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Jean Rouch, l’Homme-Cinéma à la BNF

Jean-Rouch - l'homme cinéma

Jean-Luc Godard : « Jean Rouch n’a pas volé son titre de carte de visite : chargé de recherche au Musée de l’Homme. Existe-t-il une plus belle définition du cinéaste ? »

A l’occasion du centenaire de la naissance de Jean Rouch, la Bibliothèque nationale de France, en coproduction avec le CNC, présentera, du 26 septembre au 26 novembre 2017, une grande exposition consacrée au cinéaste-ethnographe, une occasion unique de redécouvrir un homme d’images qui a inventé une manière sans précédent de raconter, par sa pratique du cinéma direct, les hommes et le monde, laissant derrière lui d’époustouflants films ethnographiques sur des peuples africains et notamment sur les Dogons et leurs coutumes.

C’est à Paris que naquit Jean Rouch, le 31 mai 1917. Diplômé de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Jean Rouch est envoyé au Niger, en tant qu’ingénieur des travaux publics, afin d’y construire des routes et des ponts. C’est suite à la mort d’ouvriers foudroyés sur un chantier, qu’il s’initie aux mystères de la religion et de la magie songhaï et décide de consacrer sa vie à l’ethnographie. C’est après la seconde guerre mondiale durant laquelle il rejoint la 2e division blindée du général Leclerc et entre avec les armées alliées dans Berlin en 1945, qu’il commence à suivre les cours d’ethnologie de Marcel Mauss et de Marcel Griaule, puis repart, en 1946, en Afrique où il réalise l’exploit de descendre en pirogue les 4 200 km du fleuve Niger, de sa source jusqu’à l’océan Atlantique, accompagné de Jean Sauvy et Pierre Ponty.

A partir de cette date, Jean Rouch n’aura de cesse de tourner des films. Il soutient sa thèse avec son maître Marcel Griaule, pionnier du cinéma ethnographique puis, chargé de recherches au CNRS, il crée, au début des années 50, le Comité du film ethnographique, qui siège au musée de l’Homme à Paris. Fondateur, dans les années 60, du « cinéma-vérité » avec Edgar Morin, créateur en 1969, avec Pierre Braunberger et Anatole Dauman du Groupe de recherches et d’essais cinématographiques (Grec), destiné à produire de premiers courts métrages, avec le soutien du CNC, il reprend en 1979 avec Jean-Michel Arnold, le festival L’homme regarde l’homme créé par Jacques Willemont en 1975 à Créteil, se l’approprie et le rebaptise Cinéma du réel, un festival qui existe toujours.

En 1978, alors que les autorités de la jeune république du Mozambique demandent à des cinéastes connus, parmi lesquels Jean-Luc Godard et le brésilo-mozambicain Ruy Guerra, de concevoir une politique cinématographique et télévisuelle innovante, Jean Rouch révolutionne le projet en proposant la formation de futurs cinéastes sur place et constitue alors un atelier de formation au cinéma documentaire sur pellicule en super 8, qui fonctionne selon ses propres termes : « on tourne le matin, on développe à midi, on monte l’après-midi et on projette le soir. » C’est ainsi que naitront à Paris, en 1981, les Ateliers Varan. Parallèlement à sa carrière de cinéaste durant laquelle il a réalisé près de cent vingt films, et qui a été couronnée de nombreuses récompenses prestigieuses, Jean Rouch enseigne inlassablement le cinéma en France, en Afrique, aux États-Unis, créant à l’université de Paris X-Nanterre, le premier DEA en études cinématographiques.

Décédé accidentellement au Niger en 2004, il est considéré comme le créateur de l’ethnofiction, et l’un des théoriciens et fondateurs de l’anthropologie visuelle. Son cinéma, direct et léger, laissant une place prédominante à l’improvisation et privilégiant le partage et le jeu dans les relations avec ceux qu’il filmait, a influencé le cinéma européen, faisant dire à Jean-Luc Godard : « Jean Rouch n’a pas volé son titre de carte de visite : chargé de recherche au Musée de l’Homme. Existe-t-il une plus belle définition du cinéaste ? ».

Les archives papier, photographiques et sonores de Jean Rouch sont en grande partie conservées par la BnF. Le CNC a sauvegardé et restauré la plupart des quelque 180 films de l’auteur. L’exposition « Jean Rouch, l’Homme-Cinéma », en accès libre, propose, pour la première fois, un cheminement dans ces deux fonds. Dans l’allée Julien Cain, 200 images de grand format et de nombreux extraits de films, distribués en quinze thèmes (l’héritage du surréalisme et des explorateurs, les danses de possession, l’Afrique des métropoles à l’heure des indépendances…) permettent de parcourir l’oeuvre de Jean Rouch. Dans la Galerie des donateurs, on entre dans la fabrique des images de Jean Rouch. Les archives, présentées en regard des films, mettent en lumière les manières de faire d’un ethnographe-cinéaste artisan, expérimentateur de dispositifs techniques, de 1946 à sa disparition en 2004. Plus qu’une exposition, un voyage d’aventures et de découvertes.

Commissariat

  • Alain Carou, conservateur au département de l’Audiovisuel de la BnF
  • Béatrice de Pastre, directrice des collections du CNC
  • Andrea Paganini, délégué général du Centenaire Jean Rouch 2017

Jean Rouch, l’Homme-Cinéma
Exposition du 26 septembre I 26 novembre 2017

Bibliothèque nationale de France 
Quai François Mauriac
75706 Paris

http://www.bnf.fr/fr/acc/x.accueil.html

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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