Jean-Jacques ECORCE « Le corps se souvient du Livre »

Jean Jacques Ecorce

Avec cette nouvelle exposition, le peintre sculpteur Jean-Jacques Ecorce poursuit son parcours peu orthodoxe à travers des scénographies du dispositif du désir et des formes du corps. Ses personnages qui se déplacent au rythme d’une musique imaginaire, nous invitent dans leurs histoires où se mêlent comique et tragique, réalité et fantaisie. Séances de psychanalyse, mariages, fêtes … l’artiste nous invite dans un monde où les frontières entre l’imaginaire et le réel se brouillent. D’ailleurs, qui de l’homme ou du bonobo est le plus humain? Qui du personnage ou de son reflet est le plus réel ? Livres et miroirs ne sont-ils pas mémoire de nos vies ? Tant de réponses que nous invite à venir découvrir Jean-Jacques Ecorce

Peintures vives

Dans les peintures de Jean-Jacques Ecorce nous ne trouverons au premier coup d’œil ni lien, ni cohérence. Le peintre s’applique à dérouler scènes sous tensions et paysages clairsemés d’états émotionnels et chaotiques. Matières intenses, fougueuses et légèreté estompée y sont présentes. Sans se limiter à une forme, à un style, à un geste canonique et immédiatement reconnaissable, l’artiste nous propose rêves, dé-lyres, interprétations et visions fugitives.

Il n’y pas de cohérence ni de lien dans la peinture de Jean-Jacques Ecorce, sculpteur peintre. Mais davantage une sorte de déroulé de paysage clairsemé d’états émotionnels et haotiques. Une peinture parfois tremblée, fixée, irradiée et irradiante, de traversée et circulaire. Autant d’échos et de rythmes à entrevoir et à vivre de front. Car, pour cet amateur de Musique inconsolable, le rythme semble indissociablement lié aux Images qu’il tente de nous imprimer. Plus fort qu’une correspondance, il y voit une sorte de co-originarité. Il n’aurait en ce sens pas pu percer les modes expressifs si épars sans cette dimension vertébrale de l’écoute. Ainsi, nous évoluons par fragments, incises, séquences, scènes plus ou moins improvisées, parfois sans fondements réels ; scènes de scènes elles-mêmes encore plus primitives, comme glissées dans un cortex auditif. Assonance et dissonance. Matières intenses, fougueuses et légèreté estompée. Figuration et abstraction. “Pourquoi ne se limiter qu’à une forme, qu’à un style, un geste canonique et immédiatement reconnaissable. J’aime à brouiller les repères et les pistes. Ce serait un peu comme ma capacité reconnue de nuisance et de résistance portée à l’oeuvre. Je préfère le Métissage, même si ce terme ou cette posture est souvent sujette à caution. Le couplage immature mais fécond, les principes évasifs et imprécis de la Greffe, du cut-up, collages, et autre reprises-déprises sont pour ma pratique l’exercice infini du lacher-prise”… Rêves, interprétations, visions fugitives et enracinées. Scènes originaires, relectures et possibilités assumées d’effractions. Cela confine parfois au Vertige, au glissando imperturbable avant culmination. Le regard semble perdu devant tant de dissipations ou de perturbations.

Sculptures en mouvement

Jean-Jacques Ecorce est le premier artiste à sculpter de l’étain polychromé. Ses créations prennent majoritairement appui sur les structures de récit et le discours musical, … L’Afrique de laquelle se sont inspiré grand nombre de musiciens et créateurs est très présente dans les œuvres sculpturales de l’artiste. Tension entre vide et lumière, mouvements, surcharge pondérale, intensité et éclatement sont au cœur de la création.

Cette présentation de sculptures prend appui sur quelques idées centrales telles l’affectivité, le récit, la narration, le discours musical, où la transition d’une parole sonore est considérée comme un espace d’échange et de mobilité des sens. Grâce à la saisie-traversée d’instances corporelles, continues et discontinues, cette itinérance propose un cheminement au travers des différentes formes musicales, sous l’impulsion d’une figuration incarnée, intensifiant et énergique. Il sera possible d’y rencontrer par tissage d’images pulsionnelles les correspondances de l’imaginaire sensoriel, des séries génératrices pouvant contribuer à l’invention d’une pratique corporelle. C’est en effet, par l’approche d’une gestualité du fondamental, de l’essentiel et de l’apurement, que s’instaure une échappé d’alternance du chaotique. C’est une manière de se rapprocher des recherches actuelles compositionnelles sur l’amplitude, l’intensité, le spectre, la césure. Chacune de ces scènes est une condensation de lignes multiples, une relation d’échos et de substances. La poésie doit être une force, un intégrateur de vitesse variable, de rétroaction et de boucle, permettant le glissement progressif du plaisir et de la jouissance. Je recherche la tension entre la lumière et le vide conférant toute la dimensionnalité aux oeuvres, rejoignant, par là, la syntaxe d’une profondeur du sonore. Chaque élément du mouvement est passage, synchrone ou asynchrone et transition : le bercement, le balancement, le plissement, le recouvrement, le déploiement, l’ouverture, là où l’éclair et la clarté d’une “explosante fixe” entremêlement la surcharge pondérale et l’éclatement.

Jean-Jacques ECORCE est né en 1946. Il vit à Paris où il pratique la sculpture et la peinture depuis l’âge de 27 ans.

  • Exposition du 5 au 25 mai 2014
  • Vernissage mardi 6 mai 2014 à partir de 17h00
  • Concert de l’artiste Claire Cigana à 19h30.

Galerie de l’Europe

  • 55 Rue de Seine
  • Paris 75006

 

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  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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