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« Kanazawa » Aux sources d’une culture de Samouraïs

Kanazawa
Masque de jeune Femme – Epoque Edo – Kanazawa Noh Museum

Située en bordure de la mer du Japon, Kanazawa était la capitale du fief de Kaga. Ce fief, le plus riche du Japon, était depuis le milieu du XVIe siècle celui du puissant clan Maeda qui y encouragea l’épanouissement des arts. Les seigneurs Maeda favorisèrent le développement de la cérémonie du thé et du théâtre nô, éléments incontournables de la diplomatie entre guerriers, et accueillirent les plus grands maîtres artisans d’Edo (actuel Tôkyô) et de Kyôto. Alors que le Japon traversait une longue période de paix, les samouraïs de Kanazawa établirent avec succès leur propre culture, distincte de celle d’Edo, siège du gouvernement du shôgun.

Si elle présente bien sûr armures, sabres et casques de guerriers, cette exposition fait cependant la part belle aux arts liés à la cérémonie du thé (céramique, calligraphie…) ainsi qu’au théâtre nô avec de splendides masques et kimonos. Une vaste sélection de luxueuses pièces d’artisanat d’art (étoffes teintes, laques maki-e, pièces d’orfèvrerie, céramiques) est également exposée.

Les Maeda, seigneurs du fief de Kaga, et leurs vassaux

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, son soutien à Oda Nobunaga puis à Toyotomi Hideyoshi – les deux plus grands chefs de guerre de l’époque – valurent à Maeda Toshiie (1538-1599) l’attribution de domaines dans la province de Kaga. Il fut le premier des quatorze seigneurs qui se succédèrent à la tête du grand fief de Kaga. C’est en contrebas du château où il résidait que se développa la ville de Kanazawa, dont la population comptait de très nombreux vassaux, ainsi que des commerçants et des artisans. Avec plus de 100 000 habitants au début du XVIIIe siècle, elle était la quatrième ville du pays après Edo, Ôsaka et Kyôto. Cette section de l’exposition propose de découvrir des objets ayant appartenu au clan des Maeda ainsi qu’aux familles de leurs vassaux de haut rang.

L’épanouissement de la culture à Kaga

 La cérémonie du thé
C’est au XVIe siècle, alors que le Japon était en proie à des guerres incessantes, que la cérémonie du thé commença à être prisée des samouraïs de haut rang. Elle était pour les guerriers l’occasion de consolider leurs liens, de se préparer au combat et de se détendre. Certains seigneurs Maeda apprirent cet art auprès des célèbres maîtres de thé Sen no Rikyû et Kobori Enshû. D’autres constituèrent de magnifiques collections de bols en céramique, bouilloires et autres ustensiles pour la cérémonie du thé. C’est ainsi que Kanazawa devint un centre important du chadô, la voie du thé.

Des « objets d’exception » utilisés par le clan Maeda ainsi qu’une collection d’ustensiles réunis par leurs familles vassales sont présentés ici aux côtés d’objets pour des cérémonies du thé données en l’honneur d’invités prestigieux. Enfin est reconstituée une pièce de thé intime où sont exposés des ustensiles au style « dépouillé » dit wabi.

Le théâtre nô
Le nô, forme théâtrale créée à la fin du XIVe siècle, s’est développé sous la protection des shôguns et des guerriers de haut rang. Epuré à l’extrême, cet art mêle chant, danse et musique. Maeda Toshiie, premier seigneur de Kaga, se produisait en personne sur la scène du nô, sous l’influence du puissant Toyotomi Hideyoshi. Ses descendants furent eux aussi de grands amateurs de cet art. Ils apprenaient le nô dès leur plus jeune âge, engageaient des acteurs amateurs parmi les marchands et artisans de Kanazawa, organisaient des représentations pour des cérémonies officielles… Elément incontournable de la diplomatie entre guerriers, comme la cérémonie du thé, le nô devint à la mode parmi les membres du clan et les citadins puissants. Un aperçu du faste qui entoure le monde du nô est donné grâce à un riche éventail d’objets ayant appartenu au clan Maeda : costumes, masques, accessoires…

L’artisanat d’art de Kaga
La fabrication des armures exigeait l’intervention de techniques artisanales de haut niveau : orfèvrerie, laque et textiles teints. Pour cette raison, les meilleurs artisans d’Edo et de Kyôto furent conviés à Kaga pour y transmettre leur savoir-faire.

Les tisserands teinturiers de Kaga s’inspirèrent de la technique du yûzen importée de Kyôto pour créer leurs propres tissus à motifs colorés. Ils surpassèrent rapidement Kyôto dans la production d’excellence comme l’attestent les kimonos et rouleaux décoratifs ici exposés. De même, ce sont des artisans ciseleurs de Kyôto qui permirent le développement du damasquinage de Kaga, technique de travail du métal utilisée notamment pour orner les armures.

Au milieu du XVIIe siècle, la technique de cuisson au four fut introduite dans le village de Kutani, non loin du fief de Kaga, par des potiers venus d’Arita, ville du Kyûshû réputée pour ses porcelaines polychromes : c’est là l’origine des céramiques colorées typiques de Kanazawa appelées ko-Kutani. Perpétuant cette tradition d’excellence, Kanazawa reste aujourd’hui encore une région d’une richesse exceptionnelle en artisanat d’art.

  • Exposition du 2 octobre au 14 décembre 2013

La Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP) représente la Fondation du Japon (The Japan Foundation) en France. Cette dernière, fondée en 1972 et ayant pour mission les échanges culturels internationaux, est devenue un établissement public indépendant le 1er octobre 2003. Les trois piliers d’activité de la Fondation, dont le siège se trouve à Tôkyô, sont : les arts et la culture, la langue japonaise, et enfin les études japonaises et les échanges intellectuels. Elle a également 21 bureaux dans 20 pays (dont 5 en Europe : Paris, Cologne, Londres, Rome, Budapest et Moscou). Financée en grande partie par le gouvernement japonais, la Fondation du Japon assure le bon fonctionnement et la gestion de la MCJP

Maison de la culture du Japon à Paris – 101 bis, quai Branly – 75015 Paris

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