Spectaculaire Second Empire

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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