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Julien Magre : Elles à la galerie Le Réverbère

Julien Magre - Elles

Depuis  fait quinze ans que Julien Magre mène ce projet, se décrivant lui-même comme « spectateur de [sa] propre intimité ».

Diplômé des Arts Décoratifs de Paris en 2000,  Julien Magre est bien vite repéré par Agnès.b à Paris Photo en novembre 2010 lors de la signature de son livre Caroline, histoire numéro deux, publié chez Filigranes, livre et tirages qu’il expose à la librairie de la Galerie du Jour à Paris en janvier 2011.

Cela fait quinze ans que Julien Magre mène ce projet, se décrivant lui-même comme « spectateur de [sa] propre intimité ».

Réalisées exclusivement en couleurs et en argentique, ses photographies, toujours prises à la bonne distance et rendant visible aux yeux de tous une certaine partie de son quotidien, reflètent avec poésie toute la tendresse et l’émotion des moments passés avec les êtres aimés et le temps qui s’écoulent sur eux.

Parallèlement à son propre univers, l’artiste travaille à traduire le monde tout en l’amenant du côté d’une interprétation théâtrale, fictionnelle, voire onirique, beaucoup moins autobiographique.

Ainsi, avec Projets de Villes, en 2011, c’est à traduire le rapport de l’homme à la nature, et sa lente transformation en territoire urbain qu’il s’attache.

Pour La Route de Modesto, en 2009, s’associant à l’écrivain Marc Villard, il part à la conquête d’un univers californien nocturne, chargé d’une potentialité fictionnelle forte, avec ses routes, motels, stations service, piscines éclairées la nuit, tout autant d’indices d’un drame latent.

Caroline, histoire numéro deux, sera publié aux éditions Filigranes en 2010, et Journal en 2012 chez Various édition, Troubles en 2015 accompagné d’un texte de Philippe Azoury et le Carnet de recherches qui l’accompagne (avec un texte de Rafael Garido) aux éditions Filigranes.

Son dernier livre Je n’ai plus peur du noir, édité en novembre 2016 aux éditions Filigranes, fait partie des 10 meilleurs livres sélectionnés par le Prix Nadar 2017. Il auto-édite en novembre 2016, avec son ami photographe Yann Stofer, le livre Poursuite, Alexandre Kauffmann accompagne le livre d’une nouvelle.

L’objet photographique tient une place viscérale dans l’œuvre artistique de Julien Magre ; pour lui,  la photographie existe et s’épanouit par le livre, un objet que l’on peut tenir dans ses mains et manipuler afin de le faire sien.

Ce sont  « ses boîtes photographiques » qu’il propose à la galerie Le Réverbère, montrant l’ensemble de son travail autour de sa famille. Cette rencontre débouchera en septembre prochain sur la présentation de Elles, un corpus de 350 images (photographies, polaroïds, lettres… ) prises entre 1999 et 2017, autour de son travail sur sa compagne Caroline et ses deux filles, Louise et Suzanne, à la galerie Le Réverbère à Lyon, en résonance avec la Biennale de Lyon.

Nombreuses sont les expositions de Julien Magre au sein de galeries et festivals : en France, en Italie, Australie, Pays-Bas, et à New York en 2003. En 2014, il fait parti de l’exposition collective du BAL, S’il y a lieu, je pars avec vous avec Sophie Calle, Antoine d’Agata, Alain Bublex et Stéphane Couturier. Cette exposition donnera lieu à un catalogue édité chez Xavier Barral. Il expose la même année au côté de Laure Vasconi à la Filature de Mulhouse et au Tri-Postal de Lille avec le collectif France(s) Territoire Liquide. En 2015, il expose sa série Elles veulent déjà s’enfuir au Château d’Eau de Toulouse. En janvier 2017, il présente sa série Troubles et Un hiver sans brume à la Galerie Le Lieu, à Lorient. Il montre pour la première fois sa série Je n’ai plus peur du noir au festival de Toulouse MAP en juin 2017.

Elles, une création à la fois intime et poétique, clôt un long travail de 18 ans qui accumule plus de 300 photographies réalisées entre 1999 et 2017 représentant sa femme et ses deux filles  ainsi que des photographies de paysages marqués par l’émotion ou le passage du photographe.

« Elle puis elles. Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse. Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie. Caroline, Louise et Suzanne. Ma vie dans vos bras. Mes bras comme des branches. » Extrait de Elles, Julien Magre

Cette exposition est l’occasion de recomposer ses séries antérieures comme « Nous vieillirons ensemble », « Elles veulent déjà s’enfuir », « Troubles » ou encore « Je n’ai plus peur du noir », son dernier travail marqué par la disparition de sa fille Suzanne en juillet 2015.

Julien Magre prépare un livre d’entretien pour la rentrée 2018, avec Christine Delory-Momberger.  Il est désormais représenté par la galerie Le Réverbère à Lyon.

Photos : © Julien Magre, Elles – Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon

Elles.

Elle puis elles.
Elle est d’abord arrivée comme une pierre précieuse.
Elles sont ensuite venues comme de petites tempêtes de vie.
Caroline, Louise et Suzanne. Mes trois filles.
Ma vie dans vos bras.
Mes bras comme des branches.
Elles sont mes arbres.
Elles sont la pluie, la terre et la racine.
Elles sont l’air, le vent et le silence.
Elles sont toutes les nuits, tous mes rires,
toute la lumière de mes nuits.
Elles sont. Là. Maintenant.
Elles sont là, devant nous. Comme des images.
De petites images comme une main qui te caresse.
Des images de vie.
Il n’y a pas de tricherie, juste un peu d’ordre.
Le besoin, la nécessité de mettre de l’ordre, d’archiver,
de rassembler, de coller, de tout voir d’un coup,
d’y voir plus clair. Images manquantes et silences.
Le besoin de montrer la vie plutôt que le monde.
Bonheur, jouissance, intensité.
Puis est arrivé cette longue nuit, cette impossible nuit.
Terreur, manque, intensité. Se replier dans le vide.
Puis, petites joies de nouveau, comme un choix.
Elles, des images encore, de la vie toujours, cabossée et dégradée.
Des images comme témoin, comme tuteur.
De la vie, comme une croyance imposée.
Croyance avec laquelle il faut se battre à jamais ou s’en accommoder.
Reconstruire, revivre, ne pas renoncer, vivre sans doute.
Tout ce poids à soulever, à supporter. Accepter.
Ne pas succomber, comme une promesse.
Puis des rires. Puis rien de nouveau.
La vie comme cataclysme.
Elles sont lumière, tempêtes et cris. Elles sont la vie.
Comme je vous aime mes trois filles.
Aujourd’hui et demain.

Julien Magre, Paris, le 23 mai 2017

Julien Magre à la Galerie Le Réverbère

Julien Magre : Elles
Exposition du 16 septembre au 10 novembre 2017

Galerie Le Réverbère
Catherine Dérioz
Jacques Damez
38 rue Burdeau
69001 Lyon

www.galerielereverbere.com

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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