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Hibakusha : Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki

Hibakusha : Dessins des survivants d’Hiroshima et Nagasaki

Hibakusha, terme qui désigne au Japon les survivants des deux attaques nucléaires des 6 et 9 août 1945, qui ont détruit les villes d’Hiroshima et de Nagasaki

Les bombardements atomiques des 6 et 9 août 1945 ont détruit les villes d’Hiroshima et de Nagasaki, provoquant la mort de 140 000 personnes à Hiroshima et 70 000 à Nagasaki. Les hibakusha, terme qui désigne au Japon les survivants de ces deux attaques nucléaires, sont devenus les symboles d’une lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde.

« J’ai découvert les dessins des hibakusha en 1997 en lisant un livre de l’historien américain John Dower qui s’est beaucoup intéressé à eux puis à travers les écrits de John Hersey. J’ai tout de suite pensé qu’il serait intéressant d’organiser une exposition un jour en France et en Europe. » Bernard Esmein – Commissaire de l’exposition

En 1974, la chaîne de télévision publique japonaise NHK lance un appel à témoignages auprès des hibakusha et collecte 3 600 dessins. Précieux et fragiles, les originaux, exposés au musée du Mémorial de la Paix d’Hiroshima et au Musée de la Bombe Atomique à Nagasaki, ne peuvent pas quitter le Japon et ils n’avaient jamais été montrés au public européen jusqu’à aujourd’hui. L’exposition des Archives nationales présente environ 200 reproductions de ces dessins, témoignages directs des victimes, qui expriment leur ressenti intime de la catastrophe. Ces dessins qui s’apparentent à l’art brut constituent le matériau le plus émouvant qui soit pour sensibiliser chacun d’entre nous et notamment les plus jeunes à l’immense puissance destructrice de la bombe atomique. Ces dessins témoignent de l’enfer qui s’est abattu sur les deux villes japonaises, au moment du bombardement, puis dans les heures et les jours qui ont suivi. Ils décrivent l’apocalypse qu’ont vécu ces hommes, ces femmes et ces enfants, seuls ou aux côtés de leurs familles, amis ou voisins.

Hibakusha. Dessins des survivants d’Hiroshima et Nagasaki est une exposition conçue et produite par les Archives nationales et le Centre Joë Bousquet et son temps, en partenariat avec le Mémorial de la paix d’Hiroshima, la chaîne NHK, le Musée de la Bombe Atomique de Nagasaki et les Archives municipales de Nagasaki.

La scénographie

Les dessins des hibakusha ne sont pas des oeuvres d’art, certains sont magnifiques, d’autres sont juste poignants. Chacun d’eux, dépositaire d’une souffrance intime est marqué de la personnalité de son auteur. Donner à cet ensemble de 200 dessins une cohérence graphique et de sens est capital pour le public français, parfois éloigné de la culture et de l’histoire du Japon. Le parti pris de l’équipe scénographique des Archives nationales a spontanément été celui de la sobriété afin de laisser tout l’espace qu’elles méritent aux images des hibakusha. La mise en espace et le graphisme sont donc neutres privilégiant le gris et le blanc et les références aux intérieurs japonais, bois clair, papier tissé ou symbole du cercle.

La finalité du recueil et de l’exposition des dessins des hibakusha est bien sur, le témoignage mais ces témoignages sont tournés vers l’espoir d’un avenir meilleur. L’exposition se termine par les ombres portées de l’envol des origami de grues fabriqués par de jeunes élèves reçus par le service éducatif qui à l’instar de Sadako Sasaki portent nos voeux afin que jamais l’histoire ne recommence.

L’histoire de Sadako Sasaki

Au Japon, une ancienne croyance veut que quiconque confectionne mille grues en origami voit un voeu exaucé. Sadako s’attela dès lors à la tâche, espérant que les dieux, une fois les mille grues pliées, lui permettraient de guérir … Elle confectionna au total 644 grues de papier. Elle mourut le 25 octobre 1955

 

Le commissariat

René Pinies est membre fondateur du Centre Joë Bousquet et son Temps depuis 1988. Devenu, depuis, directeur, il assure à ce titre la programmation du Centre (conception des expositions : champs croisés de l’écriture et de la création plastique ; Histoire, mémoire et création… politique éditoriale ; actions culturelles). Il est responsable éditorial, avec Bernard Esmein, de l’ouvrage édité en accompagnement de l’exposition.

Bernard Esmein a passé son enfance et son adolescence au Japon. Ancien élève de l’ENS de Saint- Cloud, Agrégé et Docteur en philosophie, après avoir enseigné la philosophie, Bernard Esmein, responsable de coopération universitaire et scientifique Européenne au Secrétariat de la Commission de la Culture, de la Jeunesse, de l’Education et des Médias du Parlement Européen, puis comme Attaché de coopération universitaire et scientifique aux ambassades de France aux Pays-Bas et en Bulgarie, et enfin Responsable de relations Européennes, INRA, Paris à l’âge de douze ans.

Scénographie : Christophe Guilbaud
Graphisme : Marjorie Renau

Colloque

Les rues fantômes d’Hiroshima Destruction, vestige, reconstruction Mercredi 28 mars 2018 de 14 h à 17 h 30 – Auditorium des Archives Nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine

Dans le cadre de la Semaine des Arts dont le thème est cette année La rue, l’université de Paris VIII et les Archives nationales organisent un colloque pluridisciplinaire, avec les Archives municipales d’Hiroshima, l’INALCO et l’université de Paris VII.

La rue, le machi au Japon, sont des repères essentiels du corps et de son insertion dans les réseaux humains. Leur destruction-abolition ne met pas en question seulement l’effet d’une arme sur les bâtiments humains et sur les choses, mais bien sur l’homme en tant que corps vivant/habitant. Elle se noue aussi de manière très étroite à la question mémorielle (tant du point de vue du souvenir et des archives, que de la stratégie de reconstruction et de la patrimonialisation des vestiges). Les thèmes de l’apocalypse, des ruines et du corps en souffrance, et surtout leur place respective dans les oeuvres, sont des questions clés dans l’art de l’extrême d’Hiroshima et Nagasaki.

Hibakusha : Un incendie qui n’en finit pas
Hibakusha : Un incendie qui n’en finit pas

«Regardant la ville en flammes, je n’arrêtais pas de sangloter, à l’idée que ma mère et mes frères étaient dans ces flammes. Audelà du poste de police de Fukushima-cho, un filet était tendu et la circulation était bloquée. Devant moi c’était une mer de feu, des flammes rouges montaient jusqu’au ciel. Jamais je n’aurais cru que la ville entière se transformerait instantanément en une mer de feu. J’ai pleuré en regardant la ville. Les larmes ont continué de couler par après, c’était un choc énorme.»

6 août 1945, après-midi – À 2100m de l’épicentre Tokaichi, Quartier de Nakahiro, Fukushima-cho

Dessin et texte de : Toshiko Kihara,
17 ans en 1945, 47 ans lors du dessin

Hibakusha. Dessins des survivants d’Hiroshima et de Nagasaki
Exposition du 8 décembre 2017 au 31 mars 2018

Archives nationales
Site de Pierrefitte-sur-Seine
59, rue Guynemer 90001
93383 Pierrefitte-sur-Seine Cedex
Entrée libre et gratuite

http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/

  • Mine de rien il travaille un peu tous les jours. Mine de rien il ne dort pas mais il cause !

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