« La Belle Saison » Féminisme, amours et liberté !

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Féminisme, amours et liberté ! Un trio d’actrices remarquable : Cécile de France et Izia Higelin, en pleine lumière, Noémie Lvovsky, en contre-jour, dans un très beau film de Catherine Corsini.

 

« La Belle Saison », magistralement interprété par une Cécile de France totalement investie dans ce rôle de militante féministe des années 70, s’inscrit dans ce contexte historique surnommé « la parenthèse enchantée ». Droit à disposer de son corps, pilule, IVG, revendications quant à la reconnaissance de la place de la femme dans une société au système dominant machiste… Moment de la création du MLF, des plannings familiaux qui en parallèle ont vu éclore la liberté des mœurs, la levée de tabous, notamment ceux concernant l’homosexualité.

Dans ces années qui ont suivi Mai 68, Delphine (Izia Higelin) quitte la ferme familiale pour monter à Paris. Le monde rural ne laisse pas trop de place à cette jeune femme dont les goûts sexuels se conjuguent au féminin. A peine arrivée, elle rencontre Carole (Cécile de France), une prof d’espagnol très engagée dans la cause des femmes, mais dont la sexualité, elle, se conjugue au masculin. Du moins jusqu’à cette rencontre. Coup de foudre, amours à peine clandestines dans la capitale en pleine ébullition où tout semble possible. Mais Paris n’est pas la France et Carole, partie rejoindre Delphine retournée aider sa mère (Noémie Lvovsky) en plein milieu de la Corrèze, après que son père eut été victime d’un AVC, va se heurter à cette dure réalité. Trois portraits de femmes aussi opposées que les milieux dont elles sont issues. Noémie, en mère « traditionnelle », ne rêvant pour sa fille que d’un mariage avec le petit gars de la ferme voisine (Kevin Azais), oscille entre déni et incompréhension, peur aussi.

A l’heure où d’aucuns chantaient la liberté sur des airs de retour à la terre (Larzac), Carole et sa liberté revendiquée arrivent dans cet univers rural comme un éléphant dans un magasin de porcelaines. De non-dits en gestes interdits, Delphine, elle, se retrouve écartelée entre ses préférences sexuelles et son attachement à son milieu familial.

Sur un air de « C’est l’orgasme final », ou porté par la voix chaude et sensuelle de Janis Joplin, Catherine Corsini filme ses héroïnes par touches vibrantes, tout en émotion. Le visage de Cécile de France y est renversant, son jeu un des plus beaux de sa carrière. Mais au-delà de la prestation vraiment remarquable des trois actrices, le tour de force et la réussite du film est d’éviter l’écueil prévisible et redouté des poncifs du type ruralité forcément réactionnaire contre ville avant-gardiste. La réalisatrice y substitue le propos bien plus subtil des peurs, des déchirements engendrés par les choix, des renoncements, des lâchetés aussi… Toute la palette des sentiments sur la difficulté d’être qui font d’une femme un Homme pas comme les autres ! Laetitia Lormeau pour artsixMic

« La Belle Saison » de Catherine Corsini avec Cécile de France, Izia Higelin, Noémie Lvovsky, 1h45. Sortie le 19 août 2015.

La Belle Saison de Catherine Corsini

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