Jeanclos, Murmures à la Galerie Capazza et au Palais Jacques Coeur

Jeancclos "Murmures"

Une première dans l’histoire, une exposition du sculpteur Georges Jeanclos présentée en deux lieux emblématiques, le Palais Jacques Coeur de Bourges, et la Galerie Capazza de Nançay.

Il y a vingt ans disparaissait Georges Jeanclos, l’un des plus grands et talentueux sculpteurs du XXème siècle. Deux très belles expositions lui rendent, cet été, un vibrant hommage, l’une au Palais Jacques Cœur de Bourges et la seconde dans ce sanctuaire de l’art contemporain qu’est la Galerie Capazza.

C’est à l’âge de 14 ans, en 1947, que Georges Jeanclos, à l’époque Georges Jeankelowitsch, nom que sa famille abandonnera avec la seconde guerre mondiale, quitte l’école en accord avec ses parents pour entrer en apprentissage chez Robert Mermet, sculpteur connu pour son talent et sa dextérité, et dont la création artistique est entièrement dévolue à des bustes réalistes, des maternités et des nus. Il y passera deux ans puis rejoindra l’Ecole des Beaux-Arts de Paris où il déplore rapidement un manque d’originalité et d’ouverture d’esprit, ses professeurs suivant la veine classique et rejetant toute notion d’art contemporain.

Son frère étant mort au combat durant la guerre d’Algérie, Georges Jeanclos s’en trouve dispensé ce qui lui permet de concourir pour le Prix de Rome dont il est lauréat en 1960 ; il s’installe quatre ans à la Villa Médicis avant de revenir en France enseigner aux Beaux-Arts de Paris.

C’est là qu’il se trouve lorsque les événements de mai 68 le frappent de plein fouet ; cette façon soudaine de remettre en question tout l’ordre établi jusqu’alors et au sein duquel il a grandi, engendre chez l’artiste une crise personnelle d’où en naîtra une seconde naissance. Il réalise soudain qu’il y a une différence entre création et savoir, entre ce que l’on est et ce que l’on sait ; comme il le dira alors lui-même : « J’étais à la recherche de ma véritable identité ».

Et cette véritable identité, il va la trouver en entamant des recherches sur son passé et sur sa famille. Georges Jeanclos sort bouleversé par les horreurs engendrées par la seconde guerre mondiale ; sauvé d’une mort imminente en trouvant refuge au fin fond des bois d’où il partait chaque jour pour ravitailler ses parents, les purges, lynchages et les actes de haine de l’après guerre le blessent profondément, provoquant en lui un appel et une recherche de la beauté. Effacer le laid, le sang, la mort par le beau.

La recherche d’identité du sculpteur passe par des études hébraïques mais si cette recherche est judaïque, elle est beaucoup plus identitaire que religieuse ; Georges Jeanclos ne devient pas pieux mais son travail se meut en création, se fait œuvre, devient un rituel. La terre, SA terre, se fait amie, compagne des bons comme des mauvais jours, et c’est un matin, alors qu’il la jette de rage au sol, qu’elle s’étire, s’allonge et s’impose à lui sous une feuille qui ne demande qu’à s’affiner encore plus. L’artiste résumera l’intensité de ce moment en s’exclamant que ce fut : « La part féconde du hasard » !

Georges Jeanclos crée. Autour de lui, les mouvements artistiques se succèdent et se multiplient : l’abstraction, le minimalisme, l’art conceptuel…Georges Jeanclos, quant à lui, crée ! Tout cela relève de ce qu’il appelle l’histoire de l’art !

Au creux de ses mains, sous la force de ses paumes, à la pression de ses doigts, sa terre parle, se confie à lui ; il laisse place à la surprise, son contrôle est superficiel, l’émotion est reine, elle le guide dans sa recherche de beauté, dans sa volonté de redonner à ces corps massacrés, torturés et engloutis par les maux des guerres, un semblant de renaîssance à la vie ; mais la douleur ressentie et mémorisée par l’artiste est telle que ses œuvres sont bien souvent exemptes de sérénité et d’épanouissement tels les corps enlaidis de Picasso et de Giacometti. De même la mort habitera ses dernières créations, tel un pressentiment voire une ultime consécration.

Il aura fallu quarante ans à Georges Jeanclos pour s’affirmer comme l’un des plus grands. Aujourd’hui, son nom est associé au talent, au respect de l’Autre et à la Beauté, cette beauté qui a été la quête de toute sa vie.

Une exposition sous l’égide du Centre des monuments nationaux et la Galerie Capazza de Nançay.

« Le Centre des monuments nationaux est très fier, au moment même où il présente l’oeuvre de Germaine Richier avec le Centre Pompidou à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, de pouvoir révéler l’oeuvre de Georges Jeanclos au Palais Jacques-Coeur de Bourges, en collaboration avec la Galerie Capazza. Ainsi, le public d’aujourd’hui pourra voir ou revoir le travail de deux figures majeures de la sculpture figurative du XXe siècle, qui, loin d’être tombées dans l’oubli, n’occupent pas pour autant la place qui devrait être la leur dans le panorama de la création moderne et contemporaine. » Philippe Bélaval Président du Centre des monuments nationaux

Georges Jeanclos, Murmures – Exposition du 17 juin au 17 septembre 2017

Galerie Capazza
1, rue des Faubourgs
18330 Nancay

www.galerie-capazza.com

Palais Jacques Coeur à Bourges
10 bis rue Jacques-Coeur
18000 Bourges

www.palais-jacques-coeur.fr

Georges Jeanclos "Murmures"

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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